•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La gymnastique québécoise en difficulté

Des installations de gymnastique vues d'en haut.

Un plateau de gymnastique

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Quand le gouvernement du Québec a stoppé les activités sportives organisées au début du mois d’octobre, il a porté un dur coup à des milliers de jeunes Québécoises et Québécois. L'interruption pourrait même sonner le glas de plusieurs clubs de gymnastique.

Même si le système n’est arrêté que 28 jours comme prévu, cela pourrait être fatal à certains clubs, selon le directeur général de Gymnastique Québec, Serge Castonguay.

On sort d’un confinement pour entrer dans un autre, dit-il. Des inscriptions qui devaient entrer n’entrent pas. Les conseils d’administration ne peuvent plus payer le salaire des entraîneurs. Ça commence à être un problème assez sérieux.

Habituellement, en gymnastique, on s’inscrit pour 10 semaines ou 15 semaines de cours, poursuit-il. Quand on arrête pour 28 jours, il faut soit rembourser les parents soit accorder des crédits pour une prochaine session.

Même si la santé publique dit qu’on peut reprendre en novembre, la plupart des organismes ne vont reprendre qu’en janvier. Qui sont les parents qui vont inscrire leurs enfants pour trois cours avant Noël?

Je pense qu’on va perdre une quinzaine de clubs, sinon plus…

Serge Castonguay, directeur général de Gymnastique Québec

La Fédération de gymnastique du Québec compte environ 70 000 membres. C’est l'une des plus grosses fédérations sportives de la province.

Plus de la moitié des 100 clubs se retrouvent en zone rouge, ce qui veut dire que seuls les athlètes des programmes sport-études peuvent pratiquer leur sport. Il y a donc environ 600 athlètes qui continuent leur apprentissage.

Les plus gros clubs se retrouvent avec seulement une vingtaine d’athlètes à l’entraînement présentement.

Une vingtaine d’inscriptions plutôt que quelques centaines ou même quelques milliers, c’est très peu de revenus pour payer les employés et le loyer.

Les clubs de gymnastique doivent souvent louer des locaux privés, compte tenu des grands espaces dont ils ont besoin, contrairement aux autres sports qui utilisent majoritairement des infrastructures municipales ou scolaires.

Si les clubs se retrouvent dans le pétrin, la fédération pourrait aussi être en difficulté.

On commence à plier les genoux, lance Serge Castonguay. On avait un surplus qui, avec l’assistance de la subvention de 75 % des salaires, nous a permis de passer à travers. Mais, d’ici Noël, on va commencer à tomber peut-être sur le respirateur.

Un système fragilisé

Si la question financière cause beaucoup d’ennuis aux clubs de gymnastique, d’autres défis prendront de l’ampleur avec le prolongement du confinement et la fédération de gymnastique ne sera pas la seule à être touchée, selon son directeur général.

Le système du sport québécois est vraiment fragilisé.

Serge Castonguay

On pourrait se retrouver avec une véritable pénurie de bénévoles, d’entraîneurs et d’officiels si la pause actuelle s’étire.

Il y a des bénévoles qui quittent. On a des entraîneurs et des directeurs de club qui se retrouvent sans conseil d’administration dans des clubs qui vont faire face à de gros problèmes financiers, regrette le DG.

Déjà que c’est difficile de trouver des bénévoles pour les conseils d’administration, combien il va en rester?

On a des officiels en gymnastique. Il n’y aura pas de compétitions en 2020-2021. Un an sans juger... C’est comme si on arrêtait tous les arbitres au hockey. Vous recommencez dans un an, un an et demi. Combien va-t-il en rester?

Le problème qu’on va avoir, éventuellement, quand il y aura un retour des athlètes, on ne pourra pas répondre à la demande, il n’y aura pas assez d’entraîneurs.

Serge Castonguay

Pendant que les dirigeants des clubs et de la fédération cherchent des solutions à ces problèmes, certains parents se demandent encore pourquoi on a interrompu un sport individuel où de sérieux efforts avaient été faits pour respecter la distanciation et les autres consignes nécessaires en cette période de pandémie.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !