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Analyse

Cinq éléments à surveiller en finale de la Coupe Stanley

Un joueur célèbre son but vainqueur.

Brayden Point en extase

Photo : Getty Images / Elsa

Alexandre Gascon

Cinq ans après une défaite crève-cœur aux mains des Blackhawks de Chicago, le Lightning est de retour en finale et donne l’impression que la Coupe Stanley, en 2020, lui appartient. Jusqu’à preuve du contraire.

Tampa Bay est membre d’un groupe restreint de formations à qui l’on promet un trophée pendant des années et qui tarde à se montrer à la hauteur des attentes. Les Capitals de Washington représentent peut-être le plus bel exemple de la chose dans les 15 dernières années. Ils ont fini par y parvenir après des années d’échecs douloureux.

Les Sharks de San José connaissent aussi la chanson. Pour eux, le refrain sonne faux encore aujourd’hui.

La troupe de Jon Cooper a vécu toutes sortes de hauts et de bas depuis la finale en 2015 : deux défaites au septième match de la finale de l’Est (2016, 2018), une exclusion des séries (2017) un peu circonstancielle, il faut l’admettre, et un balayage historique (2019) contre les Blue Jackets de Columbus.

Cette fois, rien ne semble arrêter la machine bien rodée. Les Stars de Dallas, invités surprises, sont le dernier obstacle qui barre la route au Lightning après tant d’années de souffrance.

Inspirés par leur entraîneur Rick Bowness et par leur directeur général Jim Nill, qui touchent presque à leur rêve après des décennies de labeur dans la LNH, les Stars sont loin d’être des faire-valoir. Ils sont habitués d'être les négligés et ont assumé le rôle à la perfection dans les deux séries précédentes pour venir à bout de l’Avalanche du Colorado et des Golden Knights de Vegas.

Dallas débarque dans cette finale avec un ratio de buts négatif (-2), une première en 52 ans, un manque d’explosion en attaque, mais une ténacité à toute épreuve, une défense impressionnante et la capacité à briller lorsque l’enjeu atteint son paroxysme.

Faites vos jeux.


L’empreinte de Julien BriseBois

Subtile est-elle, d’accord, néanmoins omniprésente. Sept nouveaux joueurs se sont amenés dans l’ouest de la Floride après la sainte gifle de l'équipe de l'Ohio, l’an dernier, dont quelques-uns jouent un rôle d’importance.

Le DG québécois a d’abord remodelé sa brigade défensive en mettant la main sur Kevin Shattenkirk, paria dont le contrat a été racheté par les Rangers, à prix modique de 1,75 million de dollars. Shattenkirk s’est promené du premier au deuxième duo d’arrières toute l’année. Le genre d’aubaine que BriseBois se devait de dénicher étant donné le peu de marge de manœuvre financière de son équipe. Il a aussi ajouté un peu de muscles à la date limite des échanges avec Zach Bogosian.

BriseBois a payé cher pour acquérir les attaquants Blake Coleman et Barclay Goodrow, soit un choix de premier tour et un peu plus dans chaque cas, deux joueurs considérés comme marginaux par plusieurs.

Les deux ailiers complètent aujourd’hui le joueur de centre Yanni Gourde et se sont transformés en l’un des trios éteignoirs les plus efficaces de la ligue, muselant les unités de Patrice Bergeron et de Matthew Barzal.

À cinq contre cinq, face à cette opposition de grande qualité, le trio de Gourde a marqué 10 buts et en a accordé 5 depuis le début des séries.

Ajoutez à ces changements la présence au sein du quatrième trio du vétéran Patrick Maroon, seul joueur de l’équipe à avoir remporté la Coupe Stanley, et vous avez là un visage différent de l’équipe corrigée par Columbus en 2019.


Vasilevskiy contre Khudobin

Andrei Vasilevskiy peut-il maintenir la cadence? Quand vous aviez 26 ans, pensiez-vous êtes en mesure de la tenir, la cadence, même si, pour vous, ça équivalait probablement à enchaîner les soirées festives, et pour lui, à arrêter soir après soir les meilleurs hockeyeurs du monde?

Le gardien russe de 1,91 m (6 pi 3 po) et 98 kg (216 lb) n’a donné aucun signe de ralentissement jusqu’à présent. Drapeau rouge toutefois. À partir des quarts de finale, les huit équipes ont utilisé au moins deux gardiens, sauf le Lightning.

Des joueurs félicitent leur gardien.

Andrei Vasilevskiy et Yanni Gourde célèbrent la victoire de leur équipe.

Photo : Getty Images / Elsa

Vasilevskiy a disputé 1315 minutes de jeu, 200 de plus qu’Anton Khudobin, son rival en finale. Ses statistiques sont à couper le souffle avec une moyenne de 1,82 et un taux d'efficacité de ,931. Il s’agit simplement de voir si l’usure se fera sentir. Il a déjà disputé 19 matchs, dont plusieurs à rallonge.

Si les Stars veulent avoir un coup à jouer, Khudobin devra essentiellement répéter ses prouesses réussies contre Vegas. Le Kazakh a accordé huit buts en cinq matchs et a repoussé 153 des 161 tirs dirigés vers lui pour un taux d'efficacité de ,950 et une moyenne de 1,69.


L’usure

Parlant d’usure, elle ne vaut pas seulement pour les gardiens. Les deux équipes ont traversé des moments difficiles dans la bulle, mais le Lightning a souffert davantage.

Premièrement, il a disputé l’ensemble des séries sans son capitaine et meilleur buteur Steven Stamkos. Celui-ci a été aperçu patins aux pieds dans la dernière semaine, mais est encore loin d’un retour au jeu selon son entraîneur, Jon Cooper.

Ensuite, Brayden Point, centre numéro un de l’équipe, a raté deux matchs dans la série contre les Islanders et semblait souffrir le martyre entre chacune de ses présences dans la sixième rencontre. Anthony Cirelli, deuxième centre, est entré en collision avec Anders Lee et a terminé la rencontre sur un genou, selon Cooper, rendant encore plus remarquable son but vainqueur en prolongation.

Les blessures sont moins importantes à Dallas, où il manque tout de même Radek Faksa, joueur utile, et le gardien Ben Bishop. Jusqu’à présent, Khudobin l’a remplacé à merveille.


La profondeur

Sur papier, aucune équipe dans la ligue ne rivalise avec le Lightning en ce qui a trait à la profondeur, particulièrement en attaque. Ça se vérifie sur le terrain aussi. Le premier trio, malgré de nombreux bobos, domine largement ses adversaires. L’unité de Point, de Nikita Kucherov et d'Ondrej Palat a eu le dessus 15 à 6 pour les buts marqués à cinq contre cinq. Et Kucherov ne s’est trouvé sur la glace pour aucun but des Islanders à forces égales en demi-finales. Un exploit remarquable.

Kucherov et Point mènent la colonne des marqueurs dans la LNH et, même si Dallas est appuyée par un Jamie Benn revigoré (18 points en 21 matchs), l’équipe n’a simplement pas les armes pour rivaliser avec ce genre d’artificiers.

On a également déjà fait l’éloge du trio de Gourde. Reste celui d’Alex Killorn, de Cirelli et de Tyler Johnson, plus vulnérable. Ensemble, les trois ont réussi seulement un but à cinq contre cinq, celui de Cirelli en prolongation du sixième match contre les Islanders, et présente un différentiel de -4. C’est inhabituel. Une mince brèche, fine lézarde qui pourrait être rapidement colmatée.

Il sera intéressant de surveiller ce que Bowness décidera de faire avec Benn, Tyler Seguin (2 buts en 20 matchs) et Alexander Radulov. L’entraîneur les a déjà séparés au sein de trois trios et la stratégie avait fonctionné pendant un moment.

Des joueurs s'enlacent sur la glace.

Denis Gurianov a inscrit quatre buts dans la rencontre.

Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

Dallas devra aussi compter sur ses jeunes joueurs Denis Gurianov (17 points) et Roope Hintz (11 points). La clé est toutefois entre les mains du triumvirat défensif Miro Heiskanen, John Klingberg et Esa Lindell. L’ensemble des arrières des Stars a récolté 53 points dans ces séries, un sommet dans la bulle, et Heiskanen connaît, à sa deuxième saison, une prestation digne du trophée Conn-Smythe.

Sera-ce suffisant?

Allez vers le tableau des séries

Les unités spéciales

Tampa Bay et Dallas se débrouillent bien en désavantage numérique avec plus de 83 % de réussite. Étonnamment, l’attaque massive du Lightning tourne à 17,9 %, loin de ses standards habituels.

Celle des Stars est incandescente à 27,3 % d’efficacité. Il y a là une clé, surtout que Tampa Bay est l’équipe la plus punie (235 min) depuis le début des séries. Petit bémol, les Stars suivent juste derrière avec 225 min.

Outre ces départements, les Stars sont dominés dans à peu près toutes les catégories statistiques et sont largement négligés pour remporter leur première finale en 20 ans. Et dans toute cette analyse, aucun mot sur Victor Hedman, imaginez, l’as du Lightning, possiblement le joueur le plus dominant de cet inédit tournoi 2020.

Comme l’a dit Tyler Seguin après la victoire contre Vegas, les statistiques sont surévaluées. À lui et à sa bande de le prouver.

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