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Yvon Michel ne portera pas sa suspension en appel

Il a l'air songeur.

Yvon Michel

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Chabot

Jean-François Chabot

Le promoteur Yvon Michel n'interjettera pas appel de la suspension de deux semaines qui lui a été imposée dans la cause qui l’opposait à la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec (RACJ).

Si le président du Groupe Yvon Michel (GYM) y renonce, ce n’est pas parce qu’il accepte la décision du tribunal administratif. Il s’agit d’un choix purement économique.

On est dans un moment très difficile financièrement. On doit s’assurer d’avoir toutes nos ressources dans la bonne direction. On me dit que ça me coûterait entre 40 000 et 45 000 $. Et ça m’a déjà coûté beaucoup plus que ça pour nous défendre la dernière fois.

Rappelons que le 31 juillet dernier, le tribunal avait imposé une suspension de deux semaines à GYM pour avoir nui au bon renom du sport en lien avec une soirée de boxe organisée en septembre 2019 à Montréal.

Yvon Michel admet qu’il aurait voulu aller jusqu’au bout parce qu’il s’agit pour lui d’une question de principe. Il est convaincu qu’il aurait gagné. Selon ses propres dires, il va donc mettre son ego de côté.

À présent qu’il est de nouveau permis d’organiser des événements, il estime que sa suspension a déjà cours et qu’il pourra bientôt mettre toute cette histoire derrière lui.

Des projets en attente

Même si, en raison de la pandémie, il ne prévoit pas dans l’immédiat imiter son concurrent Camille Estephan d’Eye of the Tiger Management en organisant des événements à huis clos, Yvon Michel continue ses démarches pour trouver des débouchés aux athlètes sous contrat avec son organisation.

Il est clair dans son esprit qu’il n’essaiera pas d’organiser un événement avant le mois de décembre. Les récentes éclosions semblent appuyer sa thèse, même si la carrière de ses boxeurs reste sa priorité.

Je trouve que d’organiser un événement dans les conditions actuelles est pas mal hasardeux. Je suis content qu’Eye of the Tiger parle d’une date possiblement au mois d’octobre. On va regarder ça avec beaucoup d’attention. Leur événement va probablement faire office d’indicateur pour tout le monde pour voir si c’est faisable.

Yvon Michel, président de GYM

À la lumière des récents résultats négatifs obtenus par Eleider Alvarez et Mikaël Zewski, tous deux vaincus par K.-O. dans la bulle de Top Rank, à Las Vegas, Yvon Michel ne jette pas l’éponge.

Dans le cas d’Alvarez, il semble que les choses soient en voie de s’arranger entre l’ancien champion des mi-lourds de la WBO et son entraîneur Marc Ramsay.

Deux boxeurs dans l'arène

Eleider Alvarez est mis K.-O. par Joe Smith fils, à Las Vegas.

Photo : Hector DeLaCruz/Top Rank

On se souviendra que Ramsay n’avait pas mâché ses mots au lendemain de la défaite de son protégé contre Joe Smith fils, le 22 août, allant jusqu’à suggérer que l’heure de la retraite avait sonné et qu’il ne souhaitait plus travailler avec lui.

Tout en reconnaissant que l’entraîneur avait été un peu brutal dans son choix de mots, Yvon Michel est d’avis que Ramsay avait un important message à passer.

J’ai beaucoup parlé avec Marc et avec le gérant d’Eleider, Stéphane Lépine. Les deux ont rencontré Eleider. La conclusion qu’ils m’ont ramenée est que Marc va rester dans le coin d’Eleider. Il veut continuer à boxer. Il pense qu’il peut livrer au moins deux ou trois combats.

Yvon Michel

Ramsay et Lépine lui ont imposé des conditions, dont celle de préparer son après-carrière, chose qu’Alvarez n’avait pas encore entreprise malgré ses 36 ans.

Le promoteur a laissé entendre qu’Alvarez était déjà de retour à l’entraînement et qu’il est convaincu de pouvoir aisément lui trouver des adversaires. Son comportement dans le gymnase et le sérieux dont il doit faire preuve dictera la suite des choses.

Zewski toujours en lice

En ce qui a trait au Trifluvien Mikaël Zewski, Yvon Michel estime que sa défaite du 12 septembre face au Lituanien Egidijus Kavaliauskas ne lui enlève rien de sa valeur marchande.

Rappelant que Zewski était en avant sur les cartes des juges jusqu’à cet uppercut fatidique à la fin du septième round, le promoteur affirme que la télévision américaine voudra revoir Zewski très bientôt.

On a reçu des messages de Top Rank qui nous ont dit que Mikaël Zewski allait toujours être le bienvenu. On est unanimes. Mikaël mérite une autre chance, a-t-il insisté. Je ne pense pas que Kavaliauskas a très envie de lui accorder un combat revanche à court terme. Mais il y a beaucoup d’autres boxeurs dans la division (mi-moyens à 147 lb). On a commencé à en discuter.

Parce qu’il a perdu par K.-O., Zewski est sous le coup d’une suspension automatique jusqu’à la mi-octobre. Ça lui donnera l’occasion de guérir sa blessure récalcitrante à une main et de se préparer adéquatement pour son prochain défi qui serait inscrit au calendrier dès cet automne.

Deux boxeuses sur une affiche promotionnelle

L'affiche promotionnelle du combat à venir entre Claressa Shields et Marie-Eve Dicaire

Photo : Courtoisie Salita Promotions

Patience pour Dicaire et Clavel

L’arrivée de la seconde vague de la COVID-19 n’a rien de bien encourageant tant pour Marie-Eve Dicaire que pour Kim Clavel.

Ces deux porte-étendard de la boxe féminine au Québec risquent de devoir patienter encore un bon bout de temps avant de livrer leur prochain combat.

La championne des super-moyennes de l'IBF a déjà vu son combat d’unification contre l’Américaine Claressa Shields, détentrice des ceintures du WBC et de la WBO, être reporté à maintes reprises.

Initialement prévu en mai, le duel tant espéré a non seulement été plusieurs fois reporté, mais on a aussi changé le site et même l’identité du diffuseur. Là encore, Yvon Michel joue la carte de l’éternel optimiste.

J’ai parlé à Mark Taffett [le gérant de Shields] hier. On me dit que ça allait se régler. On s’en irait du côté de UFC Fight Pass [à Las Vegas]. Ils ont des exigences d’options importantes [sur les prochains combats] de toutes les participantes à cet événement, a-t-il précisé.

Les pourparlers sont toujours en cours pour la tenue du combat quelque part en novembre. Il figurerait au cœur d’une carte toute féminine.

Les échanges pour finaliser le contrat s’avèrent plus complexes du côté de Shields, qui avait une entente avec le diffuseur Showtime, lequel n’a toutefois pas été en mesure de tenir promesse.

Kim Clavel est la seule à être sortie gagnante de la bulle de Vegas. Malgré tout, elle doit aussi s’armer de patience en attendant la date de son prochain combat.

Top Rank a déjà de l’intérêt envers Kim Clavel. Le problème présentement est qu’il y a une congestion énorme. Top Rank a des engagements contractuels avec de nombreux boxeurs, et ils doivent trouver de la place à tout le monde cet automne. Cet été, toutes les vedettes de l’organisation n’étaient pas sur le ring. Il y avait donc de la place pour du nouveau monde.

Yvon Michel

GYM doit donc travailler fort en espérant trouver une place pour la championne de la NABF des mi-mouches. Il conserve l’espoir de la voir en action dans le cadre d’un gala qui mettrait aussi en vedette le poids lourd Oscar Rivas.

L'arbitre lève le poing de la boxeuse en signe de victoire.

Kim Clavel lors de sa victoire dans la bulle de Las Vegas

Photo : Mikey Williams/Top Rank

Enfin, contrairement à EOTTM, qui vient de s'entendre avec le Français Christian Mbilli, GYM n’est pas en mode embauche. Là encore, tout est question de budget.

On regarde toujours un peu, mais durant cette période, on n’engagera personne. De toute façon, les Jeux olympiques s’en viennent [les Jeux sont une bonne source de talents pour les promoteurs, NDLR]. On a des offres venant de gérants de New York ou d’Europe. On m’envoie des C. V., mais il n’est pas question pour nous de mettre quelqu’un d’autre sous contrat tant qu’on est dans une situation comme celle-ci. On ne serait pas capable d’investir pour faire avancer sa carrière.

Le patron de GYM est déjà content d’avoir pu garder sa barque à flots grâce aux petits revenus générés par ses boxeurs qui se sont battus à Las Vegas, ainsi qu’avec la télé à la carte, notamment pour le combat d’Eleider Alvarez.

Cela lui a permis de garder son personnel en poste dans ses bureaux du Vieux-Montréal, même si l'horaire des employés a été réduit à trois jours par semaine.

Michel assure avoir déjà eu des entretiens avec ses conseillers financiers et son institution bancaire dans le but d’obtenir le soutien nécessaire à une pleine relance au moment propice.

De son propre aveu, il ne faudrait quand même pas que le coronavirus maintienne son emprise sur l’activité économique pendant trop longtemps.

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