•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un an plus tard, le bilan d'Olivier Renard à l'Impact

Deux hommes tiennent une bannière devant un mur bleu.

Olivier Renard (à gauche), le jour de sa présentation en 2019, avec le président de l'Impact Kevin Gilmore

Photo : Radio-Canada

Olivier Tremblay

Pour son anniversaire d’embauche, Olivier Renard n’espérait pas ce genre de cartes.

C’était il y a un an, le 28 septembre 2019, que le Belge est devenu directeur sportif de l’Impact de Montréal. Idéalement, dans les semaines qui ont précédé cet excellent prétexte pour dresser un bilan, l’équipe aurait montré son meilleur visage.

Mais quatre cartons rouges en cinq rencontres – dont un dans le crucial dernier match de la phase toute canadienne de la relance à Vancouver, où l’Impact pouvait se qualifier pour la finale de la Coupe des Voyageurs – ont refroidi les supporteurs du Bleu-blanc-noir. Quatre expulsions évitables pour toutes sortes de raisons.

Peut-être seront-ils au moins soulagés d’apprendre que Renard, en entrevue quelques jours avant la défaite de 4-1 sur le terrain des Red Bulls, ne se défile pas. Ces cartons rouges (on parlait au moment de l’entretien de seulement trois expulsions consécutives), il propose lui-même d’en parler.

Le directeur sportif met la première exclusion, celle d’Emanuel Maciel, dans une case un peu à part. Elle relevait, contrairement aux coups inutiles de Rudy Camacho et de Romell Quioto, d’un fait de jeu : c’est un tacle malavisé. N’empêche, cette succession de gestes ridicules, Renard n’en veut pas dans son club.

Je ne conçois pas le tacle de Maciel, mais ça reste un geste de football, souligne Renard en entrevue à Radio-Canada Sports. Les autres, c’est se mettre complètement hors-jeu après quelques minutes dans des matchs importants, surtout celui de Vancouver qui, pour moi, joue un rôle très négatif sur ce qui se passe même maintenant, sur les deux ou trois matchs qu’il y a eu après. Si on avait réussi à jouer la finale du Championnat canadien – et en même temps on avait trois points pour la MLS –, on serait parti vers le New Jersey avec un esprit plus libre, plus joyeux.

Ce fait-là, à Vancouver, pèse encore maintenant sur ce qu’on est en train de faire, et ce n’est pas une excuse par rapport aux autres joueurs, qui doivent être solidaires et rattraper ce qui a été mal fait là, et on ne le fait pas pour l’instant.

Olivier Renard, directeur sportif de l'Impact de Montréal

L’irritation s’entend dans la voix du directeur sportif. Au moment où il célèbre ses 365 premiers jours à la tête de l'équipe, on ressasse une suite de résultats défavorables quand il aurait sans doute préféré que la discussion tourne autour des progrès réalisés depuis un an.

Au moment de l’embauche de Renard, le Bleu-blanc-noir venait de gagner le Championnat canadien. Un baume sur une (autre) saison de misère où les résultats n’avaient rien de trompeur. Avec un jeu qui ne respirait ni la confiance ni l’initiative, il avait perdu 10 de ses 13 matchs précédents en MLS.

Thierry Henry

Thierry Henry

Photo : Associated Press / Steven Senne

Aujourd’hui, la troupe de Thierry Henry n’a pas fini de tout corriger, loin de là. En défense, elle fait partie des élèves en difficulté dans la classe de Don Garber. Mais peut-être est-ce simplement le prix à payer lorsqu’on travaille à changer les habitudes d’une équipe et que, par-dessus le marché, une pandémie nous tombe dessus.

à l'attaque, le onze montréalais ne remplit pas les filets comme Los Angeles, Seattle ou le Colorado (comme quoi tout est possible), mais il ne joue plus autant qu’avant le jeu de l’attente devant sa surface.

Il faut évaluer avec prudence les chiffres d’une saison tordue par mille et un paramètres, peu importe l’équipe. Mais l’une des attaques les moins productives et enthousiasmantes des deux dernières saisons en MLS montre des signes de vie en ayant joué l’époustouflant total de quatre matchs à Montréal.

Quand je suis arrivé avec Thierry Henry, on avait déclaré qu’on voulait un style de jeu, une identité sportive sur le terrain, et je crois très honnêtement qu’on a un plan de match qui fonctionne, car on met des équipes en difficulté ces derniers temps, soutient Renard. Le problème, c’est qu’après, on se met nous-mêmes encore plus en difficulté en faisant des gestes ridicules et des cartons rouges ridicules qui faussent complètement des matchs dans lesquels on était dans le match, justement. À part le match en Nouvelle-Angleterre, où on n’a pas eu les impulsions offensives, dans les autres [défaites], on a vraiment offert nous-mêmes la victoire aux adversaires.

