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Tendance robustesse avec l’arrivée de Joel Edmundson

Il soulève la coupe Stanley.

Joel Edmundson

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Alexandre Gascon

La défense du Canadien vient de changer de visage en quelques semaines. La refonte privilégiant les costauds s’est entamée avec l’acquisition de Ben Chiarot l’an dernier et s'est drôlement accélérée avec le contrat de quatre ans accordé au défenseur Joel Edmundson mercredi.

Le temps où l’on pouvait reprocher au Tricolore d’être trop petit est révolu. Du moins, pour ce qui est de la ligne bleue concoctée par Bergevin, une version 3.0 depuis qu’il a pris la tête de l'équipe à l’aube de la saison 2012-2013.

Le directeur général a d’abord hérité d’une défense menée par deux des plus talentueux arrières offensifs de leur génération : Andrei Markov et P.K. Subban. S’y est greffée un peu de robustesse de bon aloi à l’occasion – Alexei Emelin, Bryan Allen, Douglas Murray – mais la tendance était clairement en faveur des défenseurs agiles capables d’appuyer l’attaque comme Nathan Beaulieu, Raphaël Diaz et, l’un de ses coups de maître, Jeff Petry.

Il y a ensuite eu l’été 2017, celui de la grande panique suscitée par les départs simultanés de Markov, de Beaulieu, d'Emelin et de Mikhail Sergachev. Pas moins de 14 défenseurs paraderont à la ligne bleue de l'équipe cette saison-là, un sommet dans la ligue, sans que se dégage des embauches une ligne directrice, passant de Karl Alzner à Mark Streit, à Jakub Jerabek, à David Schlemko. Désolé pour ce mauvais souvenir.

Puis, Bergevin a décidé de revenir à une bonne vieille recette : les gros bonshommes capables de dégager le devant du filet pour faciliter la vie au gardien de 10,5 millions de dollars. Dans cette Ligue nationale où le jeu est plus rapide que jamais, ces arrières doivent toutefois être en mesure de suivre la cadence imposée par les attaquants.

La comparaison entre Edmundson et Chiarot est souvent évoquée. L’ancien des Jets de Winnipeg s’est rapidement adapté au style de jeu rapide et exigeant du CH. Clairement, Bergevin estime qu’Edmundson saura en faire autant.

Si l’on considère qu’Alexander Romanov et Brett Kulak complètent actuellement la brigade derrière les duos Chiarot-Shea Weber et Edmundson-Petry, Montréal se retrouve avec une bande des six qui mesure en moyenne 1,90 m (6 pi 2 po) et pèse 94 kg (207 lb). Isolé, le top 4 est encore plus impressionnant.

En fait, il ressemble un peu à celui des Blues de Saint Louis en 2018-2019 lauréats, quel hasard, de la Coupe Stanley. L’impressionnante taille des arrières du Missouri a-t-elle eu un impact sur leur triomphe?

Ça a été un facteur très important, a jugé Edmundson en conférence téléphonique jeudi. Pas juste la taille, mais le fait qu’on jouait physiquement. En même temps, nous pouvions tous patiner et garder le rythme avec les attaquants rapides. Notre but était d’épuiser l’adversaire. On jouait de façon dynamique, les attaquants aussi, et on a fait exploser les autres équipes.

Les similitudes frappent l’imaginaire et n’ont pas échappé à Edmundson.

Avec moi, Shea, Chiarot et Petry ont aussi un bon physique. Et on peut tous patiner. J’aime la façon dont cette équipe se bâtit, a-t-il expliqué.

Joel Edmundson aime frapper. Cette saison, en compagnie de Petry et de Chiarot, il aurait été le troisième joueur du CH parmi les 30 premiers défenseurs pour le nombre de mises en échec par 60 minutes de jeu. Il bloque des tirs. Amorce la majorité de ses présences en zone défensive, signe incontestable de la confiance des entraîneurs, et jouait de plus en plus en séries éliminatoires avec la Caroline avant de se blesser.

Ses statistiques plus avancées ne sont toutefois pas très avantageuses, chose à laquelle il ne prête aucune attention, comme c’est souvent le cas pour qui l'analyse n'est pas flatteuse.

Je suis un gars drôle dans le vestiaire, je suis fort, je suis physique. C’est des choses que tu ne verras pas dans les statistiques nécessairement.

Joel Edmundson

Reste à savoir s’il peut s’adapter à ce qu’exigera de lui Claude Julien.

La connexion francophone

Originaire du Manitoba, Edmundson passe ses étés depuis trois ans à Kelowna, en Colombie-Britannique, oasis de fraîcheur prisée par bien des hockeyeurs, dont Carey Price et Shea Weber, qu’il côtoie régulièrement à l’aréna.

Le défenseur de 27 ans a des racines francophones tirées de la famille de son père, un partisan du Canadien depuis toujours, qui habite à Saint-Lazare dans la province de Louis Riel.

Toute la famille de mon père est canadienne-française. Chaque fois que je parle à ma grand-mère au téléphone, ou n’importe qui de ce côté de la famille, ils se parlent tous en français ensemble. Je suis allé à l’école en immersion française pendant neuf ans. Ça fait longtemps que je n’ai pas parlé français, mais je vais reprendre là où j’ai laissé. Je vais appeler ma grand-mère et jaser avec elle. Je dirais que je suis un peu rouillé présentement, mais je vais être capable de recommencer à le parler, a-t-il lancé.

De nature à enchanter bien des partisans si jamais c’était le cas.

Edmundson a paru réellement ravi de se joindre au Bleu-blanc-rouge, un rêve devenu réalité pour ma famille et moi. Si bien qu’il n’a pas souhaité attendre l’ouverture du marché des joueurs autonomes pour vérifier sa valeur avant de signer son contrat.

Considérant l’incertitude planant sur l’ensemble de la société, assurer sa sécurité à long terme grâce à une entente de quatre ans et 14 millions de dollars ne pouvait pas être un mauvais choix. De son côté, Bergevin a déjà peiné à attirer des joueurs autonomes à Montréal et devait être bien heureux de pouvoir ajouter de la profondeur et du muscle sans risquer la surenchère de ses rivaux.

Bref, tout le monde est content. Pour l’instant.

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