•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Chronique

L’impressionnant tour du chapeau automnal de Marc Bergevin

Il répond aux questions des journalistes.

Marc Bergevin

Photo : Radio-Canada / Jean-François Vachon

Il y a très longtemps qu’un directeur général du Canadien de Montréal n’a pas connu une saison morte aussi productive que cette année. Marc Bergevin travaille avec une précision chirurgicale depuis que la saison de son équipe a pris fin dans la bulle de Toronto. Et sa formation aura bien meilleure mine la saison prochaine.

Mardi, à quelques heures du repêchage, le DG montréalais a conclu un impressionnant échange en cédant Max Domi et un choix de troisième tour aux Blue Jackets de Columbus pour obtenir l’un des plus efficaces attaquants de puissance de la LNH, l’ailier droit Josh Anderson.

L'attaquant de 26 ans mesure 1,91 m (6 pi 3 po) et pèse 100 kg (222 lb). Il a vu sa saison 2019-2020 dérailler en raison d’une vilaine blessure à une épaule qui a nécessité une intervention chirurgicale et qui l’a limité à seulement 26 matchs. Au cours des trois saisons précédentes (de 2016 à 2019), Anderson a toutefois inscrit 63 buts et 43 mentions d’aide en 223 rencontres, soit une moyenne de 23 buts et 15 passes par tranche de 82 matchs.

Au cours de ces trois saisons, Anderson a marqué 57 buts à forces égales. C’est seulement un de moins que Brayden Point et Jamie Benn, et trois de moins que Brendan Gallagher et Mark Stone.

En tenant pour acquis qu’Anderson est complètement remis de l’intervention chirurgicale qu’il a subie en mars dernier (un confrère de Columbus a indiqué qu’il s’apprêtait à revenir au jeu en séries à Toronto), le CH accueille donc un patineur sur le point d’entamer les meilleures années de sa carrière.

Anderson est un patineur dynamique, robuste et capable de marquer des buts. Il est aussi fiable en défense, ce qui ne déplaira pas à ses nouveaux entraîneurs. Son différentiel de +36 a été le 3e chez les Blue Jackets à ses trois dernières saisons complètes.

Son arrivée comble un besoin criant du Tricolore, dont la formation, outre le Finlandais Joel Armia, était dépourvue de gabarits imposants sur les ailes. Sans oublier le fait qu’Armia ne pratique pas un style physique.

Le Canadien, rappelons-le, est l’organisation qui a employé le plus grand nombre de petits joueurs (5 pi 10 po ou 1,78 m et moins) au cours des dernières années dans la LNH. Cette lacune a souvent été exploitée par les équipes adverses, particulièrement dans les matchs à caractère défensif où l’espace de manœuvre est restreint.

Les attaquants de puissance sont importants et très recherchés. En février dernier, Julien BriseBois avait sacrifié un choix de premier tour pour acquérir Barclay Goodrow, un ailier de puissance dont les habiletés offensives ne se comparent pas à celles de Josh Anderson. Tom Wilson, qui est probablement l’ailier de puissance par excellence de la LNH, joue un rôle de premier plan pour les Capitals de Washington. Le jeune Roope Hintz, 23 ans, est devenu un joueur important dans la hiérarchie des Stars de Dallas, qui viennent d’atteindre la finale de la Coupe Stanley.

Pour obtenir un joueur de cette trempe, il a fallu sacrifier Max Domi, un joueur de petite taille. Claude Julien n’avait plus de place à offrir à Domi au centre de l’un de ses deux premiers trios en raison de la présence de Phillip Danault et de l’émergence de Nick Suzuki. Et pour l’organisation, il n’était certainement pas question de freiner le développement ni la progression de Jesperi Kotkaniemi.

***

Domi est admissible à l’arbitrage salarial. Il a récolté 72 points, dont 28 buts, il y a deux ans. Cette saison, il a enchaîné avec une récolte de 44 points (17 buts) et il s’est avéré la plus grande déception de la formation montréalaise.