Toujours pas de baguette magique

Le nouveau directeur sportif avait annoncé ses couleurs, en janvier dernier, en entrevue à Radio-Canada Sports. Quand il s’agit de construire son effectif, il aime recevoir les critiques : celles qui viennent lorsque des inconnus arrivent, et celles qui viennent lorsque ces inconnus, après avoir convaincu les supporteurs, sont revendus avec un profit.

Il n’y a qu’à voir leur réaction lorsque l’Impact a vendu Luis Binks à Bologne. S’il est vrai que son arrivée n’avait pas été reçue avec un grand scepticisme puisqu’il venait quand même d’un club comme Tottenham, le transfert du défenseur de 19 ans en Italie (il demeure en prêt à Montréal pour l’instant) a été reçu comme un coup de poignard entre les omoplates.

Nos satisfactions, sur le terrain, sont peut-être les joueurs pour lesquels il y avait le plus de doutes. Je veux parler de Quioto, de Maciel, de Binks, précise Renard. Je pense que Zach Brault-Guillard est en train de démontrer pourquoi on a voulu le garder, même si Bacary Sagna était ici avec sa grosse expérience. On voulait virer sur la jeunesse, et Bacary avait un poste international. Ç’a une valeur aussi. Il avait un salaire aussi complètement différent de celui de Zach. Il y a des choses positives que je retiens, mais on ne peut pas, avec une baguette magique, en un seul mercato, tout changer, surtout avec la pandémie que nous sommes en train de connaître.

Il étend les bras pour célébrer un but.

Romell Quioto (à droite) a été une des bonnes surprises de l'étrange saison 2020 de l'Impact.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

À son arrivée, Olivier Renard s’était donné deux mercatos pour remodeler l’équipe à son image. Un pari déjà difficile rendu plus compliqué encore par le contexte mondial. Certains contrats continuent de peser lourd sur la masse salariale de l’équipe, et le nombre réduit de matchs n’offre pas à Renard la fenêtre rêvée pour remettre des joueurs sur le marché. Jouer tous les trois ou quatre jours jusqu’à la mi-novembre, ce n'est pas idéal non plus.

Le directeur sportif reconnaît cependant que certains joueurs sur lesquels le club ne comptait peut-être pas il y a quelques mois, sans les nommer, ont présenté de nouveaux arguments convaincants.

C’est mon métier, et je n’ai pas de problème à être franc avec les joueurs, indique Renard. De toute façon, il faut appeler un chat un chat. Il y a des joueurs pour lesquels il n’y a pas encore de décision de mon côté. S’ils veulent rester à l’Impact de Montréal, ils doivent le prouver aussi bien sur le terrain que dans leur mentalité.

Enfin, l’équipe de réserve

Le virage jeunesse s’opère donc tranquillement, et la production locale en fait partie. Au cours de la dernière année, l’Académie de l’Impact a été source d’actualité tantôt encourageante, comme le passage de trois jeunes à l’équipe première (ils n’y ont toutefois pas encore joué), tantôt navrante, comme la mise à pied d’employés pendant la pandémie, dont l’ancien directeur Philippe Eullaffroy.

C'est surtout le retour d’une équipe de réserve qui aura retenu l’attention des fidèles de l’Impact. Sa disparition, à la fin de 2016, demeure une décision stupéfiante pour laquelle le club paie encore sur le plan sportif, comme beaucoup l’avaient prédit à l’époque.

Renard n’y va pas par quatre chemins : la création d'une nouvelle équipe de réserve fait avancer le club, même s’il reste certaines étapes au processus, comme l'ouverture d’un pont entre les U-17 et les U-23.

Normalement, U-23, ça veut dire que tu as 21, 22 ans, et je pars du principe que quelqu’un qui a 21 ou 22 ans n’a pas d’affaire dans cette équipe U-23, précise-t-il. Quelqu’un qui est bon à 20 ans, il est dans l’équipe pro, ça, c’est sûr et certain. Donc, c’est plus pour pouvoir donner du temps de jeu à certains joueurs qui ne vont pas jouer tous les matchs en équipe première. Mais bon, ça dépend de quand on pourra avoir un rythme de croisière normal pour cette équipe de jeunes.

Bien sûr, les processus ne sont pas encore au point. Mesurer le niveau des jeunes en les invitant à s’entraîner avec les professionnels? On ne peut pas faire n’importe quoi en raison des tests pour la COVID, soutient Renard.

Et comme l’Impact, Montréal s’apprête à voir rouge. Que ce soit pour l’Académie ou pour n’importe quel autre aspect du travail d’Olivier Renard, les contraintes n’iront pas en s’estompant pour le moment.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !