•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Peut-on rester actif lorsqu'on est atteint d'un cancer?

Une femme au crâne rasé regarde à sa droite.

Quelque 220 000 Canadiens ont reçu un diagnostic de cancer l'an dernier.

Photo : EvantoElements / francescoridolfi.com

Christine Roger

Chimiothérapie, radiothérapie, opérations… si vous faites partie des 220 000 Canadiens qui ont reçu un diagnostic de cancer l’an dernier, faire de l’activité physique pourrait métamorphoser votre quotidien.

Selon la Société canadienne du cancer, l’activité physique pratiquée pendant les traitements permettrait notamment d’améliorer le sommeil, d’abaisser la tension artérielle et d’atténuer les effets secondaires.

Même si vous avez mal partout, une séance d’exercices adaptée à votre situation peut vous aider à récupérer plus vite et à éprouver moins de fatigue, explique la kinésiologue Julie Graham, qui offre un programme spécialement pour les personnes atteintes d'un cancer.

Au cours des dernières années, plusieurs études ont été publiées (Nouvelle fenêtre) sur le sujet.

Un groupe de chercheurs danois (Nouvelle fenêtre) s’est penché sur l’impact du sport pendant les traitements de chimiothérapie. Pendant six semaines, 23 patients de 18 à 65 ans ont suivi un programme adapté. Les résultats sont probants.

Non seulement leurs résultats au test de VO2max se sont considérablement améliorés, mais les chercheurs ont aussi remarqué que les patients avaient, de façon générale, une meilleure qualité de vie. Selon eux, un programme d’entraînement alliant des exercices à haute et à faible intensité peut être utilisé afin de prévenir ou de réduire les effets indésirables liés aux traitements de chimiothérapie.

Les différents traitements et la sédentarité fréquente chez les patients peuvent amener une perte de masse musculaire et de densité minérale osseuse. Pratiquer de la musculation régulièrement peut aider à réduire ces conséquences, voire les empêcher dans certains cas.

Julie Graham, kinésiologue et propriétaire de Kinik

Il a été prouvé que les traitements de chimiothérapie et de radiothérapie peuvent endommager le système cardiovasculaire et pulmonaire, et même causer des séquelles à long terme.

Récemment, la littérature dans le domaine démontre que l’activité physique pourrait aider à prévenir le développement d’insuffisance cardiaque ou d’arythmie. Côté pulmonaire, on a moins d’impact, mais on peut assurer un meilleur fonctionnement de la périphérie (muscles et système circulatoire), explique Julie Graham.

Les bienfaits liés à l’activité physique seraient sensiblement les mêmes quand il s'agit de cancers pédiatriques. Un énoncé scientifique québécois (Nouvelle fenêtre) révèle en effet qu’un programme composé de deux séances de sport de 45 minutes par semaine, pendant six semaines, et à intensité modérée améliorerait la santé physique et psychologique des enfants atteints.

Outre les améliorations possibles sur le plan physique, l’impact psychologique n’est certainement pas à négliger.

Physiologiquement parlant, faire des exercices libère la sérotonine et des endorphines, les hormones du plaisir. De plus, gagner un peu de muscle quand tu en as perdu beaucoup peut aider à reprendre confiance en soi, reconnaît la kinésiologue.

Garder aussi une activité normale dans la vie des gens qui font des traitements pour le cancer peut être valorisant, en plus de leur permettre de rencontrer d’autres personnes, ajoute-t-elle.

Un homme est assis dans des marches et attache ses souliers.

Un homme est assis dans des marches et attache ses souliers.

Photo : EvantoElements

C'est dans cette optique que plusieurs kinésiologues offrent maintenant des programmes adaptés, en partenariat avec la Fondation québécoise du cancer (Nouvelle fenêtre), qui sont offerts gratuitement aux personnes atteintes de la maladie.

Il s’agit de programmes toujours adaptés et personnalisés. Si la personne peut faire 100 m à pied, le professionnel part de là. La période des traitements peut être difficile, mais il faut s’occuper du corps et de l’esprit. Le cancer ne doit pas prendre toute la place, mentionne Marco Décelles, directeur général de la Fondation québécoise du cancer.

Si l’idée de faire de l’activité physique semble logique, elle peut être difficile à mettre en pratique. Quand vous subissez des traitements, que votre système immunitaire est à plat et que votre réservoir d’énergie est complètement vide, n’est-ce pas utopique d’ajouter un entraînement à votre horaire?

Il est important de s’écouter, mais pas trop, dit Julie Graham. Les traitements vont utiliser beaucoup d’énergie pendant et après. Pendant cette période, les personnes préfèrent ne rien faire, mais il faut se rappeler que lorsqu’on ne fait rien, on perd rapidement de la masse musculaire et des fonctions cardiovasculaires.

Évidemment, il est primordial d’être à l’écoute de votre corps et de suivre les recommandations de votre médecin. Si l’activité physique est recommandée la majorité du temps, il existe tout de même certaines exceptions.

Il faut éviter le sport lorsqu’il y a présence de fièvre, de nausées ou de vomissements, ou lorsque la fatigue est tellement importante que vous êtes dans l’incapacité de sortir du lit, explique la kinésiologue.

En cas d’anémie, on veut éviter les efforts trop intenses qui ont une grande demande en énergie et en oxygène. Si l’anémie est sévère et nouvelle, l’entraînement est à proscrire.

En situation de neutropénie, il sera primordial d’éviter les piscines ou les salles d’entraînement afin de réduire au maximum les risques d’infection. Si vous souffrez de thrombocytopénie, les sports de contact ou les entraînements avec poids et haltères pourraient vous être déconseillés afin d’éviter les chances de saignements abondants.

Si la personne a des douleurs à la poitrine importantes à l’effort et qu’elle n’a jamais été évaluée au niveau cardiaque, je vais lui suggérer d’arrêter les entraînements, souligne Julie Graham.

Par où commencer? Un kinésiologue pourra vous proposer un programme adapté. Les sports de contact étant déconseillés, la marche, le vélo stationnaire ou des exercices de musculation seront privilégiés. Il faut avant tout que les exercices soient simples, faciles d’accès et sans risques.

La clé est d’avoir de courtes périodes d’activité entrecoupées d’activités récupératrices. Il faut changer sa mentalité où l’important est de performer. Il ne faut pas épuiser complètement votre énergie, mais plutôt la voir comme une courbe. L’activité physique va faire diminuer l’énergie, et l’activité récupératrice va la faire remonter. On veut toujours rester dans des courbes acceptables, mentionne Julie Graham.

Si la Société canadienne du cancer recommande (Nouvelle fenêtre) 30 minutes d’activité physique quotidiennement, ce n’est peut-être pas une recette qui peut s’appliquer à tous. Le niveau d’énergie et les capacités physiques pendant les traitements vont varier d’une personne à l’autre.

On recommande de bouger un peu tous les jours, idéalement pour un total de 100 minutes par semaine. Certaines semaines, il sera possible d’atteindre les recommandations, d’autres non, et c’est tout à fait normal!

Les objectifs seront de maintenir un niveau de fonctionnalité, de garder une certaine autonomie et d’assurer une qualité de vie.

Peu importe l’intensité ou le type d’entraînement, peu importe votre niveau d’énergie ou la progression de votre maladie, l’important est avant tout de demeurer actif.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !