•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Camille Estephan à l’école de la COVID-19

Camille Estephan

Camille Estephan

Photo : Radio-Canada / Jean-François Chabot

Jean-François Chabot

La soirée de relance de la boxe professionnelle de samedi, à Shawinigan, en fut une d’apprentissage pour le promoteur Camille Estephan, qui dit avoir péché par excès de prudence.

Dans une entrevue téléphonique avec Radio-Canada Sports, le grand patron d’Eye of the Tiger Management se dit avant tout satisfait d’avoir pu répondre à toutes les attentes de la santé publique.

Du côté de la santé, de la sécurité et des mesures contre la propagation du virus, on a vraiment frôlé la perfection. On avait un protocole qui, sur papier, était excellent, mais qui n’avait pas été testé en pratique. On a eu la visite de la santé publique durant la soirée. Ils étaient vraiment heureux de ce qu’ils ont vu.

Camille Estephan, président d'Eye of the Tiger Management

Du point de vue de l'organisation, Estephan admet qu’il y a eu erreur en ce qui a trait aux moyens mis en œuvre pour désinfecter le ring et tout ce qui l’entourait. Cela a eu pour effet d’entraîner des retards qu’il juge inacceptables entre les combats.

Chaque fois, il a fallu plus d’une heure à l’équipe de spécialistes embauchée pour l’occasion pour procéder au nettoyage et à la stérilisation complète des câbles, du tapis et de tous les recoins de l’arène avant de s’attaquer aux vestiaires et à la salle des médecins.

Le deuxième combat de la soirée a duré 27 secondes [Arslanbek Makhmudov a terrassé l’Ontarien Dillon Carman d’un seul coup de poing, NDLR]. Il a quand même fallu 1 h 8 min pour tout nettoyer encore. Je pense que la prochaine fois, on pourra le faire en 20 ou 25 minutes entre chaque combat.

À sens unique

En l’absence de spectateurs, l’ambiance faisait cruellement défaut pour cette première carte de boxe à prendre l’affiche depuis le début de la pandémie au Québec.

Là encore, Estephan défend son produit en soulignant que les sports dits majeurs comme le baseball, le basketball ou le hockey avaient aussi soufferts de ce vide.

On entendait très bien les coups de poing dans le ring. Du côté télévisuel, c’était quelque chose de bien. La seule chose, c’est que les combats n’ont pas duré longtemps.

Camille Estephan, président d'Eye of the Tiger Management

De son propre aveu, s’il espérait voir ses boxeurs l’emporter, Estephan s’attendait quand même à une meilleure opposition de la part des adversaires qu’il avait dénichés pour Lexson Mathieu, Makhmudov et David Lemieux.

Les amateurs ont apparemment bien répondu à l’appel en permettant à son webdiffuseur Punching Grace d’établir un record d’audience sur le site avec une hausse de 40 % par rapport au meilleur résultat enregistré le 7 décembre 2019, pour un gala au Centre Bell.

Au moment d'écrire ces lignes, EOTTM ne disposait pas des chiffres associés aux ventes de la télé à la carte (Vidéotron, Bell et Shaw). Mais les téléspectateurs n’ont eu droit qu’à six rounds et demi de boxe, dont un total de deux petites minutes étalées sur les deux premiers combats.

Lexson a placé le coup parfait [un coup au foie, NDLR] qu’il préparait depuis six mois avec son entraîneur. Pour Arslanbek, on avait besoin de beaucoup de rounds pour meubler la soirée. D’un autre côté, je ne voulais pas qu’il s’éternise avec Dillon Carman, parce qu’il aurait perdu de la crédibilité. Une chance, le combat entre David Lemieux et Francy Ntetu a sauvé la mise, a-t-il reconnu.

Malgré une disparité de gabarits qui aurait dû avantager Ntetu, Lemieux a totalement dominé cet affrontement face à un adversaire dépassé par la puissance de ses coups et rattrapé par sa longue absence de deux ans loin du ring.

On remet ça

C’est connu, il faut battre le fer quand il est chaud. C’est pourquoi Estephan ne veut pas laisser l’enthousiasme des amateurs se refroidir. Le promoteur apporte en ce moment les dernières touches à sa prochaine soirée de pugilat qui sera présentée quelque part au Saguenay-Lac-St-Jean, le 21 novembre.

Le lieu reste à préciser, mais selon ce que laisse entendre Estephan, cette autre soirée à huis clos ne se tiendra pas nécessairement dans un aréna.

On regarde du côté des hôtels de Chicoutimi ou encore plus au nord. On regarde même des hangars, parce qu’en fait, on n'a besoin que d’un studio de télévision. On ira au Nunavut s’il le faut. On va aller le plus au nord possible, parce que je ne veux pas avoir ce stress-là. Je préfère rester au Québec. On veut garder la business ici. C’est aussi moins complexe pour nous.

Camille Estephan, président d'Eye of the Tiger Management
L'affiche promotionnelle de la soirée du 21 novembre

L'affiche promotionnelle de la soirée EOTTM du 21 novembre

Photo : Courtoisie Eye of the Tiger Management

La soirée proposera une carte comprenant six combats, dont les premiers échanges d’un tournoi avec quatre boxeurs de la catégorie des super-légers (140 lb ou 63 kg) : Yves Junior Ulysse (18-2, 9 K.-O.), Steve Claggett (28-6-2, 18 K.-O.), Mathieu Germain (18-1, 8 K.-O.) et David Théroux (16-3, 11 K.-O.).

Un tirage au sort aura lieu mercredi afin d'établir l’ordre des combats pour les trois soirées qui seront consacrées à ce tournoi rotation d’où émergera un champion qui détiendra à la fois les ceintures NABA, NABF et WBC de la Francophonie.

Simon Kean (18-1, 17 K.-O.) sera lui aussi de la soirée. Il y affrontera Stan Surmacz (12-1, 7 K.-O.) pour le titre NABA des poids lourds. Initialement prévu sur la carte du 10 octobre, ce duel avait été remis en raison des délais de préparation trop courts. Raphaël Courchesne et Thomas Chabot devraient également être en action.

Estephan admet cependant que pour les événements qui suivront, il n’aura d’autre choix que d’aller chercher des adversaires aux États-Unis. Il faudra toutefois que ceux-ci acceptent de se soumettre, pour venir se battre au Québec, à une quarantaine de deux semaines afin de répondre aux exigences de la santé publique.

Il va sans dire que cela exigera beaucoup de bonne volonté de la part de ces boxeurs venus d’ailleurs, et des dépenses supplémentaires en frais d’hébergement de toutes sortes pour le promoteur.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !