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L’éducation physique à l’école maintenue, les professeurs soulagés

Plan aérien de jeunes qui pratiquent le hockey-balle dans une cour d'école.

Des jeunes dans un cours d'éducation physique à l'extérieur

Photo : Yves Phaneuf

À compter d’aujourd’hui, les activités sportives d'équipe sont à l'arrêt dans les zones rouges au Québec. Mais les cours d’éducation physique dans les écoles, eux, sont maintenus, un soulagement pour les professeurs.

On est vraiment très satisfaits. C’était la première réaction de Véronique Marchand, directrice de la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec (FEEPEQ), à la décision du gouvernement du Québec d'exclure les cours d’éducation physique à l’école des nouvelles restrictions.

On comprend que pour certains milieux, ce sont des annonces extrêmement difficiles. Pour nous, c’est une satisfaction, car on va pouvoir maximiser nos activités. Le fait que le masque ne sera pas obligatoire durant les activités est une très grande nouvelle, car quand on augmente l’intensité des exercices, il est parfois difficile de maintenir le rythme avec le masque. On est aussi très contents de pouvoir maintenir 100 % de notre programme quand on voit que pour les sports collectifs, la nouvelle a été très difficile à prendre.

Pour celle qui dirige la destinée de plus de 5000 professeurs en éducation physique dans la province, c’est une véritable bouffée d’oxygène que l’on donne aux jeunes.

Le fait qu’on reste dans la classe-bulle, très stable et très fermée, nous permet de maintenir notre compétence à interagir et, surtout, permettre aux jeunes d’avoir des occasions d’être actifs dans leur journée scolaire, dit-elle.

Véronique Marchand comprend très bien ce resserrement des règles. Pour elle, c’est la condition pour maintenir les écoles ouvertes. Le respect de la classe-bulle a été un facteur déterminant pour maintenir l’activité physique à l’école. Si elle peut s’en réjouir, elle constate tout de même que beaucoup de jeunes seront lésés par la décision de suspendre les sports collectifs.

Je ne sais pas si c’est une récompense, j’ai de la difficulté à le voir comme ça, car d’un autre côté, on en a enlevé beaucoup aux jeunes. On ne peut pas se réjouir de cela en éducation physique parce que la portée de notre matière, c’est justement l‘activité physique et que la plupart des jeunes la retrouvent dans les sports collectifs. Et en ce moment, c’est plus difficile pour eux. On ne peut donc pas se réjouir de cela.

Véronique Marchand, directrice de la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec

La directrice de la FEEPEQ s’inquiète des conséquences de la pandémie sur les jeunes. Les problèmes de santé mentale et de sédentarité se sont accentués, fait-elle remarquer. D’ailleurs, selon une étude commandée par ParticipACTION, à peine 5 % des jeunes et 1 % des adolescents ont respecté les consignes d’activité physique sur 24 heures comparativement à 15 % avant le début de la pandémie.

C’est certain que c’est inquiétant, car tout ce qui concerne la santé mentale, la sédentarité, l’obésité, c’est vitesse grand V en ce moment, observe-t-elle. Ce qui est rassurant, c’est que le gouvernement en est conscient. M. Legault l’a très clairement dit : "Le sport, c’est important, l’activité physique, j’y crois."

On sait que l’on doit faire un effort pour quelque temps et maintenir la pression. On est conscient des problématiques et de la grosse bataille à mener contre cette pandémie-là. On a tous une main à mettre à la pâte.

Un scénario catastrophe

Le pire scénario, c’est qu’on referme les écoles, car à partir de là, on brise le lien d’enseignement. Et c’est ce lien-là qui, selon moi, est le plus important dans la réussite éducative, dit Véronique Marchand. C’est le lien présentiel qu’il faut absolument maintenir. C’est maintenant à la population à faire ce qu’il faut pour maintenir ce lien-là. Il faut que les jeunes se lèvent, aillent à l’école, changent de milieu pour pouvoir interagir.

On n’est pas rendu là. Mais s’il n’y a rien qui se passe, c’est là qu’on s’en va. Et là, il ne faut surtout pas y aller, ajoute-t-elle en hochant la tête comme pour conjurer le sort.

L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a rendu publique au mois de juin dernier une étude sur la COVID-19 et les conséquences négatives des mesures restrictives sur le développement et le bien-être des jeunes. On anticipe déjà des problèmes graves.

En raison des besoins physiologiques, psychologiques et développementaux particuliers des jeunes, les effets anticipés pourraient s’avérer plus problématiques et durables que ceux observés chez les adultes, comme le sentiment de solitude ou d’ennui, une hausse des symptômes d’anxiété et du stress, peut-on lire.

Même si on ne connaît pas encore les véritables conséquences qu’aura la pandémie sur le développement des enfants et des jeunes, l’INESSS, révèle dans son étude que les mesures restrictives prescrites pour faire face à la pandémie de la COVID-19 engendrent de nombreux effets délétères sur l’éducation des jeunes, leur bien-être et leur sécurité, en plus d’effriter leurs liens sociaux et de perturber ou nuire à leur développement.

La seule chose qui est certaine, c’est qu’il n’est plus à prouver que le sport et l’activité physique ont un effet direct sur le bien-être des gens. En ce qui concerne les jeunes, la plupart des spécialistes s’accordent pour dire que les cours d’éducation physique sont plus que nécessaires à leur développement et, surtout à leur équilibre.

Les maintenir fait donc partie de la solution.

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