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Comment prévenir et guérir les claquages musculaires?

Un joueur de soccer dans un uniforme bleu se tord de douleur sur le terrain

Kevin Mirallas, joueur d'Everton, est étendu sur le sol après s'être blessé à une cuisse.

Photo : Getty Images / Alex Livesey

Christine Roger

Si vous avez déjà subi une entorse musculaire, vous savez à quel point la sensation peut être douloureuse. Un claquage est une blessure fréquente, mais qui ne doit pas être prise à la légère. Les conséquences peuvent parfois être assez graves. Nos experts font le tour de la question. 

Ce qui est communément appelé un claquage survient lorsqu’un muscle est soumis à un étirement trop important par rapport à sa capacité de résistance. Il s’agit donc d’un étirement, ou d’une déchirure des fibres musculaires et, tout comme avec les entorses ligamentaires, il peut y avoir trois grades :

  • Grade 1 : Étirement des fibres sans déchirure;
  • Grade 2 : Déchirure partielle des fibres, mais pas de perte de continuité entre les deux portions du muscle;
  • Grade 3 : Déchirure complète du muscle, avec perte de continuité complète entre les deux portions du muscle et, par le fait même, perte de fonction.

Ce type de blessure va souvent survenir lors d’un mouvement brusque, lors d’une course à haute vitesse par exemple. Les membres inférieurs, particulièrement les ischiojambiers et les quadriceps, sont plus souvent touchés. 

De façon classique, le sportif se plaint d’une douleur soudaine et très importante, localisée dans le muscle en question, avec incapacité de poursuivre son activité. Ce sera souvent accompagné de boiterie quand le membre inférieur est touché.

Dr Jérôme Ouellet, pédiatre spécialisé en médecine sportive.

Ce n’est pas rare qu'il va y avoir de l'oedème et une décoloration ecchymotique causée par le saignement tissulaire occasionné par la déchirure. Le patient va souvent avoir une sensation de déchirure et de brûlure, et peut même avoir entendu un bruit, ajoute-t-il. 

Si la personne qui a subi un claquage se remet habituellement assez bien de cette blessure, certaines complications peuvent tout de même survenir. Si vous êtes incapable d’activer l’articulation qui est reliée au muscle en question, vous pourriez souffrir d’un claquage de grade 3, c’est-à-dire d’une déchirure complète. Une visite à l’urgence est alors recommandée puisqu’une opération pourrait être nécessaire. 

Un saignement important, entre autres à la hauteur de la cuisse, peut aussi causer un hématome, c’est-à-dire un amas de sang qui est circonscrit par les muscles qui l'entourent. Si vous êtes malchanceux, cet hématome peut même se calcifier. 

On appelle ça une myosite ossifiante. Ça apparaît dans les semaines ou les mois suivant le claquage, et ça fait une masse dure et douloureuse dans le muscle en question, qui va être incommodante lors des activités. Le traitement peut être chirurgical, souligne le Dr Ouellet. 

Il est aussi possible que la partie liquide du sang, le sérum, s'accumule entre les muscles. On appelle ça une lésion de Morel-Lavallée. C'est souvent moins douloureux qu'une myosite ossifiante, mais ça peut quand même nécessiter un drainage, précise-t-il. 

Si les complications sont plus rares, il ne faut tout de même pas minimiser la gravité d’un claquage musculaire. 

Ça fait partie des blessures assez sérieuses qui demandent un arrêt de jeu ou de sport. Continuer empire considérablement la situation. La douleur risque de réapparaître à chaque effort si la blessure n’est pas traitée, affirme Julie Graham, kinésiologue.

Si vous venez de subir un claquage, le même protocole de base que pour toutes les blessures sportives aiguës s’applique. RICE (Rest, Ice, Compression, Elevation) est l’acronyme à garder en tête. 

  • Rest : Repos, béquilles au besoin;
  • Ice: Application de glace, 10-15 minutes par heure, aussi souvent que possible. On recommande d'envelopper la glace dans une serviette humide puisque ça fait pénétrer plus rapidement et maximise les 10-15 minutes;
  • Compression : On veut éviter un saignement trop prononcé et les complications de myosite ossifiante et de Morel-Lavallée. On recommande donc de se procurer un bandage élastique (Nouvelle fenêtre);
  • Elevation : On met la jambe sur le pouf! Ça aide à limiter l'enflure.

Pour ce type de blessure en particulier, je recommande à l'athlète d'éviter autant que possible pour quelques jours les massages vigoureux de la région en question, afin d'éviter d'augmenter le saignement et le risque de complication, mentionne Jérôme Ouellet. 

Par la suite, il peut être important de consulter un professionnel de la santé, comme un physiothérapeute, pour une guérison adéquate de cette déchirure. On veut éviter que la flexibilité du muscle ne soit limitée à long terme. 

Pour certains athlètes professionnels, subir une telle blessure peut être catastrophique et même venir mettre un terme à leur carrière. Heureusement, dans la majorité des cas, vous pourrez reprendre progressivement vos activités après trois à six semaines. 

Après un certain temps, vous pouvez recommencer tranquillement à faire des contractions isométriques, sans mouvement, et à étirer légèrement. Puis, des mouvements concentriques où le muscle se contracte et les fibres se rapprochent peuvent être faits. Il faut attendre plus tard dans la période de convalescence pour faire des mouvements excentriques où les fibres musculaires s’allongent, explique la kinésiologue Julie Graham. 

Comment éviter de revivre ce scénario? Une physiothérapeute pourrait notamment identifier certains facteurs biomécaniques qui pourraient être à la source du problème et aider l'athlète à les corriger. 

Il est aussi primordial d’être suffisamment entraîné avant de pratiquer une activité. Ce n’est peut-être pas l’idée du siècle que d’aller participer à un match de soccer en effectuant des sprints si vous n’avez jamais couru de votre vie ! Améliorer sa flexibilité peut aussi être bénéfique puisqu’un muscle et des tendons flexibles vont permettre plus d’amplitude de mouvement avant d’atteindre la limite des structures.

Le plus important, pour minimiser les chances de subir un claquage, demeure l’échauffement. 

C’est principalement l’échauffement qui peut faire une différence marquée. Il faut faire un échauffement avec une amplitude du mouvement qui sera exécutée pendant l’activité. Faire des sauts ne servira à rien si on s’apprête à effectuer des sprints, soutient Julie Graham, kinésiologue. 

Évidemment, le risque zéro n’existe pas. Mais la prévention, dans ce cas-ci, peut faire un monde de différence.

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