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« Tout le monde court comme si c'était la dernière course » - Michael Woods à la Vuelta

Il franchit le fil d'arrivée.

Michael Woods (à gauche) a terminé à 25 s du vainqueur.

Photo : Getty Images / AFP/ANDER GILLENEA

Michel Chabot

L’incertitude ronge le peloton au Tour d’Espagne. Deuxième de la sixième étape, dimanche, le Canadien Michael Woods dit qu’avec la deuxième vague de la COVID-19 qui s’accentue dans la péninsule ibérique, les cyclistes sont de plus en plus fébriles.

La Vuelta 2020 offre donc énormément d’action, les attaques sont nombreuses si bien que le classement est incertain. Le favori Primoz Roglic a même perdu le maillot rouge de meneur après cette sixième étape au profit de Richard Carapaz à qui il cède désormais 30 secondes au 4e rang.

C’est vraiment à cause de la COVID-19 parce qu’on court chaque jour comme si c’était le dernier. Nous ne sommes pas certains que la course va se terminer à Madrid (8 novembre) parce qu’il y a de plus en plus de cas en Espagne. Alors, tout le monde court comme s’il s’agissait de la dernière course et c’est pourquoi il y a autant d’attaques.

Michael Woods

En ce lundi de congé, Woods et les membres de son équipe (Education First Pro Cycling) attendaient d’ailleurs avec impatience les résultats des tests qu’ils venaient de subir.

Nous avons beaucoup de suspense aujourd’hui, a ajouté l’athlète d’Ottawa lors d’une entrevue téléphonique depuis Vitoria-Gasteiz, où s’amorcera la septième étape mardi.

Woods s’est emmené au Tour d’Espagne avec de grandes ambitions qui se sont rapidement évaporées en raison de sa chute sans gravité dès la première journée. C’est maintenant son coéquipier Hugh John Carthy qui vise le titre. Le Britannique est 2e au cumulatif, à 18 secondes de la tête. Woods, lui, chasse maintenant les victoires d’étapes, comme la veille. Finir au 2e rang l’a déçu, mais ne l’a pas découragé.

J’ai bien couru et j’ai été capable de me retrouver dans l’échappée, a-t-il raconté. Les deux frères Izaguirre (Ion, vainqueur de l’étape, et Gorka) étaient là et ce sont deux des meilleurs coureurs dans la pluie. Ils sont incroyables quand les conditions sont aussi mauvaises. Avec trois kilomètres à faire, Ion a attaqué et j’ai décidé de ne pas le suivre parce que Rui Costa était derrière moi et je ne voulais pas l’emmener à l’arrivée. Donc, j’ai eu une hésitation et Izaguirre a gagné l’étape. J’étais déçu du résultat, mais j’étais fort. Et je crois que je serai capable de gagner une autre étape dans les prochaines semaines.

En fait, Michael Woods a déjà ciblé les journées susceptibles de lui sourire. Et il ne faudrait pas se surprendre qu’il réalise un coup d’éclat avant longtemps.

Il y a probablement quatre ou cinq étapes où j’ai une chance de gagner, révèle l’Ontarien de 34 ans. Presque tous les jours sont vraiment durs et je crois qu’en raison des grandes différences de temps entre les coureurs au classement général, les échappées donnent plusieurs occasions de gagner. Même demain [mardi], je crois que j’ai une chance de faire partie de l’échappée et de gagner l’étape.

La première semaine, la dernière journée en particulier, a été éprouvante avec le froid et la pluie. Woods, qui en est à son sixième grand tour à vie, dit cependant avoir vécu des jours encore plus pénibles même si les conditions météorologiques qui sévissaient dimanche ont compliqué la tâche des coureurs.

Pour les deux prochaines semaines, on verra probablement des journées pire que ça. En 2017, j’ai fait le Paris-Nice et c’était encore pire, donc j’étais prêt pour la course de dimanche.

James Piccoli, entre extase et déception

James Piccoli, lui, a souffert au cours de la sixième étape conclue au sommet de Formigal-Panticosa. Ce premier grand tour de sa carrière lui apprend de douloureuses leçons.

Le Montréalais a fini 145e et il est au 105e rang du classement général.

J’ai travaillé un peu dans l’étape et je suis arrivé au pied de la bosse déjà un peu fatigué, a-t-il admis. Je la montais et j’avais de plus en plus froid et je comptais les kilomètres.

Le cycliste prend la bouteille que lui remet un membre de son équipe.

James Piccoli est épuisé, à la fin de la sixième étape.

Photo : @noa_arnonphoto / Noa Arnon

En haut, je pense qu’il faisait moins de 5 degrés. Je n’ai pas vérifié. J’ai croisé le fil d’arrivée et je suis allé directement à l’autobus, dans les douches chaudes. Les bonnes nouvelles c’est qu’ils annoncent du beau temps dans la prochaine semaine. Tout le monde savait qu’en octobre et novembre, dans le Pays basque, c’est reconnu pour le froid et la pluie. On sera chanceux si nous n’avons qu’une seule journée de mauvaise température, mais celle-là, c’en était une bonne, dit-il en éclatant de rire.

La recrue de 29 ans garde le moral et se sent mieux qu’au début de la semaine.

Des fois, ça ne s’explique pas. J’ai été malade (un petit rhume) avant Liège-Bastogne-Liège et j’ai pris du repos pour ne pas être plus malade encore. Et des fois quand tu es trop reposé et que tu es habitué de faire beaucoup d’entraînement, ça peut bloquer les jambes pendant quelques jours. Honnêtement, j’essaie de ne pas trop y penser parce que ça peut changer de jour en jour.

Membre d’Israel Start Up Nation, Piccoli dit apprécier la franche camaraderie qui règne au sein de sa formation. Surtout que Dan Martin connaît un excellent tour. Vainqueur de la troisième étape, l’Irlandais est au 3e rang du classement, à 20 secondes de l'Équatorien Carapaz.

Ça nous donne un but. Sans un gars vraiment en forme et qui peut jouer pour des résultats ou la victoire, une équipe peut parfois être un peu perdue. Il donne une motivation à toute l’équipe pour que nous travaillions pour lui. C’est l’une des raisons qui font que nous nous entendons si bien, tout le monde s’amuse et a un but chaque jour.

James Piccoli

Martin se comporte en excellent leader en Espagne et son attitude lui vaut des compliments de ses coéquipiers.

C’est un bon gars et il est vraiment professionnel. Il dit toujours merci pour chaque petite chose qu’on fait pour lui. [...] On est arrivés ici avec des ambitions pour Dan et il a prouvé qu’il a vraiment de bonnes jambes, qu’il peut gagner des étapes et même bien se positionner au classement général. Alors, c’est sûr qu’on va l’appuyer dans les jours qui s’en viennent.

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