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Le sport passe à l'attaque : plaidoyer pour le retour d'activités organisées

Le ballon est dans les airs.

Deux équipes de volley-ball s'affronte dans un gymnase à Gaspé.

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

Au lendemain de la prolongation des mesures contre la COVID-19 pour quatre semaines, le monde du sport organisé lance une offensive pour ramener la pratique sportive au sommet des priorités de déconfinement du gouvernement.

Sports Québec fait circuler une lettre ouverte, signée par plus de 125 intervenants, dont plusieurs athlètes olympiques, dans laquelle on demande que le sport soit prioritaire dans les étapes de déconfinement partout au Québec.

Même si elle n’avait pas le temps d’accorder une entrevue, la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest, a pris acte de la publication et a tenu à souligner la collaboration des partenaires en sports et en loisir.

Je pense qu’en effet, ils font partie de la solution, ils ont été extraordinaires depuis le début de la pandémie. Leur exemplarité nous sert tous les jours à persuader la santé publique que, dès que ce sera possible, on pourra reprendre le sport et le loisir.

Dans leur lettre ouverte, les signataires soulignent justement les efforts mis de l’avant par les organismes sportifs pour convaincre la santé publique de permettre une reprise sécuritaire des activités.

Évidemment, la reprise du sport demandée en est une modulaire, sans contacts plus étroits que ceux dont nous sommes actuellement privés avec nos proches. Mais avec des présences encadrées et surveillées par des personnes responsables ayant à cœur la santé des sportifs.

extrait de la lettre ouverte de Sports Québec

À Hockey Québec, on pense que le travail a été fait sur le terrain pour permettre aux jeunes de retrouver la patinoire de façon sécuritaire, sans retourner immédiatement à la pratique traditionnelle du hockey.

Son directeur général Paul Ménard croyait sincèrement que son sport allait reprendre à la phase 3 de son plan de relance, qui prévoit des entraînements supervisés avec des groupes limités.

Visiblement, il s’attendait à une certaine ouverture lors de l’annonce de lundi.

Les discussions avec le ministère faisaient en sorte que tout allait dans le sens où on allait reprendre les activités.

Le message du premier ministre avait été dans ce sens-là également en soulignant l’importance du sport, que c’était pour lui une priorité. Mme Charest avait aussi fait le même message. Donc, on avait eu deux messages, plus les discussions que j’avais eues avec le ministère. C’est pour ça que j’étais à l’aise de mentionner que nous étions prêts et qu’on pouvait retourner le 28 (octobre).

Le sport à l’école, c’est plus que les programmes sport-études

Si certains programmes peuvent poursuivre leurs activités en respectant le concept des classes-bulles, la plupart des activités n’ont pas repris et ne pourront reprendre avant la fin novembre.

En gymnastique, ça veut dire que seulement 600 jeunes athlètes sont à l’entraînement sur les 70 000 membres que compte la fédération.

Les responsables des sports dans les écoles s’attendaient à la prolongation des mesures lors de l'annonce de lundi, mais ils n’avaient pas vu venir la nouvelle concernant les étudiants de troisième secondaire, qui ne seront présents dorénavant qu’une journée sur deux, ce qui complique encore plus la situation pour ceux qui pouvaient faire du sport avec leurs classes-bulles.

Philippe Bourret, responsable des sports et de la vie étudiante au Collège Durocher de Saint-Lambert, au sud de Montréal, doit se livrer à toute une gymnastique pour garder les élèves actifs.

Tant qu’on ne peut pas mélanger les groupes, tant qu’on est obligé de garder le groupe-bulle, on devient dépendant du nombre de plateaux disponibles, du nombre d’intervenants disponibles.

Ici au collège, juste au 2e cycle, on a près de 45 groupes-bulles. Même si on voulait leur laisser l’accès aux plateaux sportifs, c’est presque impossible à placer dans les plateaux. Si on le fait, il va y avoir un roulement tellement lent.

Si je suis un élève qui se fait dire que j’ai accès au gymnase, mais une fois aux 15 jours, ça revient au même que ne pas avoir accès…

La ministre Charest a conclu ses commentaires sur l'initiative de Sports Québec en rappelant qu’on pouvait bouger même à l’extérieur des sports organisés.

En attendant, je pense que l’on doit être créatifs dans nos façons de bouger et que l’on doit travailler à réinventer quelque peu le domaine du sport. On a une foule d’outils à notre disposition, surtout technologiques, pour que nos sportifs restent connectés et motivés.

Isabelle Charest, ministre déléguée à l'Éducation

Philippe Bourret, qui a représenté le Canada en badminton avant de travailler en éducation, trouve qu’on en met parfois beaucoup sur les épaules des adolescents.

Comme adulte, des fois on a de la difficulté à se motiver à bouger. Comme jeune de 14-15 ans, quand tu dois aller à l’école à distance, c’est toute une nouvelle façon de fonctionner. Je pense que c’est un peu naïf de penser que ça va être aussi simple de dire qu’on bouge ailleurs qu’à l’école.

La présidente de Sports Québec, Julie Gosselin, faisait remarquer dans la lettre ouverte mardi que  le sport organisé, c’est aussi la santé sociale. Un moyen encadré, efficace, sain et sécuritaire de réduire l’isolement actuel, principalement pour nos jeunes.

M. Bourret abonde dans le même sens.

Nous, on a près de 600 athlètes. Je dirais que, pour 550 d’entre eux, il y a la performance sportive, mais il y a surtout côtoyer des amis. Il y a surtout être avec ses coéquipiers, aller en tournoi, aller en matchs, voir son entraîneur et ses coéquipiers. Donc, c’est tout ce milieu qui manque beaucoup.

Le sport scolaire amène tout un éventail de qualités et de valeurs qu’on va chercher. Pour les élèves, porter le chandail du collège quand ils représentent l’école sur la route, ça vaut cher.

C’est ça aussi qu’on leur enlève. Ce n’est pas juste la pratique sportive comme telle, c’est tout ce qui l’entoure.

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