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Anthony Joshua dans la mire d’Arslanbek Makhmudov

L'arbitre lève le bras du boxeur en signe de victoire.

Arslanbek Makhmudov lors de sa défense de son titre NABF des poids lourds, au Centre Bell, en décembre 2019.

Photo : Vincent Ethier - EOTTM

Jean-François Chabot

S’il n’en tient qu’à son promoteur Camille Estephan, le poids lourd Arslanbek Makhmudov pourrait se battre en championnat du monde d’ici ses deux ou trois prochains combats.

Invaincu dans ses 11 premiers duels (11-0, 11 K.-O.), le géant attend encore de croiser sur sa route un adversaire qui saura ébranler sa confiance.

À l’occasion de son premier combat en 10 mois, le 10 octobre dernier, Makhmudov a terrassé l’Ontarien Dillan Carman d’un seul coup de poing. Ce combat de relance ne fut pas à la hauteur ni de ses attentes ni de celles du promoteur.

Car la question se pose. Qu’apprend-on d’un affrontement qui ne dure que 27 secondes? Quels outils essentiels Makhmudov a-t-il pu ajouter dans son coffre pour aborder les véritables matamores de sa division sur la scène mondiale?

Camille Estephan n’en démord pas. Son protégé appartient à l’élite. Il est convaincu que son entente avec son partenaire américain Golden Boy ouvrira des portes à Makhmudov.

Moi, je l’ai vu avant de le signer. Le combat que j’ai vu et qui m’a vraiment impressionné, c’était contre le Roumain Mihai Nistor, dans la World Boxing Series. Ça remonte à quatre ou cinq ans. Arslanbek avait gagné par K.-O. en cinq rounds contre ce gars-là, qui a été le dernier à mettre Anthony Joshua K.-O. chez les amateurs, raconte Estephan.

Joshua détient les titres mondiaux WBA, WBO, IBF et IBO des poids lourds. Il a retrouvé ses ceintures en décembre dernier dans un combat revanche face au Mexicain Andy Ruiz fils (33-2, 22 K.-O.). Joshua doit en principe les défendre à nouveau face au Bulgare Kubrat Pulev (28-1, 14 K.-O.), le 12 décembre prochain, à l'O2 Arena de Londres.

Pas de raccourci

Face à la notion que Makhmudov pourrait être mis sur une voie de garage, Estephan réfute l’idée en affirmant que les choses se passent de manière différente chez les poids lourds.

C’est vraiment une game complètement différente. Les liens avec les promoteurs ou les réseaux de télévision ne tiennent plus, parce que ce sont de très grands combats. Ça ne se compare pas avec le reste. À moins que tu t’appelles Canelo (Alvarez) et que tu sois vraiment la coqueluche du sport, personne ne va chercher les revenus que l’on voit chez les poids lourds.

Camille Estephan, président d'Eye of the Tiger Management
Un boxeur assomme son adversaire.

Un direct du gauche d'Anthony Joshua (à gauche) atteint Andy Ruis

Photo : Getty Images / Richard Heathcote

Estephan insiste pour dire que l’entente avec Golden Boy avait pour but d’offrir une vitrine américaine à Makhmudov. L’éclosion de la pandémie de COVID-19 a brusquement freiné la planète sport et l’élan du géant russe en particulier.

On a passé cette entente de co-promotion parce que Golden Boy est associé à DAZN, qui est associé aussi à Anthony Joshua (23-1, 21 K.-O.). C’est le boxeur qu’on cible, que l’on aimerait opposer à Arlanbek, en championnat du monde, a candidement admis Estephan à Radio-Canada Sports.

Makhmudov vient de défendre son titre NABF pour la deuxième fois et le patron d’Eye of the Tiger Management (EOTTM) a bon espoir de le voir grimper parmi le top 15 mondial de sa catégorie.

On ne voudrait pas qu’il se batte demain contre Joshua. C’est sûr que s’il nous l’offre, on va écouter. On voudrait cet affrontement d’ici deux ou trois combats.

En attendant, Estephan compte sur la reprise prochaine des activités du côté de Golden Boy qui, contrairement à Top Rank, n’a pas mis de bulle en place afin d’y présenter des combats. Le groupe dirigé par Oscar de la Hoya et Bernard Hopkins envisage de le faire à la fin octobre, quelque part en Californie.

D’autres dates restent à confirmer, selon Estephan, qui pense que Makhmudov pourrait ainsi être vu sur le marché américain à la mi-décembre. Le but, c’est qu’Arslanbek fasse une finale ou une demi-finale dans un gala aux États-Unis. On a eu des discussions, mais il n’y a encore aucun contrat de signé.

Camille Estephan s’interroge aussi sur les effets de la poursuite intentée par Canelo Alvarez contre DAZN. Le boxeur accuse le diffuseur de ne pas avoir respecté les termes de l’entente initiale de 11 combats pour 365 millions de dollars américains.

DAZN et Golden Boy ont contre-attaqué avec leur propre action en justice contre Alvarez. De plus, celui-ci tente apparemment de changer de promoteur tout en exigeant le paiement d’une compensation de 280 millions de dollars, ou l’équivalent de la portion du contrat auquel il prétend avoir droit.

Estephan est d’avis que le potentiel de Makhmudov va forcer la main de ses partenaires chez Golden Boy.

Ce sont les dollars qui parlent. Le montant qu’il peut toucher par combat, a un minimum d’un peu moins d’un demi-million de dollars, ce qui équivaut à deux ou trois fois ce qu’un boxeur classé comme lui dans une autre division pourrait toucher.

Camille Estephan

Ce calcul est bien évidemment tributaire de l’adversaire qu’il aura devant lui. Mais déjà, on parle de Makhmudov en Angleterre. Le réseau Sky Sports lui a consacré un article sur son site Internet exposant les ambitions du protégé d’EOTTM. Encore faudrait-il que Joshua reste champion.

Note : Oubliez la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour la tenue du prochain gala au Québec. Camille Estephan se tourne plutôt vers des terres qui lui sont familières pour sa soirée du 21 novembre. C’est à huis clos, à l’Hôtel Rimouski, que la cloche du ring devrait retentir dès que les autorités de la santé publique du Bas-Saint-Laurent auront donné leur aval.

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