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Caster Semenya pourrait saisir la Cour européenne des droits de la personne

Caster Semenya

Caster Semenya

Photo : Getty Images / Ezra Shaw

Agence France-Presse

La Sud-Africaine Caster Semenya, qui refuse un traitement pour faire baisser son taux de testostérone, se tournerait vers la Cour européenne des droits de la personne pour défendre son hyperandrogénie.

C'est qu'a affirmé son avocat à l'AFP dans un entretien.

Elle est prête à continuer à se battre, a assuré Gregory Nott, précisant qu'une équipe de juristes préparait ce recours, ce qui prendrait encore quelques mois.

L'athlète de 29 ans présente un excès naturel d'hormones sexuelles mâles. Elle mène depuis plus de 10 ans un bras de fer avec la Fédération internationale d'athlétisme, World Athletics (anciennement appelée IAAF).

Expertise à l'appui, la fédération a défini en avril 2018 un seuil maximal de testostérone (5 nmol/L de sang) pour concourir avec les femmes sur des distances allant du 400 m au mile (1609 m), englobant donc le 800 m, où se distingue la Sud-Africaine.

La double championne olympique a perdu plusieurs recours. La Cour suprême suisse a confirmé en août 2020, au nom de l'équité sportive, la décision en 2019 du Tribunal arbitral du sport (TAS), validant donc la réglementation de World Athletics qui définit un seuil maximal de testostérone.

Comme toujours avec Caster, elle a pris les choses avec détermination, note l'avocat. Quand le dossier pour la Cour européenne des droits de la personne sera prêt, elle décidera si elle veut ou non le déposer.

Un long combat

Me Gregory Nott défend Caster Semenya depuis les Championnats du monde de Berlin en 2009.

C'est là, une heure avant la finale du 800 m, qu'elle avait eu le choc d'apprendre que l'IAAF allait enquêter sur son genre sexuel. La jeune fille de 18 ans allait alors traverser 11 mois sans compétition, car elle était suspendue en attente des résultats.

Sa cause compte beaucoup, pas seulement pour elle, mais pour d'autres athlètes comme elle, fait valoir son avocat.

Caster Semenya a été élevée comme une fille et s'identifie comme femme. Mais la Fédération internationale estime que les coureuses aux attributs masculins posent un problème d'équité.

Nous avons toujours assuré que nos règles sont légales et légitimes [...] et sont un moyen proportionnel d'assurer les droits de toutes les femmes athlètes de participer à des courses selon des termes justes et équitables, explique World Athletics dans un communiqué.

Savoir évoluer

Pour Me Nott, les restrictions et décisions de justice imposées à Caster Semenya vont à l'encontre de l'époque, dans laquelle des groupes marginalisés réclament une plus grande reconnaissance.

Ces tribunaux sont imprégnés d'une façon de penser traditionnelle, conservatrice, dit-il, notant que les soutiens de l'athlète dans son combat se sont multipliés ces dernières années.

Caster Semenya en action

Caster Semenya en action

Photo : Getty Images / AFP/Fabrice Coffrini

En attendant, elle s'entraîne imperturbablement pour les Jeux olympiques de 2021 à Tokyo. En février, elle se levait avant l'aube pour courir dans les rues congelées de Lausanne avant les audiences, raconte-t-il avec le sourire.

Elle ne perd rien de sa combativité, dit-il, précisant qu'elle soupèse encore ses options de course pour les JO.

Avant leur report en raison de la pandémie, elle avait décidé de courir le 200 m. Mais elle n'a pas encore annoncé ses intentions pour 2021.

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