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Frédéric Blackburn n’est plus à l’emploi de Patinage de vitesse Canada

Il répond à des questions près de la glace.

Frédéric Blackburn, ancien entraîneur-chef de l’équipe nationale féminine de patinage de vitesse sur courte piste

Photo : Radio-Canada

Diane Sauvé
Jacinthe Taillon

L’entraîneur-chef de l’équipe nationale féminine de patinage de vitesse sur courte piste, Frédéric Blackburn, ne travaille plus pour la fédération canadienne depuis jeudi, a appris Radio-Canada Sports.

Une athlète a déposé une plainte officielle ce printemps concernant la conduite de Frédéric Blackburn. Une enquête indépendante a été ouverte selon la politique contre le harcèlement.

Nous avons immédiatement lancé une enquête complète, indépendante et professionnelle sur les allégations, précise la directrice générale de Patinage de vitesse Canada, Susan Auch, en entrevue à Radio-Canada Sports. M. Blackburn a été mis en congé payé pendant l'enquête.

L’enquête a duré près de six mois et, selon la fédération, plusieurs entrevues ont été menées afin de faire la lumière sur les allégations. À la suite des résultats de cet examen, la fédération a décidé de le retirer de ses fonctions d'entraîneur-chef de l’équipe féminine.

On lui a offert d’occuper des fonctions à l’extérieur du cadre de l’entraînement quotidien, mais nous ne sommes pas parvenus à nous entendre. Nous allons de l’avant à partir de maintenant, ajoute Susan Auch.

Frédéric Blackburn n’a pas voulu nous accorder d’entrevue. Dans une déclaration écrite, il dit vouloir spécifier certaines choses.

J’ai effectivement participé à une enquête à la suite d’une plainte pour harcèlement psychologique, écrit-il. Il m'apparaît important de préciser que le rapport de cette enquête indépendante conclut qu’il n’y a pas eu harcèlement psychologique, selon ce que m’a communiqué Susan Auch de Patinage de vitesse Canada.

Patinage de Vitesse Canada a réagi dimanche par courriel à la déclaration de Frédéric Blackburn.

Frédéric Blackburn a été avisé que même si l’enquête n’a pas révélé que la conduite de l’entraîneur réunissait tous les critères nécessaires pour conclure à du harcèlement, elle a démontré qu’il y avait eu plusieurs incidents qui sont contraires à la politique sur le harcèlement et au code de conduite des entraîneurs de Patinage de vitesse Canada.

Frédéric Blackburn était à l’emploi de Patinage de vitesse Canada depuis 2010 et à la tête du programme féminin depuis juin 2012. Il a participé à ses premiers Jeux olympiques en tant qu’entraîneur à Sotchi en 2014. Comme athlète, il a remporté deux médailles d'argent aux Jeux d'Albertville en 1992.

Une patineuse de vitesse courte piste et son entraîneur

Frédéric Blackburn en conversation avec Marianne St-Gelais lors des Jeux olympiques de Pyeongchang, en février 2018

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Surprise pour certaines

La nouvelle a été annoncée ce matin aux athlètes. La patineuse de l’équipe nationale Alyson Charles, qui dit ne pas avoir été rencontrée dans le cadre de l’enquête, affirme qu’elle est surprise par toute cette histoire. Selon elle, le climat au quotidien avec Frédéric Blackburn était très très le fun et il y avait un bon équilibre entre entraînement et plaisir.

C’est sûr que je ne m’y attendais pas parce que j’ai une bonne relation avec lui, dit-elle. Mais je ne peux pas parler, je n’en connais pas vraiment plus sur la situation. Mais je me dis que si la fédération a pris cette décision-là, c’est que c’est quand même réfléchi. J’ai confiance en l’organisation.

Marianne St-Gelais, qui a patiné sous la gouverne de Frédéric Blackburn de 2012 à 2018, avoue également sa surprise, même si elle dit avoir très peu de détails sur l’affaire.

J’ai un petit pincement au coeur. Si je me ramène à mes années où Frédéric a été mon entraîneur, j’ai toujours vu son entraînement de façon très, très positive. En même temps, je ne veux pas banaliser la plainte. Mais j’ai eu de bons moments avec cet homme-là.

L’ex-patineuse précise que Blackburn et elle ont connu leur part de difficultés au début de leur collaboration, mais elle affirme que les choses se sont réglées par la suite.

J’ai constaté l’évolution que Fred a pu avoir au cours de ces années-là. Non seulement une belle communication, mais une ouverture aussi à certains aspects de l’entraînement. J’ai adoré Fred. Ça a été mon dernier coach.

Elle-même nouvellement entraîneuse au Centre régional canadien d’entraînement de Montréal, Marianne St-Gelais dit s’inspirer de celui avec qui elle a gagné un titre mondial.

Des changements avant les Jeux

Le départ de Blackburn vient s'ajouter à la pénurie actuelle d’entraîneurs en courte piste au sein de l'équipe nationale. Depuis le début de l’examen au printemps, Sébastien Cros gère à la fois les programmes féminin et masculin et continuera jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée.

Alyson Charles avoue que la situation est déstabilisante à un peu plus d’un an des prochains Jeux olympiques d’hiver, même si elle assure que les choses vont bien depuis la prise en charge de Cros.

Nous sommes à réévaluer l’ensemble du programme. D’ici les 10 prochains jours, nous procéderons à une autre annonce, ajoute encore la directrice générale de Patinage de vitesse Canada.

Certains scénarios sont envisagés, comme celui de garder Sébastien Cros à la tête des deux programmes avec l’appui d’entraîneurs adjoints. Pour Alyson Charles, ce serait le scénario idéal.

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