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François Hamelin en quête d’équilibre dans la course à pied

Un coureur, vêtu de noir, prend la pose dans un parc de Montréal.

François Hamelin

Photo : Radio-Canada / Antoine Deshaies

L’ancien patineur de vitesse sur courte piste François Hamelin aurait dû prendre le départ du deuxième marathon de sa carrière de coureur, le samedi 3 octobre. Il devait compléter huit boucles du bassin olympique de l’île Notre-Dame.

Le plan initial était de s’élancer le lendemain à Val-David, au marathon du P’tit Train du Nord. Or, l’événement a été annulé la semaine dernière.

Pour ce qui devait être le seul marathon présenté au Québec en 2020, il aurait aimé inscrire une marque personnelle en franchissant les 42,2 kilomètres en 2 h 45 min. Un objectif ambitieux, convenait-il.

Or, On court Montréal a aussi été annulé. Ce sera finalement partie remise l'an prochain. Mais l'ambition demeure.

Si je termine entre 2 h 45 et 2 h 50, je serai très content, explique Hamelin, qui a conclu le marathon de Toronto l’automne dernier en 2 h 54. J’avais fini complètement explosé et je n’ai pas eu de plaisir parce que j’étais parti trop vite. Oui, je veux aller vite, mais je veux surtout bien le faire.

Dans la Ville Reine, il avait franchi la première moitié du parcours en 1 h 22 min. Il avait galéré en mettant 10 minutes de plus pour la deuxième portion de la course.

J’aime mieux partir plus lentement et terminer avec le sourire, ajoute-t-il. Si je me sens bien, j’irai plus vite.

Au-delà des chronos, François Hamelin s’est servi de la course à pied pour garder les sensations agréables du sport après 11 ans sur le circuit de la Coupe du monde de patinage de vitesse sur courte piste et trois Jeux olympiques.

C’est lors d’un voyage en famille à Hawaï, après sa dernière saison en 2018, qu’il s’est mis à courir et n’a jamais arrêté de le faire.

Je savais que la course à pied était le sport le plus à ma portée après ma retraite du patin, parce que j’ai toujours aimé courir, dit l’homme de 33 ans. Mon père a toujours couru et je me suis donné comme objectif, un peu à la blague, de battre tous ses meilleurs temps. Il me reste officiellement à le battre au 10 km.

Hamelin s’est d’abord lancé seul, puis a fait appel à l’entraîneur Alain Dufort, de la boutique Courir, lorsqu’il s’est rendu compte qu’il naviguait à vue, ou plutôt qu’il dérivait. Chaque fois qu’il partait pour un entraînement tranquille, il revenait éreinté. Mieux valait être encadré.

Son corps s’est adapté en deux ans, ses jambes ont logiquement perdu de la masse. Le patineur qui pesait 70 kg (155 lb), ne pèse plus que 66 kg (145 lb).

Je n’ai jamais arrêté de bouger, alors je n’ai pas pris de poids, mais ça me prend un objectif sportif, parce que je me connais, je serais toujours sur le divan en train de manger des chips.

François Hamelin, coureur et ancien patineur de vitesse sur courte piste

Le dépassement, sans l’anxiété de performance

Si son corps s’est adapté, sa tête a également dû le faire. Pas question pour lui d’aborder sa carrière de coureur avec la même intensité que sa carrière de patineur. Il se prépare avec sérieux, sans tomber dans l’excès qui est souvent la norme pour les athlètes de haut niveau.

Il ressent toujours un peu de stress à l’aube d’une course ou d’un entraînement important, mais rien à voir avec celui vécu dans sa carrière sur la glace.

Deux hommes vêtus de noirs participent à une épreuve de course à pied.

François Hamelin en pleine course

Photo : Courtoisie : François Hamelin

Je ne voudrais pas me rendre à ce que je faisais avant parce que ce serait maladif, alors que l’objectif, c’est de rester en forme, de me mettre au défi et d’être content de moi. Si mentalement ça devient un défi pour moi, je passe à côté de l’objectif de bien-être que je recherche avec la course.

L’apprentissage d’une meilleure gestion de ses attentes n’a toutefois pas été facile. Hamelin admet qu’il s’est laissé prendre au piège au début quand ses progrès étaient rapides.

Il a fait de l’anxiété de performance quand il patinait au sein de l’équipe canadienne. Il était obsédé par son sommeil et ses résultats, au point qu’il a eu recours aux pilules pour dormir chaque soir lors de ses cinq dernières saisons de compétition. Il a cessé d’en prendre le jour où il a remisé ses lames de patin.

Aujourd’hui papa de deux jeunes enfants, ses nuits sont plus mouvementées qu’à l’époque, mais c’est tant mieux.

Avec ma femme, on se partage les matins hâtifs quand les enfants se lèvent tôt, mais ça ne me dérange plus les mauvaises nuits, dit le coureur qui codirige Balboa sport, une entreprise de gestion et de promotion d’événements sportifs. Si mon entraînement est moins bon parce que j’ai mal dormi, c’est la vie. Je n’ai plus de comptes à rendre à personne d’autre que moi. Je ne mets plus autant de pression parce que je ne représente plus mon pays ou ma fédération. Là, si je rate un objectif, oui je suis déçu, j’en parle avec mon entraîneur et la vie continue.

S’il accepte de baisser la barre, la performance ne peut toutefois pas être évacuée complètement de son plaisir.

J’ai besoin de m’accomplir dans quelque chose qui m’appartient. Je veux sentir une progression et être fier des efforts investis. J’éprouve un grand plaisir à garder une rigueur de vie en plus de mes responsabilités parentales. Je le fais pour moi, mais aussi pour montrer l’exemple à mes enfants.

François Hamelin, coureur et ancien patineur de vitesse sur courte piste

Déjà son plus vieux commence à l’imiter au parc. Comme François imitait son père il y a une trentaine d’années.

Une roue qui tourne.

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