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Les réflecteurs sur la LHJMQ au repêchage de la LNH

Il regarde en l'air.

Le Québécois Alexis Lafrenière est pressenti depuis plusieurs années pour être repêché au 1er rang de l'encan amateur de la LNH en 2020.

Photo : La Presse canadienne / Peter Power

En perte de vitesse au repêchage de la LNH depuis quelques années, le hockey junior majeur québécois sera bien en vue dans la cohorte de 2020. D'autant plus que l'un de ses joueurs est l'espoir le plus prisé.

À moins d'un revirement de situation inouï, un espoir du circuit Courteau sera sélectionné au premier rang par les Rangers de New York, heureux vainqueurs de la loterie Alexis Lafrenière en août. Et ils seront plusieurs de la LHJMQ à être dans son sillage.

C'est vraiment une bonne année pour la LHJMQ, non seulement au premier tour, mais à travers le repêchage. Il y a une belle profondeur, il y a des joueurs qui pourraient sortir un peu partout dans le repêchage [...] En ce qui a trait au talent, au potentiel, il y a un nombre intéressant [de joueurs] qui pourrait sortir au premier tour, mentionne Jean-François Damphousse, dépisteur de la centrale de recrutement de la LNH.

Si la logique est respectée, et que Lafrenière est le chef de file, le prolifique ailier gauche deviendrait le sixième représentant de la LHJMQ à réaliser pareil exploit en 22 ans, et le troisième de l’Océanic de Rimouski.

Vincent Lecavalier a lancé le bal (1998), suivi de Sidney Crosby (2005). Michel Germain, le descripteur des matchs de l’Océanic depuis 1995, s’est retrouvé aux premières loges pour voir l'ascension de chacun d’entre eux, sans oublier celle de Brad Richards, un choix plus tardif de la cuvée de Lecavalier.

Si on veut faire le parallèle avec les trois autres grosses vedettes dans l’histoire de l’Océanic, c’est sûr qu’Alexis Lafrenière est une personnalité unique. Vincent Lecavalier était très, très timide, très gêné à son arrivée à Rimouski [...] Brad Richards ne gaspillait jamais une parole. Quand Brad parlait, c’était important, il n’y avait pas de superflu. Sidney Crosby, c’était un peu la même chose, mais il était un peu plus extraverti. Lafrenière, c’est le contraste un peu. Il a toujours le sourire aux lèvres, qui est toujours de bonne humeur, qui montait à bord de l’autobus content, qui va raconter une blague, qui salue avec le sourire d’une oreille à l’autre. C’est vraiment une personnalité différente des trois autres à ce niveau.

Une citation de :Michel Germain, descripteur des matchs de l'Océanic de Rimouski depuis 1995

Il était capable de tout faire de la bonne façon sur la patinoire, à la manière de Brad Richards, décrit Michel Germain

L'encan qui devait d'abord se dérouler au Centre de Bell à Montréal, puis redirigé vers un format virtuel, aurait revêtu un cachet particulier pour Lafrenière, originaire de Saint-Eustache, n'eût été la crise sanitaire. Une vive déception pour le principal intéressé qui sera vite oubliée lorsque sa sélection sera officialisée.

Il est assis au banc des joueurs.

Alexis Lafrenière a été nommé joueur par excellence du mondial junior et de la Ligue canadienne de hockey en 2020.

Photo : Océanic de Rimouski / Iften Redjah

Vers une récolte faste

Dans l’ombre de Lafrenière se trouve un bassin d’espoirs forts talentueux du circuit Courteau qui pique l’intérêt des recruteurs des équipes de la Ligue nationaley.

Les organisations ont suivi avec une grande attention les faits et gestes des attaquants Mavrik Bourque, Hendrix Lapierre et Dawson Mercer, de même que les défenseurs Justin Barron et autres Jérémie Poirier, tous susceptibles d’entendre leur nom être prononcé à l’écran bien plus tôt que tard.

La cohorte de Lecavalier, où sept porte-couleurs de la LHJMQ ont été repêchés au tour initial, un record en un demi-siècle d’histoire, devrait demeurer la référence. Il ne faudrait toutefois pas s’étonner si cinq, voire six joueurs du circuit Courteau étaient choisis au cours de la première journée de l’encan, ce qui serait une hausse par rapport aux quatre dernières années (2, 4, 2 et 2).

Premiers choix provenant de la LHJMQ en 1998

  • Vincent Lecavalier (1er), de l’Océanic de Rimouski au Lightning de Tampa Bay
  • Alex Tanguay (12e), des Mooseheads de Halifax à l’Avalanche du Colorado
  • Mathieu Chouinard (15e), des Cataractes de Shawinigan aux Sénateurs d’Ottawa
  • Éric Chouinard (16e), des Remparts de Québec au Canadien de Montréal
  • Mathieu Biron (21e), des Cataractes de Shawinigan aux Kings de Los Angeles
  • Simon Gagné (22e), des Remparts de Québec aux Flyers de Philadelphie
  • Jiri Fischer (25e), des Olympiques de Hull aux Red Wings de Détroit

Mercer, Lapierre, Cormier, Barron, Bourque, ce sont des individus extraordinaires, des personnes fantastiques, des étudiants hors pair, des gars à leur affaire, indique un dépisteur amateur d’une équipe de l’Est qui désire conserver l’anonymat.

L'intelligence de Mavrik Bourque sur la patinoire et sa réactivité dans le cours de l'action font en sorte qu'il rend tous les gars autour de lui meilleurs, il est tout seul à Shawinigan depuis deux ans, dit un autre recruteur d'une formation de l'Ouest qui le voit sortir au premier tour.

