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Chronique

Le Québec et le Canada sont de plus en plus boudés au repêchage

Un homme à un podium

Le commissaire de la LNH Gary Bettman lors du repêchage de 2020

Photo : Getty Images / Mike Stobe

On a reproché au Canadien de Montréal de ne pas repêcher davantage de jeunes joueurs québécois. Mais au-delà de la question d’identité, quand on regarde le portrait d’ensemble, on constate que la tendance est généralisée dans toute la Ligue nationale. Et ce n’est pas que l’affaire du Québec. Les jeunes Canadiens ne comptent plus que pour le tiers des hockeyeurs repêchés. Chronique en deux temps.

De moins en moins de Canadiens

Des 217 joueurs sélectionnés au repêchage cette semaine, on comptait seulement 73 Canadiens (33,8 %). L’an dernier, on a atteint un plancher avec 70 (32,3 %). En 2018, c’était 73 aussi.

En 2012 et 2013, il y en avait encore 100. On en comptait 124 en 2008. Et malgré les avantages du système universitaire américain qui développe les joueurs pendant quatre ans sans exiger de contrat, ce n’est pas aux États-Unis que se trouve l’explication de ce recul, mais plutôt en Europe.

En 10 ans

En 2010, 52 jeunes Européens ont été sélectionnés au repêchage amateur. Cinq ans plus tard, le nombre est passé à 76. Et quand on a épuisé la récolte, mercredi, c’est 93 joueurs européens qui avaient été nommés.

L’Europe, je ne vous apprendrai rien, compte les bassins reconnus de la Suède, de la Finlande et de la République tchèque. L’Europe, c’est aussi une Russie revigorée. La Ligue continentale de hockey (KHL) faisait peur il y a 10 ans. Les organisations de la Ligue nationale hésitaient à gaspiller un choix pour un joueur qui ne traverserait pas l’Atlantique. Mais la KHL a atteint ses limites financières et on a trouvé le moyen de conjuguer avec ses contrats. Le nombre de joueurs russes sélectionnés est passé de 8, en 2010, à 24, cette année.

Avec 32 joueurs, la Suède a atteint un nouveau sommet. On a déjà dit beaucoup de bien de son programme de développement. Mais les réseaux de dépistage européens se développent et vont beaucoup plus loin. Les éclaireurs de la LNH sont en Suisse depuis longtemps. Ils sont aussi au Danemark, en Norvège, au Bélarus, en Lettonie, en Slovaquie, en Allemagne et en Autriche. Ils iront au Kamtchatka si Mozart y joue.

Et pas besoin d’être Mozart, justement! Chaque année, ils repèrent en Europe quelques espoirs qu’on va choisir au 119e rang, au 153e ou même au 208e... Autant de choix qui se portaient auparavant sur des patineurs canadiens.

Les Américains?

Peu ou pas de variations chez les hockeyeurs américains. Depuis 2005, année où le nombre de tours de repêchage est passé de neuf à sept, les États-Unis ont fourni entre 42 et 64 joueurs chaque année. Il y en avait 50 cette année. On en comptait 56 l’an dernier. Ils ne causent ni ne subissent le recul des hockeyeurs canadiens.

Il place une casquette sur sa tête.

Alexis Lafrenière (centre) est le troisième joueur de l'Océanic de Rimouski à être choisi au 1er échelon depuis 1998.

Photo : Getty Images / Mike Stobe

Et le Québec?

Le Québec suit la tendance canadienne. Après avoir atteint un sommet avec 24 sélections en 2013, seuls 12 hockeyeurs québécois ont trouvé preneur cette année. C’est même tombé à 9 en 2017. Neuf joueurs, au pays de Maurice Richard, Guy Lafleur et Mario Lemieux.

L’Ontario a encore eu droit à 26 sélections mardi et mercredi. Mais c’était 50 en 2008 et 40 en 2016.

Peut-être que le problème relève davantage du programme de développement que du drapeau.

Les joueurs autonomes

Chronique en deux temps, je vous avais prévenus.

Cette seconde partie sera peut-être caduque dès midi. Les premiers élus signeront déjà des contrats remplis de zéros, d’options, de clauses de non-mouvement. Mais deux joueurs à qui leur équipe n’a pas fait d’offre m’intriguent énormément. Assez pour que je les imagine en bleu, blanc et rouge.

Gauthier

Le centre gaucher Frédérik Gauthier a 25 ans. Il étale ses 100 kg sur 1,96 m. Ce n’est pas un grand marqueur, mais il gagne plus de mises en jeu qu’il n'en perd. Coincés sous le plafond, les Maple Leafs de Toronto ne lui ont même pas soumis d’offre qualificative. Il est libre comme l’air. Dans une lutte pour un poste de quatrième centre, je suis convaincu qu’il en donnerait pour son argent à Jake Evans.

Il crie de joie vers la foule. Ces adversaires à l'arrière-plan ont la mine basse.

Frédérik Gauthier

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Athanasiou

Une énigme celui-là. Andreas Athanasiou a marqué 30 buts avec les Red Wings de Détroit en 2018-2019. Les Oilers d’Edmonton ont donné aux Wings Sam Gagner et deux choix de deuxième tour pour l’ajouter à leur formation en février. Il a 26 ans à peine. C’est un excellent patineur. C’est un poison quand il joue contre le Canadien. Les Oilers ne lui ont pourtant pas soumis d’offre. Il sera autonome à midi.

Qu’est-ce qu’il a fait de mal? À part un différentiel de -45, je veux dire. C’était sa fiche défensive à Détroit la saison dernière.

Comme Gauthier, il me semble très récupérable. Et pour pas cher.

Andreas Athanasiou

Andreas Athanasiou

Photo : Getty Images / Vaughn Ridley

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