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Chronique

Et si les universités avaient raison?

Adam Auclair et son coéquipier Mathieu Betts plaquent le quart-arrière Samuel Caron, des Carabins.

Des joueurs du Rouge et Or et des Carabins (archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La décision d’annuler la saison de football universitaire cette année a beaucoup fait jaser. Surtout quand, du même souffle, le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) a annoncé que les cégeps et les écoles secondaires allaient jouer.

S’il a semblé bien accepter l’annulation de la saison, l’entraîneur-chef du Rouge et Or de l’Université Laval, Glen Constantin, a plus de mal à comprendre pourquoi des matchs hors-concours ou du jeu simulé ne pourraient être tenu avec d’autres équipes universitaires. Il parle d’incohérence.

On a vu le football civil qui pouvait jouer, alors que le scolaire ne pouvait pas. Le collégial va peut-être pouvoir jouer, mais pas les universités. Je ne pense pas que la COVID peut discriminer entre le collégial et l’université, le civil et le scolaire. Pour moi, c’est ce qui est un peu frustrant, a expliqué Constantin lundi après-midi.

Sa frustration est compréhensible, mais il faudrait peut-être se demander si ce ne sont pas les cégeps et les écoles secondaires qui font fausse route en permettant à leurs équipes de jouer au football, surtout contre les représentants d’autres villes.

Au stade comme chez le coiffeur

Êtes-vous allés chez le coiffeur récemment?

Les chaises sont séparées par des écrans. Les outils et l’environnement de travail sont désinfectés entre chaque client. Tout le monde porte son masque.

Imaginez maintenant une équipe de football. Chaque table de thérapeute est un peu comme la chaise de votre barbier préféré.

Les joueurs se succèdent pour se faire enrubanner un pied, une cheville, un poignet ou pour recevoir un traitement.

Pour jouer au football, la moindre des choses serait de s’assurer d’avoir au moins les mêmes mesures de sécurité que chez le coiffeur.

Est-ce que toutes les institutions scolaires peuvent fournir ça?

Et, autre question, est-ce que les joueurs vont tous aller prendre leur douche à la maison? Ou vont-ils se succéder en petits groupes pour respecter la distanciation?

Si on a des cas positifs comme parmi les Spartiates du Vieux-Montréal cette semaine, est-ce que leurs adversaires aussi se retrouvent en quarantaine?

Les mêmes questions pourraient d’ailleurs être posées aux équipes civiles.

Le Big Ten jouera finalement

Aux États-Unis, les universités du Big Ten viennent d’annoncer qu’il y aurait une saison de football de huit matchs à compter du 24 octobre.

D'accord. On ne parle pas de la même chose. Les programmes de football du Big Ten ont exponentiellement plus de moyens que les universités québécoises. Une ressemblance cependant, ce ne sont pas les gens de football qui ont pris la décision de disputer ou non la saison.

La pression sur les dirigeants d’universités était énorme. Même le président Trump s’en est mêlé avec ses gazouillis pas trop subtils.

La capacité de tester les joueurs quotidiennement et de faire du dépistage cardiaque chez les athlètes qui auront eu des tests positifs aurait pesé lourd auprès des recteurs quand est venu le temps de voter. Ils se sont ainsi sentis protégés en cas de poursuites. Ils auront fait tout leur possible pour protéger leurs athlètes-étudiants. Il ne faut pas confondre avec le système canadien où on parle d'étudiants-athlètes.

Si la question de la sécurité des joueurs peut avoir soulagé les recteurs, la confirmation de la diffusion de matchs doit aussi avoir un impact puisque chaque institution a reçu plus de 50 millions de dollars grâce aux droits télévisuels de football et de basketball l'an dernier.

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