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Repêchage LNH : prédire les 10 premiers choix

Il tient son bâton dans sa main gauche.

Alexis Lafrenière

Photo : La Presse canadienne / Peter Power

Par définition imprévisible, ce repêchage pourrait l’être davantage encore étant donné les circonstances exceptionnelles imposées aux recruteurs ces derniers mois. On ne s'empêchera pas de s'amuser pour autant.

Dans la majorité des cas, les listes des 31 équipes de la LNH étaient presque complètes quand la pandémie a frappé à la mi-mars. Les entrevues avec les joueurs, la prise de contact avec leur entourage, l’évaluation sur et hors glace, tout cela achevait déjà, nous racontaient des hommes de terrain il y a quelques mois.

La vidéo a pris le pas pendant cette longue attente. Certains ont maintenant un peu de viande à se mettre sous la dent avec le calendrier préparatoire dans la LHJMQ ou les ligues européennes qui ont relancé leurs activités.

Qu’est-ce que cette évaluation tronquée des derniers mois changera au bout du compte? Peu de chose, ont répondu en chœur les cinq recruteurs joints pour l’exercice.

L’un d’entre eux a toutefois évoqué que quelques espoirs ont pu profiter, façon de parler, de la pandémie pour rehausser leur cote. C’est rare, nous explique-t-on, qu’un joueur perde du galon en raison du Championnat mondial U-18 ou d’une prestation dans les séries, mais il peut en gagner.

Les recruteurs ont fait davantage de recherches cette saison et ont pu s’attarder plus longuement au souci du détail, à la minutie des joueurs épiés. Certains, racontait un homme de l’Ouest, ont ainsi grimpé de quelques rangs.

Les listes diffèrent d’une table à l’autre, mais pas nécessairement plus qu’à l’habitude.

Plus imprévisible par rapport à quoi? Pour moi, un repêchage est tout le temps imprévisible. Il y a des joueurs qui sont repêchés en première, deuxième, troisième ronde, des joueurs que quand tu entends le nom tu fais : "Hein?"

Une citation de :Un dépisteur

Pour le plaisir de la chose, l’on a demandé à quelques spécialistes d’établir leur top 10 du repêchage du 6 octobre prochain. Trois d’entre eux ont accepté d’établir un classement.

Les noms se ressemblent tous, ce qui n’étonne guère, mais l’ordre varie puisque, après le top 3, c’est comme une sorte de regroupement.

Les neuf suivants, on les évalue en grappe. Tous ces gars-là vont être dans une grappe considérés comme des A- ou des B+. Nos systèmes d’évaluation se ressemblent tous dans la Ligue nationale. Quand c’est dans la même grappe, une équipe va penser à sa vision. Si ta vision c’est les joueurs de centre qui te font gagner ou un très bon défenseur mobile en arrière, ils vont choisir en conséquence, a fait valoir un dépisteur d’une formation de l’Est.

Les plus sagaces auront remarqué que le choix du CH, 16e, ne s’y retrouvera pas. Nul besoin de suffoquer, nous avons déjà disséqué la question.

Recruteur 1

  1. NYR - Alexis Lafrenière
  2. LAK - Quinton Byfield
  3. OTT - Tim Stuetzle
  4. DET - Cole Perfetti
  5. OTT - Jamie Drysdale
  6. ANA - Lucas Raymond
  7. NJD - Marco Rossi
  8. BUF - Alexander Holtz
  9. MIN - Yaroslav Askarov
  10. WPG - Jake Sanderson

Dès le deuxième choix, les choses prennent une intéressante tournure. Il y a à choisir entre un ailier explosif bourré de talent et un centre productif à l’imposante stature. Les trois premiers choix font consensus. C’est à partir du 4e rang que ça se complique et, bien sûr, on n’est jamais à l’abri d’un John Chayka qui sort un Barrett Hayton de son chapeau et fait voler en éclat le plan de match de tout un chacun.

Voici l’explication derrière ce premier tableau :

« J’irais avec Quinton Byfield simplement parce que c’est un joueur de centre. Difficile à départager sinon.

Au 4e rang, je pense que [Steve] Yzerman va y aller pour un joueur de centre ou un défenseur. Mais je pense qu’il va essayer d’aller chercher un défenseur sur le marché. À ce moment-là, il va chercher Perfetti. Un gars qui a un très bon sens du jeu et qui compétitionne. Son dilemme va être là. Je pense que c’est lui qui a le plus de potentiel, mais ce n’est pas un grand patineur et, ça, ça fatigue tous les directeurs généraux de la Ligue nationale.

Au 5e rang, Jamie Drysdale est un superbe patineur et, je pense, le meilleur des deux défenseurs [l’autre étant Jake Sanderson, NDLR].

Ensuite, je pense qu’à partir de là, les patrons vont y aller avec celui qui offre les plus belles promesses. Donc, dans l’ordre, Lucas Raymond, Marco Rossi et Alexander Holtz.