Sa vision du jeu hors norme et son flair offensif compensent des lacunes concernant son coup de patin. Il produit, il aide les autres. C'était la même histoire dans le midget AAA. Il est ailleurs, enchaîne-t-il.

Un joueur patine avec la rondelle.

Mavrik Bourque (no 22) est l'espoir le mieux classé des Cataractes de Shawinigan, suivi de Vasily Ponomarev, qui a impressionné à son baptême du feu dans la LHJMQ.

Photo : Cataractes de Shawinigan

Malgé son fort potentiel, de grandes interrogations subsistent au sujet de Jérémie Poirier, mentionnent les recruteurs avec lesquels Radio-Canada Sports s’est entretenus.

Personne ne veut faire d’erreurs. Tu as plus de chances de faire d’erreurs avec Poirier qu’avec les autres. Mais à la fin, peut-être que c’est Poirier qui va jouer le plus longtemps dans la Ligue nationale, déclare un dépisteur de l'Est. Si tu vas au casino et que tu mets de l’argent sur toutes les roulettes, tu vas gagner. Mais tu vas en perdre plus.

Ce n’est pas le même genre de gars en termes d’engagement et de personnalité. C’est un bon gars, c’est le fun de jaser avec lui, mais il est plus fly-by-night. Ces gars-là, souvent, finissent par jouer, mais avec tous les défauts qu’on voit : son patin arrière, son désir de jouer défensif. Quand il a la rondelle, il est capable de la monter, il aime ça faire des points. Souvent, ces gars-là réussissent à passer. Mais ce qu’ils sont fait en sorte qu’ils reculent.

Une citation de :Dépisteur amateur d'une équipe de l'Est

Il y a aussi des doutes sur ses aptitudes offensives. Des experts établissent même des comparatifs à cet égard entre l’arrière des Sea Dogs de Saint-Jean et un ancien de l’organisation néo-brunswickoise, et non le moindre, Thomas Chabot.

Jérémie a eu une saison extraordinaire, c’était le fun à voir, à 17 ans en plus. C’est difficile à faire dans cette ligue-là, dit Chabot en faisant référence aux 20 buts et 33 passes de Poirier lors de la dernière campagne, des statistiques supérieures aux siennes au même âge.

Le cas Lapierre

Joueur de centre au talent indéniable, Hendrix Lapierre représente à son tour un risque, mais pour une raison tout autre, hors de son contrôle. Le dossier médical du fabricant de jeu hors pair préoccupe les spécialistes.

Des blessures cérébrales et cervicales subies en 2019 l’ont privé d’une quantité de matchs en deux campagnes dans la LHJMQ, sans pour autant ralentir sa volonté à en faire plus que les autres, note l’ancien instructeur des habiletés de Lapierre avec les Saguenéens de Chicoutimi, Xavier Boucher.

La passion et la maturité que Lapierre a su manifester durant le long processus de guérison ont bien impressionné l’entraîneur-chef des habiletés de l’entreprise Optimize Sport, à Trois-Rivières, et c’est pour cette raison qu’il percera dans la LNH.

Les deux hommes ont étroitement travaillé avec Lapierre pendant sa longue convalescence. Le joueur avait le feu vert pour exercer ses habiletés, et il s’est attardé sans relâche à la pratique de son tir du poignet et du lancer frapper, un élément qu’il devait améliorer avant son premier camp professionnel.

Un dépisteur d’une formation de l’Ouest fait état d'un peu d’incertitudes au sujet du Québécois qui n’a disputé que 69 rencontres sur une possibilité de 131 en saison avec les Saguenéens. Il confirme que les équipes ont quand même une petite crainte et que les observations du département médical pèseront lourd dans la balance.

Un autre éclaireur affirme que Lapierre est revenu à son niveau optimal à la lumière de ses récentes prestations lors de matchs préparatoires dans la LHJMQ et en lever de rideau de la saison. L'habile attaquant a vraiment consolidé sa place au premier tour, dans les 20 premiers choix, sans aucun doute, en montrant qu'il n'était pas incommodé par ses graves blessures.

Deux équipes s'affrontent sur la patinoire.

Les coéquipiers Hendrix Lapierre (no 92) et Dawson Mercer (no 19) figurent parmi les meilleurs espoirs de la LHJMQ.

Photo : André Émond

À l'inverse, son coéquipier Dawson Mercer est considéré comme un espoir sûr, les risques à son endroit étant minimes en comparaison avec Lapierre. Les probabilités que Mercer fasse sa place comme joueur offensif dans la Ligue nationale sont cependant bien peu élevées, sans rien enlever à la besogne qu'abat le polyvalent centre dans les trois zones.

Il ne fait pas dans la dentelle. Il est compétitif, a une discipline sans reproche et des aptitudes innées dont raffolent les recruteurs, assurent deux d'entre eux.

Échangé contre Mercer en milieu de saison 2019-2020, William Dufour s'est dirigé vers les Voltigeurs de Drummondville. Un nouvel environnement profitable et salutaire pour l'ailier droit, en ascension depuis qu'il a quitté le Saguenay, passant de la 99e à la 69e position du classement de la centrale de recrutement de la LNH.

Malgré une très, très bonne progression de Dufour dans les 12 derniers mois, principalement après le temps des Fêtes, note Damphousse, il serait bien surprenant de le voir faire son apparition au premier tour. N'empêche, il a su assez épater la galerie.

Il a vraiment eu une deuxième moitié de saison exceptionnelle. On l'avait sur nos listes en début de saison, mais il était un peu plus loin. De la façon dont il a joué, ça nous a forcé la main pour améliorer son rang. C'est quelqu'un qui a un gros gabarit, a beaucoup amélioré son patin et a marqué beaucoup de buts cette année.

(Avec les informations d'Alexandre Gascon)

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