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Analyse

Les Stars, toujours vivants

Le sixième match aura lieu lundi soir.

Ils célèbrent un but.

Corey Perry (10) et Joel Kiviranta

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Alexandre Gascon

Corey Perry n’avait pas vu sa femme depuis 100 jours avant qu’elle ne le rejoigne dans la bulle à Edmonton. Joe Pavelski se contente de regarder sur vidéo son fils s’extasier devant les buts de son père. À 35 et 36 ans respectivement, les deux attaquants des Stars auraient toutes les raisons de vouloir plier bagage.

Pourtant, depuis deux matchs, ces vétérans transportent littéralement les Stars sur leurs épaules et leur ont permis de décrocher, samedi soir, à Edmonton, une victoire en deuxième période de prolongation pour forcer la tenue d’un sixième match en finale de la Coupe Stanley.

La première prolongation tournait au cauchemar pour Dallas. Il y a bien eu cette occasion ratée par le capitaine Jamie Benn dans l’enclave, mais sinon, bien peu pour se réjouir et un seul tir au but durant tout l’engagement.

C’est comme si on ne jouait pas pour gagner le match, a laissé tomber Pavelski.

L’entraîneur Rick Bowness a précisé la pensée son joueur.

On n’avait pas la bonne approche, contrairement à d’habitude. Tu ne peux pas avoir peur de perdre. Et on jouait pour ne pas perdre. Après la période de prolongation, on s’est dit qu’il fallait jouer pour gagner. Personne n’était heureux de cette première période supplémentaire.

Rick Bowness, entraîneur des Stars

Alors, après cette première occasion ratée, Perry et Pavelski se sont levés pendant l’intermission. Et ils ont parlé. Le premier a remporté une Coupe Stanley il y a 13 ans et deux médailles d’or olympiques. Le second a été défait en finale il y quatre ans et s’est contenté de l’argent aux Jeux de Vancouver, regardant célébrer du coin de l’œil… Perry.

Qui de mieux placé que ces deux messieurs pour inspirer confiance aux jeunes joueurs repêchés par l’organisation comme John Klingberg, Miro Heiskanen ou Denis Gurianov? Qui de plus outillé pour conseiller et encadrer Jamie Benn et Tyler Seguin, normalement le cœur de cette attaque, mais deux joueurs qui ont été vivement critiqués dans les dernières années par leur propre organisation?

C’est certainement pour ajouter cette expérience à sa formation que Jim Nill, le directeur général des Texans, les a attirés à Dallas en tant que joueurs autonomes à l’été 2019.

Allez vers le tableau des séries

Au-delà des mots, les francs-tireurs ont brillé sur la glace samedi soir. Ils ont inscrit six des sept derniers buts des leurs dans les deux derniers matchs, trois chacun, dont le but gagnant de Perry en prolongation, un but à l’image de la carrière du Canadien de Peterborough. Un calme et une concentration à toute épreuve devant le filet lors d’un moment sous haute tension.

Tu le sais que, peu importe ce que ça prend, il va tout faire pour gagner. Tu sens cette mentalité, sur la glace, dans le vestiaire. Il s’est pointé au meilleur moment et a fini le travail, a dit Pavelski de son coéquipier.

Tu aimes l’avoir dans ton équipe, a enchaîné Bowness. Je l’ai affronté assez souvent pour savoir qu’il est une épine dans le pied de l’autre équipe. Devant le filet, il est très difficile à gérer. Il est fort, a une grande portée, il est patient avec la rondelle. Du haut des cercles jusqu’au filet, il est fantastique.

Avec son doublé réussi en neuf tirs, Perry totalise cinq buts dans les séries, soit autant qu’en saison. Pour sa part, Pavelski a inscrit son 13e, un de moins que son total de l’année. Il est par ailleurs devenu le plus prolifique buteur américain de l’histoire de la ligue avec son 61e filet, une longueur de plus que Joe Mullen.

Des joueurs de hockey.

Joe Pavelski (au centre) est félicité par ses coéquipiers des Stars de Dallas après avoir créé l'égalité 2-2 à la fin de la troisième période du cinquième match de la finale de la Coupe Stanley.

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Tout ça est fort impressionnant et inspirant pour un groupe qui ne compte plus ses blessés. Radek Faksa, Roope Hintz et Blake Comeau étaient absents de la rencontre, Jason Dickinson l’a jouée sur un pied, jusqu’à ce que ledit pied bloque un lancer de Mikhail Sergachev. On ne sait pas exactement comment il a pu terminer la rencontre. Le défenseur Andrej Sekera a disparu pendant une période et demie.

En conséquence, Klingberg, Heiskanen, Esa Lindell et Jamie Oleksiak ont passé entre 33 et 38 minutes sur la patinoire moins de 24 heures après avoir subi une défaite en prolongation qui poussait l’équipe au bord du précipice. Les Stars ne veulent pas mourir.

Au premier tour des séries, ils sont passés à quelques secondes d’être menés 3-1 par les Flames de Calgary. Ils étaient largement négligés par la suite face à l’Avalanche du Colorado et aussi contre les Golden Knights de Vegas. Mais ils y sont toujours.

On se bat. On croit en notre groupe. On est venus ici avec 51 personnes et tout le monde y croit. C’est tout ce qui compte vraiment, a lancé Pavelski.

On le croit sur parole.

Le fil du match

Perry a dénoué l’impasse à 9 min 23 s de la seconde période de prolongation.

Plus tôt en soirée, tout indiquait que la coupe Stanley allait sortir de sa boîte quand Sergachev a donné l'avance 2-1 aux siens après 3:38 de jeu en troisième période, dans ce qui s’avérera le seul tir de sa bande pendant près de 10 minutes durant l’engagement.

Pavelski a prolongé la rencontre en bondissant sur un retour de lancer de Heiskanen.

Sur la séquence, le Lightning venait de remporter une mise au jeu dans son territoire. Le dégagement un peu timide de Kevin Shattenkirk a toutefois été intercepté et a mené au but égalisateur.

Les Stars ont été les premiers à s’inscrire à la marque grâce à Perry. Ondrej Palat, en deuxième période, a été l'autre marqueur dans la rencontre.

Le gardien Anton Khudobin a repoussé 39 lancers pour décrocher la victoire.

Le sixième chapitre de cette série aura lieu lundi soir.

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