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Accusation d'agression sexuelle contre Richard Gauthier : le milieu du patinage ébranlé

Richard Gauthier

Richard Gauthier

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Michel Chabot

Le monde du patinage artistique canadien est secoué par une nouvelle troublante depuis vendredi matin parce que l’entraîneur Richard Gauthier a été accusé d’agression sexuelle.

Les gestes qui lui sont reprochés, peut-on lire dans La Presse vendredi, remontent aux années 1980. Ils ont été commis envers un jeune patineur dont les initiales sont P. D. et qui était âgé de 11 à 19 ans quand Gauthier lui enseignait.

Un mandat d’arrêt a été déposé contre l’entraîneur mercredi et c’est la Section des agressions sexuelles du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui est responsable du dossier. M. Gauthier aurait à se présenter devant un juge au cours des prochains jours. Le corps policier doit d’abord vérifier si d’autres victimes se manifesteront.

L’ancien patineur Charlie Bilodeau a été surpris d’apprendre cette nouvelle, lui qui a brièvement patiné sous l’égide de l’accusé, à sa dernière année de compétition.

De ma propre expérience, avec cet entraîneur-là, il n’y a jamais eu rien de déplacé ou quoi que ce soit. Alors ç’a été une surprise ce matin en voyant ça.

J’étais plus qu’interloqué, a pour sa part dit l’entraîneur et analyste à la télévision Alain Goldberg. Je n’ai jamais vu Richard poser des gestes ou avoir des attitudes qui pouvaient laisser augurer une telle chose.

Richard Gauthier avait une réputation enviable. Il a même été intronisé au Temple de la renommée du patinage artistique en 2017 à 55 ans.

C’est certain que cette nouvelle-là va créer une onde de choc dans l’univers du patin, a souligné Bilodeau. C’est un entraîneur vraiment reconnu qui exerçait son métier à travers le monde depuis des années. Mais j’espère tout de même que ça va pouvoir permettre aux gens de se questionner sur les comportements inacceptables. Je crois qu’on a tous à apprendre de ça.

Selon Alain Goldberg, Patinage Canada se montre vigilante envers les entraîneurs qui travaillent au pays même s’il reconnaît que d’autres gestes de prévention pourraient être intégrés dans la structure sportive.

Tous les deux ans, quand on s’inscrit à l’Association canadienne des entraîneurs, ils font une vérification, c’est-à-dire que vous les autorisez à ce qu’on fouille dans votre casier judiciaire pour voir si vous avez des antécédents. Patinage Canada fait un travail très sérieux pour essayer de protéger les enfants. On ne peut strictement rien leur reprocher.

Il faudrait qu’il y ait une personne responsable dans chaque club ou dans chaque fédération, a ajouté M. Goldberg. Quelqu’un qui est capable de prendre les plaintes des enfants au cas où quelque chose se produise, qu’il puisse y avoir immédiatement une enquête qui permet de protéger les jeunes. Ce serait encore plus proactif.

Charlie Bilodeau rappelle, quant à lui, que les jeunes disposent de certains moyens pour dénoncer des actes répréhensibles dont ils sont victimes.

Depuis plusieurs années, il y a sports-sans-abus.ca qui est là pour prévenir et faire en sorte que les abus de toutes sortes soient dénoncés et que les athlètes et les entraîneurs puissent évoluer dans un milieu sain. Est-ce qu’il pourrait y avoir plus de mesures? Certainement, il y a du progrès à faire comme dans tous les milieux.

Selon Alain Goldberg, cette nouvelle minera la confiance des parents envers les entraîneurs. Il estime également que le problème est complexe et qu'il n'est pas facile d’enrayer complètement les gestes abusifs dans le monde du sport.

Est-ce qu’il faudrait faire des tests psychologiques? Je ne sais pas jusqu’où on peut aller, mais c’est évident que ce sera très difficile à contrôler.

Il faut que dans l’éducation des entraîneurs on parle de ce sujet et qu’on leur dise : "Vous devez avoir tel comportement et telle attitude, vous devez éviter ce chemin-là pour qu’il n’y ait pas d’équivoque."

Avec les informations d'Olivier Pellerin

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