Et le gardien [Yaroslav Askarov, NDLR], dans mon cœur, il n’y a pas de doutes, il est là. Quelqu’un ne le laissera pas passer. C’est le modèle Andrei Vasilevskiy, mais gaucher au lieu de droitier. À ce moment du repêchage, je ne vois pas qui a plus de potentiel que lui. »

Recruteur 2

  1. NYR - Alexis Lafrenière
  2. LAK – Quinton Byfield
  3. OTT – Tim Stuetzle
  4. DET - Jake Sanderson
  5. OTT – Marco Rossi
  6. ANA – Jamie Drysdale
  7. NJD – Lucas Raymond
  8. BUF – Cole Perfetti
  9. MIN – Yaroslav Askarov
  10. WPG – Alexander Holtz

« Je pense que Los Angeles, au deuxième rang, risque plus d’y aller pour un centre imposant qui, à maturité, va être ton premier centre pendant 10 ans et qui a joué toute sa vie sur des patinoires nord-américaines. J’irais plus avec ce choix-là.

Il y a quelques semaines, je t’aurais dit que Détroit allait prendre un des deux défenseurs, mais de ce qu’on entend, tout à coup, le gardien Askarov revient beaucoup dans les discussions. La pandémie va l’avoir aidé. J’ai l’impression qu’il ne serait pas sorti dans le top 10 il y a trois mois, mais là, oui. Il a recommencé à jouer en KHL et tout à coup, tout le monde se dit qu’il est vraiment bon. Je ne ferais pas le saut qu’il ramasse du champ gauche le gardien au quatrième rang.

Mais pour un choix plus sûr, on va y aller avec Jake Sanderson. Physiquement, athlétiquement, c’est tout un joueur. Drysdale reste un défenseur de 5 pi 11 po (1,80 m). Sanderson est presque 6 pi 2 po (1,88 m), super athlétique, il a un immense potentiel, il fait tout sur la glace, il va jouer 30 minutes par match d’ici trois ans, ça vaut très cher des défenseurs comme ça.

Et, Ottawa au 5e rang, ce serait facile de dire qu’ils vont prendre Drysdale pour avoir un bon duo avec Thomas Chabot, mais Rossi c’est un joueur de centre électrisant. Il a le désir de prouver qu’il va être LE joueur du repêchage. C’est un ultra compétiteur. Il est petit, mais il joue bas, il a un centre de gravité tellement bas. Il est difficile à contenir. Tu penses que tu l’as écrasé dans le coin et il sort. Ottawa donnait beaucoup de volées cette année. Et même si c’était 7-3 et qu’il avait 3 buts, 1 passe, il voulait aller chercher quatre et cinq buts. Il est dans le tapis tout le temps. C’est dur de passer par-dessus un gars comme ça.

Cole Perfetti, il y a un questionnement sur ses quatre premières enjambées. Il n’est pas très explosif, c’est plus un patineur de glisse. Avec la maturité physique, je suis convaincu que ça va aller, mais c’est probablement le moins bon patineur du top 10. Top 10, tu n’as pas le droit de te tromper parce que tu sais que dans trois ou quatre ans, ça va faire mal. Il va te manquer un gars sur ton top 6, il va te manquer un défenseur. C’est là que tu te mets à tourner en rond. C’est pour ça que les joueurs top 10 où tu as un doute sur le patin, ça peut rendre les équipes nerveuses. »

Recruteur 3

  1. NYR - Alexis Lafrenière
  2. LAK - Tim Stuetzle
  3. OTT - Quinton Byfield
  4. DET - Marco Rossi
  5. OTT - Jake Sanderson
  6. ANA - Lucas Raymond
  7. NJD - Jamie Drysdale
  8. BUF - Cole Perfetti
  9. MIN - Alexander Holtz
  10. WPG - Jack Quinn

« Il y a des joueurs qui peuvent sortir 4e ou 10e, selon les équipes. Ça va pouvoir partir dans bien des directions.

Pour Stuetzle, c’est vraiment serré. Son potentiel est vraiment gros. En même temps, avec les séries dans la LNH, on a vu que les gros joueurs ont encore leur place, que c’est important. Dallas, ils étaient gros en avant. Des gars comme Byfield ne courent pas les rues. C’est serré, mais je vais prendre l’Allemand.

Pour les défenseurs, je pense que Sanderson est en avant un peu sur Drysdale. Je trouve qu’il peut absolument tout faire sur la glace. Sa progression a été incroyable. Chaque fois que je le voyais, c’était une coche de plus, une coche de plus. Il a de la place, son potentiel est immense.

Et pour Jack Quinn, au 10e rang, c’est un gars qui n’a pas cessé de s’améliorer. À partir de décembre, le nombre de buts qu’il a marqué, c’est exceptionnel. C’est un gars intelligent. Il génère de l’offensive, il a un bon gabarit. La première fois que tu vas le voir, tu vas te demander pourquoi il est si haut exactement. Ce n’est pas le joueur qui va transporter la rondelle d’un bout à l’autre, mais il est toujours à la bonne place et est vraiment efficace. »

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