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COVID-19 : le Canada recevra certains vaccins plus tardivement que d'autres pays

Une dose du vaccin contre la grippe dans les mains gantées d'une travailleuse de la santé, le 1er octobre 2020 à Vienne, en Autriche.

Ottawa a notamment conclu des ententes avec des compagnies pharmaceutiques plusieurs dizaines de jours après les États-Unis.

Photo : Reuters / Lisi Niesner

La distribution de certains vaccins contre la COVID-19 au Canada pourrait commencer trois mois plus tard qu’en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, selon des informations recueillies par Radio-Canada.

Le Canada est dans une course contre la montre internationale : se procurer des vaccins contre la COVID-19 le plus rapidement possible, afin de protéger sa population. Or dans certains cas, le Canada se fera livrer ses doses en retard par rapport à d’autres pays.

C’est le cas du vaccin de la compagnie Novavax. Sur son site web, la compagnie affirme que son vaccin sera prêt aux États-Unis et en Grande-Bretagne dès le premier trimestre de 2021. Mais pour le Canada, la date de livraison est dès le deuxième trimestre de 2021.

La pharmaceutique AstraZeneca affirmait aux Américains qu’elle pouvait livrer son vaccin à l’automne 2020. Le contrat signé avec le Canada indique une date de livraison en 2021.

Même chose pour les compagnies Pfizer et Moderna : selon des sources de l’industrie, le Canada serait quelques mois derrière les États-Unis et la Grande-Bretagne.

La rapidité avec laquelle un vaccin sera disponible est importante, puisque cela aura un effet sur la vitesse de la reprise économique.

Ottawa rétorque qu’il a la situation bien en main. Nous sommes très agressifs dans nos négociations concernant les dates de livraison, assure la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement. Anita Anand assure que sa priorité absolue est d’assurer que les Canadiens ont accès à des vaccins contre la COVID-19, sûrs, éprouvés et efficaces dès qu’ils sont prêts.

Retards « inacceptables »

L’opposition officielle à Ottawa s’explique mal les retards du Canada. C’est inacceptable, estime le député conservateur Pierre Paul-Hus. On l’a vu avec les tests de salive, on a trois mois de retard par rapport aux Américains, et maintenant c’est le vaccin.

On ne veut pas se retrouver à être les derniers de la liste. Une fois que les vaccins seront approuvés, on veut les avoir rapidement pour vacciner les Canadiens.

Pierre Paul-Hus, député conservateur

De son côté, la NPD qualifie la situation de vraiment troublante. Les Canadiens se préoccupent beaucoup de la deuxième vague, et l’accès rapide à un vaccin est crucial pour tous, écrit le critique en matière de Santé Don Davies.

Si le gouvernement a signé une entente qui met les Canadiens loin dans la file, nous avons le droit de savoir pourquoi.

Le gouvernement fédéral a pris du retard dans ses négociations avec plusieurs compagnies pharmaceutiques. Selon les données recueillies par Radio-Canada, Ottawa a conclu son entente avec AstraZeneca 127 jours après les États-Unis. Le Canada a signé un contrat avec Sanofi-GSK 55 jours après les Américaines, et avec environ 25 jours de retard pour Novavax et Johnson&Johnson.

Les États-Unis ont joué du coude pour recevoir les vaccins plus tôt, confie une source proche de l’industrie pharmaceutique, comme ils l’ont fait pour les équipements de protection personnelle au début de la pandémie.

Les Américains ont notamment accepté de payer à l’avance pour les doses reçues. Les marchés qui agissent de la sorte sont souvent priorisés, confient diverses compagnies pharmaceutiques, dont Pfizer.

Il arrive également que certaines compagnies doivent remplir la commande de leur pays d’origine avant de pouvoir vendre leurs doses à l’étranger.

Ottawa optimiste

Le gouvernement fédéral reconnaît qu’il est en retard par rapport à d’autres pays pour certains vaccins, mais qu’il est en tête de liste pour d'autres.

Mais Ottawa assure qu’il n’a pas mis tous ses œufs dans le même panier. Le Canada a signé des contrats avec sept compagnies pharmaceutiques pour différents types de vaccin, qui sont à diverses étapes de production. Le gouvernement libéral dit avoir bon espoir que le Canada n’arrivera pas en retard à la ligne d’arrivée pour l’obtention de vaccins.

En conférence de presse vendredi midi, Justin Trudeau reconnaissait que les premiers vaccins potentiels pour le Canada iraient à l’année prochaine. Je ne pense pas que les gens devraient s'attendre qu'on ait un vaccin prêt à être distribué bien avant la fin de l'année, sinon même pas avant le début de 2021.

Au début, on va avoir moins de doses que ce dont on aurait besoin pour toute la population, poursuit le premier ministre. Mais à mesure que l'année prochaine avancera, on va en avoir plus.

L’important, selon lui, c’est que tout soit fait dans l’ordre afin de garantir aux Canadiens que ce sera sécuritaire et de pouvoir distribuer ces vaccins de façon responsable.

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