Sur la patinoire, ses nombreux choix de jeu à faible pourcentage de réussite semblaient souvent destinés à engraisser sa fiche personnelle. La direction a probablement décroché dans son cas quand Claude Julien l’a muté à l’aile, sa position naturelle, en cours de saison et que Domi a réagi en levant le pied pour démontrer son insatisfaction. Durant les séries à Toronto, il jouait dans le quatrième trio malgré le fait que l’équipe était désespérément à la recherche de buts.

Bref, il ne faisait plus partie des plans.

Et malgré tout ce qui précède, sa saison de 72 points le rendra admissible à un salaire avoisinant les cinq millions de dollars la saison prochaine, si sa cause est entendue par un arbitre. Qui voudrait payer un centre de quatrième trio (ou un ailier malheureux) à 5 millions par saison dans le contexte économique actuel de la LNH?

Parmi tous les attaquants disponibles sur le marché des échanges, Josh Anderson était probablement celui qui répondait le plus au profil de joueurs recherchés par le Bleu-blanc-rouge en raison de son âge, de son style de jeu, de la faiblesse du flanc droit de l’équipe et de la marge de manœuvre financière dont disposait Bergevin.

Il s’agit en quelque sorte d'un coup parfait.

Anderson est aussi admissible à l’arbitrage salarial. Mais il serait très étonnant que cet échange ait été conclu sans que le DG ait obtenu l’assurance de pouvoir conclure une entente de plusieurs saisons avec lui.

***

L’acquisition d’Anderson complète en quelque sorte un tour du chapeau automnal pour la direction du CH, qui est parvenue à corriger, coup sur coup, trois lacunes majeures qui empêchaient l’équipe d’aspirer sérieusement aux séries de la Coupe Stanley.

Très méthodiquement, Bergevin s’était dépêché d'obtenir le gardien Jake Allen, des Blues de Saint Louis, dès la fin du parcours éliminatoire de son équipe.

La présence d’Allen coûtera cher (4,35 M$), mais elle permettra enfin, pense-t-on, de réduire la charge de travail de Carey Price et d’offrir une stabilité à l’équipe devant le filet, soir après soir. Price a été le gardien de la LNH le plus utilisé au cours des deux dernières saisons.

Ensuite, le DG montréalais a fait un échange avec les Hurricanes de la Caroline pour obtenir les droits de négociation du défenseur Joel Edmundson. Dans le cas d’Edmundson, la faiblesse du flanc gauche a été corrigée, en plus de l’arrivée du jeune Russe Alexander Romanov. Le thème de la robustesse et de la présence physique était encore au centre de la décision.

Cet arrière imposant (6 pi 4 po et 215 lb ou 1,93 m et 97,5 kg) se joindra à une brigade défensive qui compte déjà Shea Weber (6 pi 4 po et 230 lb ou 1,93 m et 104 kg), Jeff Petry (6 pi 3 po et 201 lb ou 1,91 m et 91 kg) et Ben Chiarot (6 pi 3 po et 225 lb ou 1,91 m et 102 kg).

Il sera désormais un peu plus douloureux de pénétrer dans le territoire du Tricolore. Et Romanov ne laissera pas sa place non plus.

L'équipe misera sur sa meilleure brigade défensive depuis le massacre du flanc gauche survenu durant l’été 2017 et qui avait vu, en l’espace de quelques jours, Andrei Markov, Alexei Emelin et Mikhail Sergachev quitter l’organisation.

Il reste encore quelques trous à combler dans le quatrième trio. Et Bergevin se tournera vraisemblablement vers un ou deux vétérans quand le marché de l’autonomie s’ouvrira. Mais dans l’ensemble, le CH ressemble désormais à une véritable équipe de hockey de la LNH.

Le déclin de l’empire du Canadien est probablement terminé. Ce qui se passe cet automne a de fortes allures de renaissance.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !