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Camille Estephan pendu aux lèvres de la santé publique de la Mauricie

Un promoteur en conférence de presse

Camille Estephan

Photo : Radio-Canada / Jean-François Chabot

Jean-François Chabot

Un peu plus de trois semaines après avoir obtenu un premier signal vers la relance des activités de la boxe professionnelle, le promoteur Camille Estephan attend toujours le véritable feu vert.

Le grand patron d’Eye of the Tiger Management (EOTTM) est toujours pris dans les dédales de la bureaucratie, au point où il a déjà dû renoncer à la tenue d’un premier gala qu’il souhaitait présenter le 3 octobre, à Shawinigan.

Patient et diplomate, Estephan explique les délais par la lente transmission de l’information d’un niveau à un autre dans l’échelle gouvernementale.

J’ai vraiment l’impression de jouer aux serpents et échelles. On se sent arriver, et puis tu tombes un peu. Mais je n’anticipe pas de problème. Depuis que la santé publique et le Dr Arruda ont approuvé, il revient à la santé publique régionale d’approuver notre protocole. Maintenant, on attend après Mme (Marie-Josée) Godi qui est la responsable de la Mauricie.

Camille Estephan, président d'Eye of the Tiger Management

La course dans le labyrinthe s’est embourbée quand le Dr Horacio Arruda, le directeur national de santé publique, a commandé un nouveau document détaillant la proposition de protocole sur laquelle il s’était entendu avec EOTTM le 28 août.

Ç’a pris une semaine au Dr Arruda à répondre. Ils voulaient la date (du gala) et plusieurs données exactes de l’événement, explique Estephan. Il a ensuite fallu repartir du côté de la Mauricie avec Mme Godi.

Le promoteur ne cache pas son agacement en sachant qu’il est déjà trop tard pour organiser quoi que ce soit le 3 octobre. Une des conditions dans le protocole présenté par EOTTM veut qu’il y ait deux semaines de confinement complet avant un gala.

Cela aurait dû commencer samedi passé. Maintenant, on regarde pour le 10 ou le 17 octobre, dépendamment de la rapidité avec laquelle elle va nous revenir. Notre avocat fait le suivi avec des courriels et des appels.

Quand la logistique s'en mêle

En plus de la complexité de l’appareil gouvernemental, Camille Estephan doit également composer avec les restrictions qu’impose la logistique entourant l’organisation d’un événement de boxe.

C’est déjà assez complexe en temps normal, alors imaginez un peu ce que c’est au moment où l’on assiste à la naissance d’une seconde vague de COVID-19.

À long terme, la réservation de dates pour l’utilisation du Centre Gervais Auto, domicile des Cataractes de Shawinigan de la LHJMQ, risque de prendre des allures de chasse au trésor.

Ça ajoute à la lourdeur de la chose à chaque fois. Tu réserves un building pour une certaine date, et la date change. Il y a un paquet de facteurs, que ce soit le building ou l’équipe de vidéo [pour la diffusion sur son application Punching Grace, NDLR], la technique, le ring. C’est vraiment beaucoup de travail. J’espère qu’on n’aura pas à changer encore une fois. Je pense que le 10 et le 17, le building est disponible. Il s’agit d’avoir la réponse de Mme Godi le plus rapidement possible.

Rappelons que s'il s'agissait d'un événement à huis clos, les règles sanitaires permettraient de le tenir devant un maximum de 250 spectateurs. Pas question cependant de vendre des billets, puisque le promoteur réserverait les trop rares sièges pour ses partenaires et principaux commanditaires.

Estephan continue de chercher des solutions hors Québec. Mais au lieu de mettre lui-même un événement sur pied en Ontario ou en Alberta, il tenterait plutôt de trouver des niches pour ses protégés à l’étranger.

J’explore la possibilité pour certains de nos athlètes de boxer ailleurs, dit-il. J’ai eu une conversation avec des gens en Angleterre qui organisent des galas. On essaie de mettre nos boxeurs sur certaines cartes.

Estephan est conscient que la longue période d’inactivité en cours depuis la mi-mars pèse lourd dans l’esprit des boxeurs, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs.

Comme l’explique Estephan, même si des galas ont lieu un peu partout dans le monde, les promoteurs y présentent un nombre plus limité de combats. La difficulté s’avère compliquée à gérer.

On prévoit deux galas qui vont se succéder rapidement. Ça impliquera des boxeurs canadiens seulement. Ce seront des combats locaux. C’est l’fun, mais t’as pas beaucoup de choix. On va manquer d’adversaires au niveau canadien. C’est une des raisons pour quoi je veux placer certains de nos boxeurs ailleurs à l’international.

Camille Estephan

Là encore, il ne souhaite pas envoyer ses poulains à l’échafaud. Il voudrait que ces derniers soient inscrits sur des cartes en tant que favoris et non pas comme simples faire-valoir.

Du sang neuf

Lundi matin, EOTTM annonçait fièrement l’arrivée du boxeur Christian Mbilli (16-0, 15 K.-O.).

Le Français de 25 ans a récemment rompu ses liens avec le Groupe Yvon Michel (GYM) au sein duquel il avait fait ses débuts professionnels en 2017. Estephan se réjouit de sa nouvelle acquisition.

Un boxeur fonce sur son adversaire.

Christian Mbilli

Photo : Courtoisie Eye of the Tiger Management

C’est très excitant, parce que nous sommes déjà bien nantis dans la division des 168 livres (super-moyens) avec David Lemieux, Eric Bazinyan et Lexson Mathieu, même s’il est encore tôt dans sa carrière. C’est la division la plus hot dans le monde de la boxe avec celle des poids lourds. On augmente nos chances d’avoir des champions du monde avec ces quatre gars-là.

Estephan craint-il de mettre de l’huile sur le feu dans la rivalité qui l’oppose à GYM?

Je ne crains pas la rivalité, répond-il. Au contraire, je pense que c’est une bonne chose. Ça met un peu de piquant pour les fans. Je compare toujours la situation avec le Canadien de Montréal et les Nordiques de Québec. Quand les Nordiques étaient dans la LNH, c’était très intéressant. Je n’ai pas pensé à ça (la compétition avec GYM). Pour moi, c’est un talent exceptionnel. C’est une bonne chose pour la boxe québécoise de ne pas l’avoir perdu au profit d’un promoteur américain ou anglais.

C’est de bonne guerre. Après tout, Yvon Michel lui a déjà ravi Kim Clavel en décembre dernier.

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