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Regain de popularité du golf au Québec en 2020

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Des joueurs de golf à Bromont.

Le reportage d'Antoine Deshaies

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

La COVID-19 a fait mal à de nombreux secteurs de l'économie, dont celui du sport. Toutefois, dans certains cas, elle aura permis la relance d'une industrie.

Même si tout n'est pas rose, les terrains de golf du Québec ont connu une très bonne année 2020. Si la saison de golf s'est élancée avec un mois de retard, elle s'étire dans l'automne.

Encore mercredi matin, en plein 14 octobre, les golfeurs étaient nombreux au Parcours du cerf à Longueuil. Guylaine Rousseau a joué deux fois par semaine depuis l'ouverture des terrains.

J'ai remarqué que c’était beaucoup plus achalandé que les autres saisons, a confié la golfeuse. C’est parfois difficile de réserver des départs. Il faut s’y prendre une semaine à l’avance.

Le professionnel Ben Boudreau travaille au Parcours du cerf depuis 30 ans. Il admet que ses collègues et lui sont essoufflés. La saison a été longue et occupée, et la main d’œuvre s’est fait rare.

Il pense que le Parcours du cerf peut rester ouvert pendant encore un mois.

On a accueilli 520 golfeurs aujourd'hui au Parcours du cerf, explique Boudreau. C’est complet de 8 h le matin jusqu'à 17 h. Normalement, à l'automne, on reçoit peut-être 375 golfeurs par jour. C’est donc une hausse de 125 golfeurs pour une seule journée.

La hausse de l’achalandage est constatée dans toute la province. Si le Parcours du cerf a connu une augmentation d’environ 10 % de visiteurs sur toute la saison, dans l’ensemble du Québec, le nombre de parties jouées a bondi de plus de 20 % par rapport à 2019, selon l’Association des clubs de golf du Québec.

En tout, près de neuf millions de rondes ont été disputées dans la province cette année.

La COVID-19 a sauvé certains parcours de golf, admet Martin Ducharme, président de l’Association des clubs de golf du Québec. Ça nous a ébranlés, mais ça nous a permis de nous ajuster et de faire les choses autrement.

Un homme sur un terrain de golf.

Les terrains de golf ont tous réussi à présenter leur tournoi, en les repoussant d'un mois.

Photo : Marc-André Longval

Les terrains de golf ont dû investir pour s’adapter aux nouvelles mesures sanitaires. Reste que le contexte leur a été plus favorable que bien des sports. Ils sont parmi les premiers à avoir pu recommencer leurs activités lors du déconfinement sportif printanier.

Cet automne, avec un deuxième confinement des sports et des loisirs en zone rouge, les terrains sont de nouveau des lieux fort fréquentés.

Avec la fermeture des cinémas, la fermeture des restaurants et l’interdiction de se rassembler dans les propriétés, le golf devient une activité encore plus intéressante, explique Ben Boudreau. Ajoutez à ça l’incertitude quant à l’ouverture des frontières, ça fait que bien des snowbirds retardent leur départ vers le sud et prolongent leur saison de golf.

Une clientèle plus jeune

Bien que les retraités soient encore majoritaires sur les terrains, encore plus à l’automne, les restrictions liées à la COVID-19 ont attiré une nouvelle clientèle, plus jeune, vers les terrains.

Les rondes en famille, avec enfants, parents et grands-parents, se sont multipliées. La génération des 20 à 35 ans a aussi pris les allées d’assaut. Une clientèle intéressée, mais néophyte.

Les professionnels du golf ont mis la main à la pâte pour donner des trucs et pour bien expliquer l’étiquette du golf à ces jeunes-là, se félicite Martin Ducharme. On a appris graduellement à leur montrer, sans les pousser, sans les provoquer et sans les juger. C’était très important de le faire.

On était content de les avoir, ces jeunes-là, parce qu'on courait après depuis des années et on ne parvenait pas à capter leur attention, ajoute Ducharme, directeur général du golf Château-Bromont. Ils sont venus d'eux-mêmes, parce que c'était une activité qui était sécuritaire, qui respectait la distanciation sociale et qui était plaisante.

Dans une année normale, notre terrain est plein de 8 h le matin à 14 h, ajoute Ben Boudreau. Cette nouvelle clientèle-là est souvent venue s’ajouter en fin d’après-midi pour compléter nos journées. On a même connu une journée de 720 golfeurs. C’était fantastique.

Les propriétaires croisent les doigts et espèrent que cette nouvelle clientèle sera de retour l'an prochain.

On espère que les jeunes vont revenir, déjà, un indice encourageant, c’est que les ventes de bâtons ont été excellentes, donc, cette relève-là devrait revenir au golf, explique Ben Boudreau. On va tout faire pour espérer les revoir.

Un père de famille s'apprête à conclure une partie de golf. Son fils l'observe attentivement.

Un père de famille et son fils lors d'une partie de golf.

Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer

La catastrophe pour les événements spéciaux

Les revenus générés par les activités connexes dans les clubs, comme les tournois ou les réceptions de mariage, ont toutefois connu une forte baisse en 2020.

Dans certains clubs, la restauration, l’organisation de tournoi ou encore les réceptions et les mariages représentent jusqu'à 70 % du chiffre d’affaires.

Le Parcours du cerf, par exemple, accueille normalement une quarantaine de tournois corporatifs ou caritatifs par saison, mais n’en a accueilli aucun cette année.

Tout ce qui est événementiel, ça a été zéro en 2020 et ce n’est pas rattrapable, déplore Martin Ducharme. Ce qui est perdu est perdu. Et si on regarde les livres pour 2021, ça ne s'annonce pas beaucoup plus beau. Pour l’instant, au Château-Bromont, il n’y a que deux dates réservées pour des événements spéciaux en 2021.

Il y aussi les revenus en cuisine qui ont diminué. Les clubs ont dû annuler des soirées BBQ, des brunchs du dimanche, des réunions de la chambre de commerce ou encore des 5 à 7.

Il faut arrêter de penser que tous les clubs de golf sortent millionnaires de l'année 2020, prévient Martin Ducharme. Les clubs de golf ont réussi à rentrer dans leurs frais en 2020 et ont réussi à payer des dettes qu'ils traînaient depuis des années pour la machinerie ou encore les voiturettes. Dans certains cas, ils vont enfin pouvoir réaliser des projets d'investissements sur leur terrain qu’ils ne pouvaient se permettre depuis des années.

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