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Québec débloque 70 millions de dollars en soutien au sport

Elle parle devant un micro en point de presse

La ministre Isabelle Charest

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Radio-Canada

Face à l’urgence à laquelle sont confrontés les fédérations, les clubs et les organismes sportifs, Québec débloque une enveloppe de secours de 70 millions de dollars pour les aider à traverser une crise sans précédent.

Dans son point de presse tenu jeudi après-midi, la ministre déléguée à l’Éducation et responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, a annoncé une hausse de 60 % du financement offert aux fédérations sportives par l’entremise des programmes de soutien aux opérations et au développement de l’excellence (élite sportive).

Pour cette année seulement, les fédérations auront droit à une enveloppe de 23 M$.

Les 70 M$ de Québec doivent permettre de soutenir les clubs et les associations locales et régionales. Un montant additionnel de 5 millions de dollars sera ajouté au programme Accès-Loisirs pour aider les personnes à faible revenu à pratiquer une activité.

L'aide gouvernementale vise aussi les aînés et les personnes handicapées afin de leur faciliter la pratique d'une activité physique.

Comme ministre déléguée à l’Éducation, ma priorité est de mettre en place les conditions nécessaires pour inviter la population à adopter et à maintenir un mode de vie physiquement actif. Je souhaite que tous les Québécois et Québécoises, peu importe leur âge, leur statut ou leur condition physique, aient accès à des activités qui les passionnent et qui ont des impacts positifs sur leur santé physique et mentale, a indiqué la ministre.

La situation exceptionnelle dans laquelle nous sommes nous oblige à être inventifs dans nos manières de bouger et de pratiquer des loisirs. Pendant la pandémie, les organismes de loisir et de sport ont fait preuve d’une résilience incroyable et je veux les en remercier. Les sommes annoncées aujourd’hui leur permettront de poursuivre leurs activités malgré la pandémie. Je compte sur leur créativité et leur débrouillardise.

Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation et responsable de la Condition féminine

La pandémie et les autorités sanitaires ont contraint les ligues, tous sports confondus, les arénas, les gymnases, les piscines, et la plupart des centres d’entraînement des zones rouges soit à fermer leurs portes, soit à en limiter l’accès à un nombre restreint de personnes.

La ministre a précisé que les gymnases privés ne bénéficieront pas de ce nouvel apport financier puisqu'ils sont déjà couverts par un autre programme mis sur pied par le ministère de l'Économie et de l'Innovation.

Quant au mode de distribution de cette manne, Isabelle Charest a laissé entendre que des annonces seraient faites au cours des prochaines semaines. Elle en a aussi profité pour remercier les partenaires comme Sports Québec, qui regroupe l’ensemble des fédérations sportives de la province, et le Conseil québécois des loisirs pour leur participation à l'élaboration de ce plan.

12 M$ à la LHJMQ

De ces 70 M$, une enveloppe de 12 M$ sera versée à la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), soit un million pour chaque équipe basée au Québec. La ligue est aux prises avec des éclosions de COVID-19 qui ont forcé l’interruption de ses activités en sol québécois jusqu’au 28 octobre.

À ce propos, la ministre a parlé d'assurer la survie des équipes. C'est pour assurer la survie de la ligue, qui est très importante au Québec. Nous n'avons pas fait ce choix à l'encontre des autres activités sportives. Ce sont des fonds supplémentaires accordés par le Conseil du trésor. Il faut considérer que ces équipes sont un moteur de développement économique pour toutes les régions. C'est pour ça qu'on a considéré ce dossier séparément.

Un bon premier pas

L'arrêt des activités sportives organisées dans les zones rouges, en vigueur depuis le 8 octobre, s'est fait rapidement et cruellement ressentir avec une baisse drastique des inscriptions dans les clubs sportifs, publics et privés, au début de l’automne.

Certaines fédérations comme Judo Québec ont vu leur effectif chuter de près de 70 %, passant de 6495 à 1925 membres pratiquants licenciés. Cela représente une perte de revenus de plus de 280 000 $.

Sports Québec reçoit habituellement un montant annuel de 5 millions de dollars de la part du gouvernement provincial afin de subvenir en partie à ses opérations. Cette somme qui n’a pas été ajustée à l’inflation depuis fort longtemps est partagée en fonction du nombre de membres licenciés au sein de chaque fédération.

C’est un bon premier pas, a commenté Patrick Kearney, président de Judo Québec, au sujet de l'aide financière de Québec. Mais je pense qu’il faut que l’argent en sport devienne récurrent. Il faut quand même saluer l’augmentation. Il y a encore beaucoup d’argent qui vient des parents, des clubs. Mon budget habituel venant du gouvernement n’est que de 100 000 dollars. Le reste vient d’autres programmes et du revenu de mes membres ou de compétitions.

Le directeur général de Sports Québec, Alain Deschamps, abonde dans le même sens. C'est vraiment une bouffée d'oxygène qui était nécessaire et qui était requise et on l'a enfin. Notre inquiétude, malheureusement, c'est que si la pandémie perdure, est-ce qu'on va devoir faire un autre appel à l'aide? Ça va être probablement requis. Ça, c'est l'angle mort présentement.

Dans son communiqué de fin de journée, Sports Québec soulève un autre bémol en soulignant que le plan d'aide semble ne pas avoir couvert les clubs sportifs et organismes locaux œuvrant directement sur le terrain, en première ligne.

Le plan d’aide est entièrement dirigé vers les organismes provinciaux. L’objectif sous-jacent est que ces derniers puissent à leur tour aider leurs associations et leurs clubs, mais pour être réaliste, ce ne seront que quelques fédérations qui pourront y arriver. Les autres n’auront d’autre choix que d’utiliser ces sommes pour leur survie immédiat, a déclaré M. Deschamps

À titre de porte-parole des sports de combat, Ariane Fortin-Brochu, présidente de Boxe Québec, a surtout des attentes en ce qui a trait aux critères qui permettront d'utiliser cet argent neuf là où les besoins sont les plus criants. On est vraiment contents d’avoir eu une réponse comme ça. C’est un grand premier pas. Déjà, la pandémie a causé des dommages et il nous faudra du temps pour réparer le trou qui s’est fait dans le développement [des athlètes et des officiels]. Il devra y avoir de la continuité. On attend aussi de savoir comment il nous sera possible de dépenser cet argent-là. Je veux vraiment qu’on puisse aider les clubs.

Du côté du sport scolaire, le président-directeur général du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), Gustave Roel, s'est dit prêt à ce que son organisation joue son rôle dans la reprise de l'activité physique organisée pour les jeunes. On est très heureux d’avoir cette annonce-là, mais les prochains jours nous permettront d’avoir un peu plus de précisions sur le montant qui sera consenti au RSEQ. J’ai l’impression que ce montant-là va nous permettre de nous rendre quelque part jusqu’au mois de janvier. On est encore incertain sur la suite de la pandémie, donc les montants qui sont consentis vont devenir importants.

Où ira l'argent, concrètement?

Plus tôt cette semaine, le directeur général de Gymnastique Québec, Serge Castonguay, a déclaré que ce deuxième confinement des activités sportives mettait une quinzaine de clubs en danger.

Sur le terrain, on souhaite que l’aide financière annoncée jeudi se rende jusqu’aux petits clubs, qui continuent d’avoir des dépenses importantes comme des loyers, même si les activités sont stoppées.

À Boucherville, l’école Helios, qui loue un local dans le secteur industriel, offre des cours de gymnastique artistique, de trampoline et d’acrosport. Le président Philippe Gagné espère que le plan d’aide se rendra à leur niveau.

J’espère que oui. Généralement, les subventions gouvernementales vont vers l’élite. Nous, à l’école Hélios, on n’a pas encore d’élite, on est une jeune place, on a seulement cinq ans. Généralement, on ne voit pas de cet argent-là. J’espère qu’il va y avoir de l’argent qui va descendre vers les petits clubs qui s’occupent des enfants en général.

Si l’interruption des activités a des répercussions financières sur les clubs de gymnastique au point de menacer leur survie, elle se répercute également sur d’autres aspects.

De jeunes entraîneurs qui se développaient en travaillant avec les enfants du volet récréatif doivent se trouver de nouveaux emplois pour boucler leur fin de mois.

À l’école Helios, certains sont déjà partis et Philippe Gagné souhaite éviter d’autres départs. Mais ce n’est pas sa seule inquiétude.

Si j’en ai d’autres qui partent, on va avoir un problème. Mais, il y aussi le retour des jeunes. Est-ce qu’ils vont revenir après? Quand on arrête de faire quelque chose, c’est très dur de rembarquer.

Selon M. Gagné, l’aide financière gouvernementale permettra certainement d'assurer une certaine pérennité aux organismes, mais la vraie solution se trouve dans la reprise des activités de la gymnastique.

Les clubs ont déjà ajusté leurs installations et leur façon de procéder pour permettre la pratique sécuritaire de la gymnastique en temps de pandémie. Ils souhaitent simplement pouvoir retrouver leurs jeunes athlètes le plus rapidement possible.

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