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Allégations d'abus et de harcèlement au sein de Natation artistique Canada

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Le son des français d’Amérique, 12 novembre 1981 (enregistré en 1976)

Diane Sauvé
Jacinthe Taillon

Radio-Canada Sports a appris que le centre d’entraînement de l’équipe nationale senior de Natation artistique Canada a fermé ses portes lundi dernier. Une firme externe a été mandatée pour enquêter sur des allégations d’abus et de harcèlement.

Les 18 nageuses ont appris la nouvelle dans une rencontre de la bouche de la directrice du sport de Natation artistique Canada, Julie Healy. Une rencontre dont nous avons obtenu l’enregistrement.

Nous suspendons temporairement nos activités. Nous ne pouvons pas continuer à fonctionner dans un environnement où des athlètes ne se sentent pas en sécurité, où les entraîneurs ne sentent pas qu’ils peuvent travailler sans se faire accuser d'être hostile, harcelant, abusif.

Une série de courriels ont été acheminés à la fédération au cours des derniers jours, forçant la tenue d’une enquête externe. La directrice du sport de Natation artistique Canada a admis aux nageuses que les allégations sont très sérieuses.

L’information émanant des courriels reçus en fin de semaine indique que l’environnement d’entraînement ne serait pas sécuritaire. Que les athlètes seraient obligés de se taire à propos de harcèlement et d’abus. Et que ça durerait depuis janvier 2019, a révélé Julie Healy.

Les allégations visent Natation artistique Canada, le programme, notre personnel entraîneur, moi.

Toute cette affaire a été déclenchée par un incident survenu jeudi dernier à la piscine du stade olympique de Montréal. Des propos envers les communautés noires, musulmanes et LGBTQ auraient été tenus par l’entraîneur-chef de l’équipe Gabor Szauder et auraient offensé des athlètes.

La cheffe de la direction de l’organisation, Jackie Buckingham, affirme que c’est la première fois qu’on l’informe de problèmes qui perdureraient depuis presque deux ans.

Il ne s’agit pas d’une enquête sur des gens, mais bien sur des problèmes, a dit Mme Buckingham. Nous croyons à 100 % au talent et à la compétence de nos entraîneurs et de notre équipe de soutien.

L'incident de jeudi est la goutte qui a fait déborder le vase selon trois entraîneuses de clubs. Dans un des courriels envoyés à Natation artistique Canada et dont nous avons obtenu copie, Laura Swift dénonce une culture de peur et de conformité.

Je parle maintenant parce que c’est assez, parce que j’ai le coeur brisé. Ces athlètes méritent mieux, a confié Swift, entraîneuse à Dollard Synchro. Je n’en dors pas la nuit, car je sais ce qui se passe et je ne fais rien.

Ces entraîneuses seront invitées à témoigner dans l’enquête externe, affirme la présidente Jackie Buckingham. Mais ce qui dictera la suite des choses, jure-t-elle, ce sont les témoignages des nageuses même.

Les athlètes sont leur priorité, conclut-elle.

Il reste 296 journées avant les Jeux olympiques, souligne la nageuse Jacqueline Simoneau. C'est sûr qu'avec tous les obstacles qu'on a surmontés, avec la COVID, avec cette enquête, c'est sûr que ce n'est pas une préparation idéale.

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