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Nicolas Gill fier des judokas canadiens dans l'adversité à Budapest

Gill tape sur l'épaule de Valois-Fortier.

Nicolas Gill (à gauche) a l'habitude d'accompagner ses athlètes comme Antoine Valois-Fortier lors des compétitions d'envergure.

Photo : RAFAL BURZA

Olivier Tremblay

S’il le pouvait, le directeur général de Judo Canada Nicolas Gill donnerait une bonne tape dans le dos des cinq athlètes qui ont participé au grand chelem de Budapest, le week-end dernier. De Montréal, il a vu quatre d’entre eux récolter des médailles en Hongrie, où les judokas ont affronté non seulement leurs adversaires, mais aussi les circonstances.

Jessica Klimkait a gagné l’or, ce qui lui a permis de détrôner sa rivale canadienne Christa Deguchi (absente à Budapest) au sommet du classement des moins de 57 kg. Antoine Valois-Fortier (-81 kg) a remporté l’argent. Arthur Margelidon (-73 kg) et Shady El Nahas (-100 kg) sont partis de Budapest avec du bronze. Catherine Beauchemin-Pinard (-63 kg) a réalisé une belle 5e place. Personne ne s’était battu depuis février.

Devant l’adversité, explique Gill à Radio-Canada Sports, la routine devient souvent un refuge. Comme l’a maintes fois constaté le double médaillé olympique, le judo exige une préparation très rationnelle qui se termine par un combat contre le pèse-personne pour respecter la limite de poids. Chaque détail de la préparation peut rassurer l’athlète.

Déjà, cette première compétition pour les Canadiens les amenait en territoire inconnu en raison des restrictions sanitaires. Or, les athlètes ont, en plus, été confinés à leur chambre pendant toute la première journée du voyage, car les tests de dépistage de la COVID-19 se sont accompagnés de délais anormalement longs pour les résultats égarés, affirme-t-il.

La routine est souvent ce à quoi ils s’accrochent, rappelle Gill. Et là, toutes les routines ont pris le bord! C’est un peu le message que j’essayais de leur lancer : ce que vous vivez là, c’est un peu ce que vous risquez de vivre pour les prochains mois et aux Jeux olympiques. Il faut refaire une nouvelle routine et performer en ayant perdu tous ses points de repère.

Il faut dire que les athlètes n’avaient pas été informés très longtemps à l’avance qu’ils participeraient à ce grand chelem. Gill lui-même s’attendait plus ou moins à ce que des compétitions aient lieu en 2020.

Le DG de Judo Canada souligne cependant que la fédération internationale n’a jamais caché ses intentions de sauter sur l’occasion d’organiser des tournois dès qu’elle se présenterait. La politique de sélection pour les Jeux de Tokyo a été mise à jour dès que le Comité international olympique a annoncé qu’ils étaient remis à 2021.

On savait que les échéanciers seraient courts, dans le sens où un préavis de deux, trois semaines, pour [la fédération internationale], c’était acceptable, précise Gill. Il fallait être prêt à ces conditions-là. Tout le retour post-COVID était en fonction d’une reprise du calendrier international en début d’automne. On commençait à y douter fortement, un moment donné, mais c’était ce qu’on avait dit aux athlètes depuis le jour 1 : soyez prêts, parce que ça va repartir rapidement, et on va tout faire, dans la mesure du possible, tout en préservant la sécurité des athlètes, pour rejoindre le calendrier de compétitions.

Dans ce contexte, les résultats, c’était mieux qu’espéré […] Je pense que c’est tout à l’honneur de nos athlètes, qui ont su performer à des niveaux exceptionnels dans des conditions loin d’être optimales et avec, réellement, aucun tournoi depuis février dernier.

Nicolas Gill, directeur général de Judo Canada

Les efforts de Judo Canada ont visiblement satisfait les athlètes. Antoine Valois-Fortier, par exemple, disait à Radio-Canada Sports après son tournoi que l’équipe s’était présentée à Budapest aussi bien préparée, sinon mieux que bien des équipes qui n’avaient pas des contraintes aussi exigeantes que les nôtres.

Nicolas Gill sait que d’autres pays ont dû affronter des défis semblables à ceux des judokas canadiens. Il souligne cependant que d’autres n’ont même pas subi de confinement et que beaucoup d’Européens en étaient déjà à leur deuxième ou troisième compétition à Budapest, qui accueillera par ailleurs les mondiaux en juin 2021.

La performance des athlètes de l’unifolié soulève peut-être des questions fondamentales sur ce qui représente une bonne préparation. Le temps de repos est à revoir, notamment. Gill n’a pas d’attentes en ce qui a trait à de futures modifications du calendrier international, mais des discussions sur cet enjeu pourraient bien avoir lieu bientôt dans les bureaux de Judo Canada.

On n’a pas de saison morte, pas de saison où les athlètes peuvent prendre du recul, du repos, souligne-t-il. Je pense que, ce qu’on peut retenir de tout ça, c’est qu’avec les mois de mars et avril, où les athlètes ont pu récupérer et soigner leurs bobos, leur cycle d’entraînement est plus proche d’un cycle normal ou optimal, c’est-à-dire repos, mise en forme générale, remise en forme vers une compétition. C’est ce qu’on apprend à l’école comme entraîneur. Malheureusement, la réalité du terrain permet rarement de suivre une préparation typique, optimale.

Ce sont peut-être des réflexions qu’on devrait faire de notre côté. Peut-être que, par moments, on ne devrait pas nécessairement subir trop le calendrier international et faire des choix difficiles, mais qui seront plus payants à long terme.

Nicolas Gill, directeur général de Judo Canada

À court terme, en tout cas, les choix s’imposent d’eux-mêmes. Les judokas canadiens souhaitaient s’entraîner quelques semaines en Hongrie, aux Pays-Bas et en Allemagne, mais ils sont soudainement devenus indésirables sur le territoire européen.

Ils termineront donc leur semaine d’entraînement à Budapest avant leur retour à Montréal suivi d’une quarantaine et des Championnats panaméricains au Mexique, à la mi-novembre. Les circonstances demeurent inconnues, mais Nicolas Gill et son équipe entendent continuer de les défier.

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