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Camille Estephan content d’avoir choisi la Mauricie pour son gala

Un homme en complet, derrière un lutrin, mais devant une affiche des Cataractes de Shawinigan, s'adresse à la foule.

Le promoteur Camille Estephan

Photo : Radio-Canada

Jean-François Chabot

Avec le virage au rouge dans plusieurs régions du Québec, le promoteur Camille Estephan se félicite de son idée de présenter le premier gala de boxe de la pandémie du côté de Shawinigan.

On le sait, le président d’Eye of the Tiger Management (EOTTM) s’est battu bec et ongles pour obtenir le feu vert de la santé publique pour la relance de la boxe professionnelle.

C’est le 10 octobre que la longue pause de six mois doit prendre fin avec la tenue d’une petite carte de trois combats au cours de laquelle six pugilistes, tous Canadiens, croiseront le fer.

Estephan ne s’en cache pas. Lundi, il a suivi de très près le point de presse tenu par le premier ministre François Legault, le ministre de la Santé Christian Dubé et le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda.

On se félicite d’avoir choisi de faire le gala à huis clos. On avait le choix de le faire devant 250 spectateurs. Je voyais comment les chiffres (nombre cas de COVID-19) montaient. Il y avait des zones qui changeaient de couleur. On était dans une zone verte (en Mauricie) au moment où on a annoncé le gala. Aujourd’hui, on serait vraiment foutus. Il serait impossible de faire le gala.

Camille Estephan, président d'Eye of the Tiger Management

Déjà, les boxeurs qui doivent participer à l’événement ainsi que leur entourage (entraîneurs, préparateurs physiques, etc.) se sont isolés pour respecter le protocole entériné par le Dr Arruda et par la responsable de la santé publique en Mauricie, la Dre Marie-Josée Godi.

C’est quand même inquiétant. On voit les chiffres monter. Les chiffres sont quand même très bas présentement en Mauricie. On espère que ça va continuer comme ça. Le fait que le gala sera à huis clos me donne espoir qu’il va arriver. Je ne suis pas trop inquiet, a dit le promoteur.

Des dépenses en hausse

Le fait d’organiser un événement sportif au moment où le Québec est frappé par la deuxième vague de COVID-19 entraîne inévitablement des coûts supplémentaires, au-delà de la logistique entourant l'aménagement du ring et la production scénique et télévisuelle.

Même si Estephan indique que les bourses remises aux boxeurs représentent toujours la grande part des dépenses d’un promoteur, il reste que la COVID-19 entraîne des frais qu’il doit assumer.

C’est aux alentours de 10 000 $ en tout et partout pour les tests seulement. La santé publique nous a demandé de les faire au privé. Même si la santé publique n’a pas exigé ces tests-là, c’est moi qui voulais les faire. Je voulais m’assurer qu’on fasse tout ce que l’on peut pour s’assurer de la sécurité des athlètes et que l’on ne propage pas le virus.

Camille Estephan

À cela s’ajoutent les factures reliées à l’hébergement, car, là aussi, le site doit se transformer en bulle sanitaire. Les participants n’auront à y pénétrer que quatre jours avant la présentation des combats.

Oui, c’est moi qui assume ça. Mais ce ne sont pas de grands coûts. Si on nous avait demandé de faire un confinement à l’hôtel pendant 24 jours, ç’aurait été problématique, parce que ça aurait coûté 100 000 $ de plus. Ce ne serait pas viable pour un gala de boxe, spécialement quand il n’y a pas de télévision américaine ou un championnat du monde, a-t-il ajouté.

Compenser les revenus

Le fait de tenir son gala de boxe à huis clos privera EOTTM de l’importante source de revenus qu'est la vente de billets.

En l’absence d’un grand diffuseur américain ou d'un combat de championnat du monde, Camille Estephan compte sur une réponse positive des amateurs de boxe d’ici qui sont privés de leur sport favori depuis la mi-mars.

C’est par le truchement de son webdiffuseur Punching Grace et par la télé à la carte que le promoteur espère créer une petite rentrée d’argent.

Le nombre d'abonnés de Punching Grace a fondu à vue d’œil en l’absence d’événements à suivre en direct. Dans les meilleurs moments, on y dénombrait environ 8000 clients.

Estephan espère en récupérer une partie à l’occasion du gala du 10 octobre qui mettra en vedette David Lemieux, Arslanbek Makhmudov et Lexson Mathieu.

Si les Américains se font tirer l’oreille, d’autres diffuseurs internationaux s’intéressent au produit du promoteur québécois.

On a des pays en Amérique latine qui veulent ces galas. On a des pays autour de la Russie, du Kazakhstan, l’Europe de l’Est qui sont prêts à acheter les galas. Ce ne sont pas de gros montants. Ça peut être quelques milliers (de dollars) par pays. Ça vient boucher le trou du manque à gagner en l’absence de la vente de billets.

Camille Estephan

Malgré cela, il demeure réaliste et s’attend à essuyer un déficit quand il fera ses comptes au matin du 11 octobre.

Je ne pense pas qu’on va faire énormément de profits là-dessus. J’essaie de minimiser la perte. C’est très dur d’estimer ce que sera la vente et les abonnements qu’on ira chercher sur Punching Grace ou la vente de la télé à la carte. On a des indicateurs quand on organise un événement. Ce n’est pas sûr à 100 %, mais ça regarde quand même bien, a estimé l’homme d’affaires.

Celui qui a déjà dépensé beaucoup d’argent pour défendre son entreprise et le gagne-pain de ses boxeurs pour répondre aux exigences de la santé publique est visiblement encore prêt à manger le sien noir.

Voilà ce qui s’appelle tenir son sport et sa passion à bout de bras.

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