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Mikaël Kingsbury motivé et pas rouillé à son retour sur la neige

Un skieur acrobatique dans les airs, les skis croisés

Mikaël Kingsbury est heureux d'être de retour sur ses skis

Photo : Getty Images / Matt Roberts

Depuis dix ans, jamais Mikaël Kingsbury n’avait été loin de la neige aussi longtemps que lors des six derniers mois. Après une longue pause forcée, en raison de la pandémie de COVID-19, le maître incontesté du ski acrobatique a pu renouer avec ses bottes et ses bosses en septembre, à Zermatt, en Suisse. 

Kingsbury et l’équipe canadienne sont installés au pied du mont Cervin depuis le 21 septembre. Même si l’abondance des chutes de neige sur le glacier a forcé l’annulation de plusieurs séances d’entraînement, le séjour qui tire à sa fin a été très productif, selon lui.

En quelques jours, j’ai réussi des descentes du calibre de celles que j’offre en compétition, dit-il depuis le vestibule de son hôtel à Zermatt. Je ne me sens pas nécessairement en retard parce que mon expérience me sert beaucoup. J’ai acquis beaucoup de mémoire musculaire au fil des ans et je sais quoi faire pour retrouver mon niveau.

Kingsbury avoue qu’il a ressenti un immense plaisir au simple fait d’entendre le claquement de ses bottes lorsqu’il les a fixées à ses skis la première journée. S’il a fait aller ses planches à de nombreuses reprises sur des rampes d’eau au cours des derniers mois, rien n’égale la sensation de glisse sur la neige.

Comme pour bien des athlètes, cette pause a été bénéfique physiquement et mentalement pour le nonuple champion du globe de cristal. Il a passé du temps en famille, loin des avions et des épisodes de décalage horaire, et à s’entraîner en gymnase avec l’objectif d’être dans une forme optimale à son retour en piste.

Un mal pour un bien

Ça fait que je suis gonflé à bloc, confie le skieur de Deux-Montagnes. J’ai pu penser à mes stratégies et évaluer ce que je faisais de bien et de moins bien. Je réalise à quel point j’aime mon sport et je prends moins les choses pour acquises. Je sens que je peux tourner la page et repartir avec un nouvel élan.

Il tient des trophées dans ses mains

Mikaël Kingsbury et ses globes de cristal

Photo : Mikaël Kingsbury / Twitter

Il a aussi fait beaucoup d’entraînements en rampe d’eau, question de peaufiner encore davantage ses sauts. Puisque les innovations sont limitées, il travaille à ajouter des prises de skis à ses sauts. Il a notamment le 1080 truck driver dans sa ligne de mire, une manoeuvre qu’il a déjà réussie sur la neige, mais qu’il doit travailler encore un peu pour la maîtriser en compétition. Mais ni ses sauts ni son ski ne l’inquiètent pour l’instant.

Je suis agréablement surpris de la vitesse à laquelle j’ai retrouvé mon niveau, parce que je m’attendais à être pas mal plus rouillé que ça après six mois, explique le champion olympique. Je voulais arriver dans les bosses dans la meilleure forme physique de ma vie et c’est ce que j’ai fait. Je me sentais dans mes pantoufles dès la première journée de ski. On court un peu après le temps pour reprendre le niveau et être prêt pour le début de la saison en Finlande, en décembre.

La maison, la Finlande, la Suède, puis l’inconnu

Au cours des prochains jours, Kingsbury rentrera à la maison, où il devra s’isoler pour 14 jours. Il a prévu le coup et a fait le plein d’équipement d’entraînement. Il devrait retourner en Europe à la mi-novembre, pour se préparer pour la première étape de la Coupe du monde.

Il a rendez-vous pour une épreuve en simple en Finlande, puis une course individuelle et une en parallèle la semaine du 11 décembre en Suède. Après, nouveau retour à la maison, nouvelle quarantaine, puis, c’est un peu l’inconnu.

Kingsbury ne sait pas encore ce qu’il adviendra des étapes de Coupe du monde prévues à Mont-Tremblant et à Calgary en janvier.

Ce qui est difficile, c’est que les athlètes étrangers devront faire une quarantaine en entrant au Canada et je ne sais pas comment ça va se passer. Il y a ensuite une compétition aux États-Unis, puis les Championnats du monde en Chine, en février. On se croise les doigts pour que les circonstances nous permettent de participer à ces compétitions.

Un skieur acrobatique vêtu de blanc prend la pose sur une piste devant le mont Cervin.

Mikaël Kingsbury à Zermatt en Suisse

Photo : Instagram Mikaël Kingsbury

Déjà, la COVID-19 a un peu changé les façons de faire sur les pentes, même dans un village suisse à 1600 mètres d’altitude, où les touristes se font plus rares qu’à l’habitude. Kingsbury doit porter un masque lorsqu’il utilise les trois télécabines qui mènent au glacier.

L’équipe canadienne est scindée en minibulles de quatre personnes, et Kingsbury emprunte la télécabine toujours avec les trois mêmes partenaires, avec qui il habite. Il évite aussi le plus possible les restaurants. Une fois sur la piste, la situation est pratiquement normale.

Je suis pas mal choyé d’être en Suisse, on peut se promener partout, même si on fait attention quand même, mentionne le bosseur de 28 ans. Je dirais qu’on fait plus attention que les athlètes des autres pays encore. On côtoie les autres nations dans la piste d’entraînement, mais disons que la distanciation n’est pas un problème dans notre sport. On a aussi toujours un foulard devant la bouche.

La plus grande différence, c’est que la vie sociale avec les amis des autres équipes se limite aux remontées. Un moindre mal dans les circonstances.

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