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Le Lightning champion de la Coupe Stanley la plus difficile à gagner

Des joueurs de hockey entourent la coupe Stanley.

Le Lightning de Tampa Bay est champion de la Coupe Stanley.

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Alexandre Gascon

Cloîtré depuis 65 jours dans les villes-bulles, le Lightning de Tampa Bay est venu à bout des Stars de Dallas 2-0, lundi soir, à Edmonton, pour soulever sa deuxième coupe Stanley, lors du tournoi éliminatoire le plus inédit de l'histoire de la LNH.

Ces circonstances n'entachent en rien cette conquête unique de la Coupe Stanley. Bien au contraire.

Pas de familles qui envahissent la glace. Pas d’enfants avec une casquette de champion de la Coupe Stanley vissée sur la tête à côté d’un père en extase. De la musique de fond, plutôt, pour camoufler l’épaisseur du vide entourant les joueurs. Difficile de prétendre que ce triomphe avait des allures de normalité.

Les vainqueurs défilaient sur la glace, téléphone à la main pour rejoindre leurs proches virtuellement et, honnêtement, combien d’images décrivent mieux notre époque que celle-là?

La coupe Stanley, dit-on parfois sans que personne n’ait pu comparer vraiment, est le trophée le plus difficile à gagner dans le monde du sport professionnel. 2020 aura peut-être été l’année la plus difficile pour la gagner, selon Tyler Seguin.

C’était la bataille la plus usante, les moments les plus difficiles de nos vies, mais, en même temps, c’était agréable. On a eu tellement de plaisir tout le long. Bien des gens qui sont dans cette ligue depuis longtemps n’ont pas la chance de subir cette pression, a dit l’attaquant des Stars, la voix brisée par l’émotion.

Allez vers le tableau des séries

La bulle éclate. Personne qui y était piégé ne s’en ennuiera.

Avant de présenter le projet de retour au jeu, le commissaire de la ligue, Gary Bettman, avait souligné l’importance de préserver l’intégrité de ce championnat. Pas d’inquiétudes. À 24 équipes, quatre tours éliminatoires et un tour préliminaire, tous ont reconnu la difficulté supplémentaire de triompher dans ces circonstances. Et pour cause.

Les matchs se succédaient à un rythme soutenu. Il y a eu plusieurs programmes doubles en 24 heures, dont un lors de la série finale, ce qui est des plus rares. Les joueurs et les entraîneurs comptaient les jours. À de nombreuses reprises, ils ont parlé de la lassitude qui s’implantait dans la bulle, de la difficulté d’être loin de ses proches depuis une centaine de jours, si l’on inclut les camps d’entraînement.

On va se rappeler le reste de nos jours ce que c’était d’être ici sans le soutien de nos familles […] Je pense que c’est un des championnats les plus difficiles à gagner dans ces circonstances. Mais on a trouvé le moyen de le faire, a laissé tomber le capitaine du Lightning, Steven Stamkos.

Ça va prendre des mois avant de bien comprendre ce qu’on vient de vivre, a ajouté Victor Hedman, lauréat du trophée Conn-Smythe.

Nos noms seront sur la coupe pour toujours. On va être champions pour toujours.

Victor Hedman

Chacun sa route

Cette équipe était attendue depuis longtemps. Depuis sa finale perdue aux mains des Blackhawks de Chicago en 2015, peut-être même avant.

Depuis, le Lightning a connu deux éliminations dans des septièmes matchs en demi-finales, une exclusion des séries, et une gifle historique l’an dernier.

Cette défaite cinglante en quatre matchs contre les Blue Jackets de Columbus est au cœur de l’épopée que les hommes de Jon Cooper viennent de réaliser. C’est du moins l’opinion de l’entraîneur.

Trois joueurs de hockey festoient sur la glace.

Brayden Point festoie avec ses coéquipiers après avoir inscrit un but en première période du sixième match de la série de la Coupe Stanley 2020, opposant le Lightning de Tampa Bay aux Stars de Dallas.

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

C’est facile à dire. Mais, parfois, c’est dans l’échec que tu trouves la source du succès. Ce n’est pas facile. Je pense vraiment que ce qui nous est arrivé l’an dernier nous a permis de nous rendre ici aujourd’hui, a laissé tomber l’entraîneur.

J’avais l’impression que c’était notre année, a ajouté le Montréalais Alex Killorn.

Une impression partagée par plusieurs. Le Lightning a gagné la Coupe Stanley sans atteindre la limite des sept matchs dans aucune série. Il n’a jamais perdu deux matchs consécutifs. Ultimement, l’équipe aura enregistré 18 victoires, le plus haut total pour un champion étant donné le tour supplémentaire ajouté cette année.

Son capitaine et meilleur buteur, Stamkos, a disputé 2 min 47 s pendant tout le tournoi… et a trouvé le moyen de marquer un but.

Les leçons tirées de l’élimination hâtive se sont reflétées autant dans l’attitude de l’équipe que dans sa transformation. Dans la dernière année, le directeur général Julien BriseBois a modifié sa défense en mettant la main sur de nombreux vétérans comme Kevin Shattenkirk et Zach Bogosian. Il a ajouté de l’expérience avec Patrick Maroon et de l’intensité grâce à Barclay Goodrow et Blake Coleman.

Maroon a effectué un jeu névralgique qui a mené au deuxième but de sa bande dans le sixième match et Goodrow et Coleman ont formé, avec Yanni Gourde, le trio défensif le plus efficace de la ligue pendant les séries.

Même si BriseBois a pris les rênes depuis seulement deux ans après le départ de Steve Yzerman, cette victoire porte son sceau.

Des joueurs de hockey quittent le banc après avoir gagné la Coupe Stanley

Le Lightning de Tampa Bay est champion de la Coupe Stanley.

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Le fil du match

Les Stars avaient évité l'élimination deux jours plus tôt avec une victoire in extremis en deuxième période de prolongation, mais ont paru à court de ressources, d'énergie, de solutions dans ce sixième match.

Tampa Bay a dominé d'un bout à l'autre, encore une fois lancé par son premier trio. Brayden Point a ouvert la marque après 12 min 23 s de jeu en première période pendant un avantage numérique.

Le centre vedette des Floridiens a fait preuve de patience du haut de l'enclave avant de décocher un tir haut bloqué par Anton Khudobin. La rondelle est toutefois retombée à deux pieds du gardien et Point a saisi son propre retour pour inscrire son 14e but des séries, un record pour le Lightning.

Au deuxième engagement, Blake Coleman, acquis à la date limite des échanges en février dernier, a doublé la mise au terme d'une séquence amorcée par le vétéran Patrick Maroon. Ce dernier a intercepté une passe au vol en zone neutre, a remis le disque à Cédric Paquette qui a repéré Coleman d'une jolie passe transversale.

Dallas y est allé d'un ultime effort en troisième période et a décoché 12 tirs sur Andrei Vasilevskiy sans parvenir à ébranler le gardien du Lightning. Il a repoussé 20 rondelles pour réaliser un premier blanchissage dans ces séries.

Tampa Bay venge l'affront subi l'an dernier – après une saison historique – de la plus convaincante des manières. En cette année des plus instables, une certitude demeurera pour ces joueurs : ils sont champions de la Coupe Stanley.

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