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Analyse

Le Lightning à une victoire de la Coupe Stanley

Le gardien Anton Khudobin et ses coéquipiers Joe Pavelski, Jamie Oleksiak et Miro Heiskanen ont la mine basse.

Pat Maroon et Yanni Gourde célèbrent le but victorieux de Kevin Shattenkirk.

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Alexandre Gascon

Le Lightning, à toutes les sauces. Fulgurant, talentueux, robuste (!), cette équipe plus complète que jamais est imparable dans ces séries 2020. Les Stars l'apprennent à leurs dépens.

Dallas a bien tout tenté pour ramener les deux équipes à la case départ en finale de la Coupe Stanley, vendredi soir, mais le Lightning, expert du débat, a trouvé la juste réplique au moment opportun pour l'emporter 5-4 en prolongation. Tampa Bay mène la série 3-1 et pourrait en finir dès samedi.

Si l'on a déjà reproché aux hommes de Jon Cooper de faire dans la dentelle, de préférer le tricot à la truelle, impossible de leur cracher ce fiel au visage cette fois.

Certes, son attaque marche sur les eaux et compte dans ses rangs les deux premiers marqueurs des séries : Nikita Kucherov (32 points) et Brayden Point (30).

Sa défense renouvelée est solide, menée par celui que l'on décrit comme le meilleur arrière du monde, Victor Hedman, qui est devenu le troisième défenseur a marqué 10 buts en un tournoi éliminatoire dans toute l'histoire de la ligue.

Pour répondre à cette injustice, auparavant, il restait le bon vieux jeu physique, les coudes un peu hauts, les mises en échec du tonnerre de Dieu. Les Blue Jackets se sont payé la tête du Lightning de cette manière au printemps 2019. En 2020, le Lightning est deuxième parmi les 24 équipes du tournoi éliminatoire pour le nombre de mises en échec données, soit 40,88 par tranches de 60 minutes de jeu.

Tout le monde regarde nos habiletés, mais on est une équipe vraiment physique. On peut étouffer l'adversaire, par moments, en raison de notre façon de jouer.

Kevin Shattenkirk du Lightning de Tampa Bay

Dans le quatrième match, les défenseurs des Stars multipliaient les revirements, inlassablement pourchassés qu'ils étaient par les Patrick Maroon, Barclay Goodrow et Blake Coleman de ce monde, tous des joueurs récemment acquis par l'organisation.

Si bien que le gardien des Texans Anton Khudobin tentait par tous les moyens d'aider ses défenseurs en sortant régulièrement de son filet avec comme résultat une triste imitation de Dominik Hasek que l'on verrait très bien dans un théâtre d'été tchèque, quelque part à Pardubice.

Tampa Bay domine outrageusement les Stars pour ce qui est de la possession de la rondelle, des chances de marquer, de la grande majorité des catégories statistiques. Le trio de Point, complété par Kucherov et Ondrej Palat, semble ne plus avoir de faiblesses.

Si on devait les affronter, je ne pense pas qu'on pourrait se défendre contre eux, a même estimé leur entraîneur Jon Cooper.

En espérant que son homologue à Dallas, Rick Bowness, ne voit pas les choses de la même façon. Après tout, tel que l'a rappelé Cooper, [ils] n'ont rien gagné encore.

Dans ce match, il n'y avait qu'une seule chose de serrée : le score.

La rédemption

C'est Kevin Shattenkirk qui a mis fin aux espoirs des Texans en avantage numérique à 6 min 34 s de la prolongation avec un tir des poignets entre les jambes du défenseur format géant Jamie Oleksiak. Khudobin avait la vue complètement voilée par un autre imposant monsieur, Pat Maroon.

Shattenkirk dont le contrat a été racheté par les Rangers après la campagne 2018-2019 s'est amené à Tampa Bay avec une entente d'un an à un salaire plutôt modique pour un défenseur offensif (1,75 million de dollars). Il a connu une excellente saison et totalise maintenant 13 points en 23 matchs de séries.

Tu vis tous les genres d'émotions après un but en prolongation en finale de la Coupe Stanley, a-t-il confié.

On regarde souvent celui qui marque le but, mais tout le monde a fait de grandes choses pour qu’on se rende là, a-t-il ajouté.

Ce match dans son ensemble était bien imparfait, mais fort divertissant au demeurant, la nervosité du moment, de l’enjeu, semblant avoir rattrapé les deux équipes dans ce quatrième chapitre, particulièrement les deux gardiens.

Celui des Stars, Khudobin, a manié la rondelle autour de son filet avec la confiance d’un adolescent chétif qui entre au secondaire. On raconte même que son entraîneur, Rick Bowness, aurait allumé un cierge entre la troisième période et la prolongation pour le convaincre de rester devant la cage.

Allez vers le tableau des séries

Au bout du compte, la victoire du Lightning apparaît logique après tant d'acrobaties téméraires de l'homme masqué. Mais comme le hockey la défie parfois, la logique, le match aura tenu en haleine le partisan courageux resté jusque très tard en soirée.

Les Stars ont été dominés en début de match et ont mis plus de sept minutes avant d’obtenir un premier tir, celui de John Klingberg, qui a toutefois déjoué le portier des Floridiens Andrei Vasilevskiy. Pavelski a doublé la mise avec un autre tir sous les aisselles du gardien russe. Les chances de marquer appartenaient alors au Lightning, mais la marque leur était défavorable.

Cinquante-neuf secondes après le but de Pavelski, Brayden Point, qui d’autre, ramenait ses coéquipiers dans le coup.

Tampa Bay a inscrit trois buts en quatre occasions en avantage numérique, Point au vol et Yanni Gourde sur le retour de lancer de Nikita Kucherov en plus de Shattenkirk en prolongation, pour créer l’égalité à deux reprises.

Lorsqu’Alex Killorn a déjoué Khudobin pour donner l'avance 4-3 au Lightning à mi-chemin du troisième engagement, les Stars semblaient prêts à plier l’échine. Pavelski a envoyé tout le monde en prolongation avec son deuxième filet de la soirée, son 12e des séries, devenant par le fait même le premier joueur de 36 ans et plus à atteindre la douzaine en un tournoi éliminatoire.

Certains souhaiteraient peut-être qu’on y ajoute un astérisque étant donné le tour supplémentaire exceptionnellement joué cette saison. Mais toute cette année 2020 mérite un astérisque, n’est-ce pas?

Dallas se tient au bord du précipice et tentera de survivre un autre jour samedi soir.

Il reste toutefois au Lightning un dernier pas à franchir, certainement le plus difficile, comme l'a souligné Gourde.

Il faut le prendre comme un autre match. Ça va être dur à faire considérant l’enjeu, mais il faut le voir comme un autre match. Aller sur la glace, faire les bonnes choses, travailler très fort et on espère que ça va tourner de notre côté.

Honnêtement, le contraire serait surprenant. Mais qui sait?

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