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Bruno Martins-Costa, jeune cavalier canadien qui rêve de Jeux olympiques

Il franchit un obstacle avec son cheval.

Bruno Martins-Costa rêve de représenter le Canada aux Jeux olympiques.

Photo : Bruno Martins-Costa

Depuis des années, il accumule les victoires et les bons résultats dans les grands prix de sports équestres. Même exilé en Europe, c’est sous les couleurs du Canada qu’il monte tous ses chevaux, avec l’espoir un jour de participer aux Jeux olympiques. Faites connaissance avec Bruno Martins-Costa.

Cet athlète de 24 ans est né à Montréal de parents brésiliens. Il a trois sœurs et un frère. Jamais dans sa famille une quelconque passion pour les chevaux n’existait. Elle lui est venue en visitant une ferme aux États-Unis à l’âge de 5 ans.

Dans cette ferme qui appartenait à un ami de mon père, il y avait toutes sortes d’animaux, raconte-t-il. Des poules, des cochons, des vaches, mais moi, c’est tout de suite les chevaux qui m’ont attiré. Mes parents ont rapidement constaté que j’avais un réel intérêt pour les chevaux.

Du haut de ses 5 ans, Bruno va partir trois semaines avec son frère et ses sœurs dans un camp de vacances au ranch Massawippi, près de Granby. C’est là qu’il va apprendre à monter et à s’occuper des chevaux.

« Le pire jour de ma vie »

Quand le camp s’est terminé, nous avons dû rentrer à Montréal et je crois que c’était le pire jour de ma vie. Je pleurais, j’aurais voulu rester. Pendant que mes sœurs et mon frère racontaient autour de la table ce qu’ils avaient fait durant le camp, moi, j’étais tout seul dans ma chambre en train de pleurer.

Pour le consoler, ses parents vont l’inscrire dans un centre équestre à Saint-Bruno qui, comble de malheur, va devoir fermer. Qu’importe, sa passion est trop forte et ses parents l’ont bien compris. C’est au Centre équestre des Mille-Îles, à Laval, que tout a vraiment commencé. Puis c’est le déménagement vers l’Europe.

C’est au Portugal que les choses sérieuses ont débuté, explique-t-il. C’est là que j’ai commencé à faire des compétitions de plus en plus importantes. J’ai aussi compris que c’était vraiment ce que je voulais faire dans ma vie. Après trois ans au Portugal, mes parents voulaient revenir au Brésil. Mais moi, je ne voulais pas. J’ai réussi à les convaincre de partir en Suisse chez des amis pour continuer à monter les chevaux. J’avais alors 16 ans. Je continuais en parallèle mes études à Zurich.

Quand j’ai fini l’équivalent du cégep, j’ai demandé à mes parents d’avoir une année sabbatique pour simplement monter les chevaux. Ils n’étaient pas vraiment contents, ils voulaient que j’aille à l’université. Je finirai encore une fois par les convaincre.

Cette fois, pour le jeune cavalier globe-trotteur, direction la Belgique. Comme il nous le confie, ce n’était pas toujours facile, surtout quand tu viens d’une famille qui n’est pas de ce milieu. Mes amis et la plupart de mes concurrents montent les meilleurs chevaux depuis leur plus jeune âge. Ils ont aussi les meilleurs entraîneurs, les meilleures infrastructures et ils vont dans les meilleurs concours. Et moi, je n’ai jamais eu cela, j’ai dû batailler un peu tout seul pour trouver mon chemin.

L’aide d’une famille légendaire

Pendant qu’il conjugue les petits boulots et quelques maigres concours en Belgique, Bruno reçoit une offre du Brésil, qu’il ne peut pas refuser. On lui offre le rêve de tout cavalier en devenir : apprendre le métier dans l’une des plus grandes familles du sport équestre mondial : les Pessoa.

C’est Nelson Pessoa qui va écrire l’histoire de cette famille légendaire. Surnommé le sorcier brésilien, celui que l’on appelle affectueusement Nico va remporter son premier grand prix à l’âge de 22 ans. Il participera à deux Jeux olympiques, à Melbourne en 1956 et à Tokyo en 1964. Son palmarès est tout simplement hallucinant : 150 grands prix remportés en Europe, 2 fois vice-champion de la Coupe du monde de saut d'obstacles en 1984 et en 1991, sans oublier les quatre titres de champion du Brésil.

Nelson va avoir un fils, Rodrigo. Lui aussi sera un grand champion. Il commence la compétition en 1981 et en 1984. Il remportera son premier grand prix dans la catégorie poneys. En 1998, il devient champion du monde puis décroche l’or aux Olympiques d’Athènes en 2004.

C’était comme un rêve de travailler avec cette famille, dit-il. C’est une famille remplie de succès. Imagine-toi entouré de champions. Être en contact avec Nelson et Rodrigo, juste de m’asseoir à table avec eux, je me disais que c’était quelque chose de pas normal. Au début, cela m’a surpris, car je ne savais pas comment réagir, j’étais avec mes idoles.

C’est un peu comme un joueur de football qui rencontre Neymar ou Ronaldinho. Je suis resté quelques mois avec eux et je peux dire que j’ai beaucoup appris avec les Pessoa.

Bruno Martins-Costa, cavalier canadien

Avec de très bonnes recommandations, notamment celle de la célèbre famille brésilienne, Bruno Martins-Costa va recevoir une offre pour travailler aux États-Unis à la Bonne Chance Farm.

Ils m’ont rapidement fait confiance et m’ont donné des chevaux de plus en plus importants, raconte-t-il. Des chevaux prêts à participer à des grands prix. À mon premier concours international, je vais me classer 7e.

Seulement voilà, le haras doit vendre régulièrement ses chevaux. Et le cheval, c’est notre outil. Ce n’est pas facile de changer tout le temps de monture. On peut être le meilleur cavalier au monde, mais si tu n’as pas le bon cheval, tu ne réussis pas. Donc l’ascension a été difficile. Ce n’est pas facile de concourir avec un seul cheval. Car entre les concours, tu dois le reposer.

Pendant deux ans, Bruno va voir grandir ce haras qui achète de plus en plus de chevaux de compétition. Bonne Chance Farm va décider d’ouvrir un second haras en Belgique et propose à Bruno de devenir son cavalier professionnel.

Ici, on a au total 26 chevaux de tous les âges, dit-il. Normalement, les chevaux sont en période de formation de 4 à 7 ans. À 8 ans, c’est la période de transition. À l’âge de 7 ans, ils sont comme des élèves qui sont les meilleurs de leur classe, mais à 8 ans, c’est comme s’ils rentraient à l’université, ils sont les nouveaux. À 9 ans commence leur carrière sportive de haut niveau, et ils peuvent donc débuter les concours internationaux.

Les couleurs canadiennes et le rêve olympique

Aujourd’hui, Bruno Martins-Costa est employé à plein temps par le haras belge. Il est cavalier professionnel et participe à de nombreuses compétitions internationales intermédiaires, car ses chevaux sont encore trop jeunes pour le très haut niveau.

Comme il l’explique, les compétitions vont d’une à cinq étoiles comme les hôtels. En ce moment, avec des chevaux de 7 ans, je ne fais que les deux et trois étoiles.

Avec ce nouveau statut de cavalier professionnel, il peut maintenant espérer monter de grands chevaux de compétition. Et tout cela sous les couleurs canadiennes, malgré qu’il ait quitté le pays à l’âge de 13 ans.

Je suis né au Canada, c’est là que j’ai grandi même si toute ma famille est brésilienne. Je parle même couramment la langue. Mais quand je vais au Brésil, je ne me sens pas à l’aise. Quand je reviens au Canada, j’ai tous mes amis d’enfance, je me sens comme chez moi. Je me sens 100 % à l’aise, c’est vraiment ma maison, c’est chez moi. C’est pour cela que j’ai décidé de courir pour le Canada.

Bruno Martins-Costa
Plan d'un profil d'un cavalier sur son cheval

Bruno Martins-Costa

Photo : Bruno Martins-Costa

Quand on demande au jeune cavalier si le rêve olympique est présent, la réponse est immédiate et surtout réaliste.

Oui, bien sûr, le rêve olympique existe comme pour tous les cavaliers, je pense. C’est encore un long chemin qui sera parsemé aussi d’échecs avant d’y arriver. Mais on y pense toujours même si j’essaie de ne pas trop y penser, car c’est un objectif à long terme. Avant cela, j’ai quelques objectifs à court terme. Bien sûr, Éric Lamaze est toujours là avec des chevaux exceptionnels et j’espère qu’il continuera quelques années encore.

Bruno Martins-Costa voudrait bien rencontrer un jour son idole, le champion olympique canadien. Aujourd’hui, il se consacre à former ses trois chevaux de 7 ans, dont deux ont un potentiel important.

Il faut être patient et ne pas vouloir franchir deux pas en même temps. C’est en étant patient que mes chevaux pourront atteindre le plus haut niveau sans franchir un obstacle trop grand.

Bruno Martins-Costa

La famille de Bruno est maintenant dispersée dans le monde. Il faut dire qu’il est né de quadruplés avec ses trois sœurs, dont deux vivent à Montréal avec leur mère, et une à Genève. Son papa, lui, est consultant en économie pour les jeunes entreprises et il est la plupart du temps en voyage dans le monde. Son frère, quant à lui, vit au Portugal.

Avec la COVID-19, se retrouver en famille est encore plus difficile, comme l’ont été les trois premiers mois de la pandémie où toutes les compétitions étaient à l’arrêt. Depuis juillet, tout est revenu à la normale. Bruno monte régulièrement chaque semaine dans les concours en Belgique, aux Pays-Bas et en France.

Tout cela avec les couleurs du Canada et quelque part dans un coin de sa tête, le rêve olympique.

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