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Tour de France : la 17e étape à Lopez, Roglic accroît son avance

Il lève le poing pour souligner son triomphe.

Miguel Angel Lopez

Photo : AP / Benoit Tessier

Agence France-Presse

Avantage à Primoz Roglic sur Tadej Pogacar : le match entre les Slovènes a tourné en faveur du maillot jaune dans la 17e étape du Tour de France, remportée par le Colombien Miguel Angel Lopez, coéquipier de Hugo Houle chez Astana, mercredi, au col alpestre de la Loze.

À l'altitude de 2304 mètres, le point le plus haut de ce 107e Tour, Roglic (Jumbo-Visma), 2e de l'étape, a distancé de 15 s Pogacar (Team Emirates), 3e, dans un final au couteau, sur une pente vertigineuse.

Au classement général provisoire, Roglic compte désormais 57 s d'avance sur son compatriote à quatre jours de la conclusion à Paris, tandis que Lopez, qui participe à sa première Grande Boucle, s'est hissé au 3e échelon, à 1 min 26 s du maillot jaune.

Sous les yeux du président Emmanuel Macron, Lopez a devancé Roglic de 15 s pour la victoire d'étape.

Pogacar s'est rapproché de Roglic sur la rampe finale avant de céder un peu de terrain. L'Américain Sepp Kuss, dernier lieutenant de Roglic, a pris la 4e place devant l'Australien Richie Porte, à plus d'une minute.

Houle, lui, a conclu au 55e échelon dans un groupe d'une vingtaine de coureurs, à 25 min 17 s de son coéquipier et champion du jour. Au classement général, il pointe au 47e rang, avec un retard de 2:49:41.

Évidemment aujourd’hui, c’est lui qui a fait le gros du travail dans la partie finale, mais c’est toute l’équipe qui a participé, a souligné le Québécois à Sportcom. Je pense entre autres à Gorka Izaguirre qui s’est glissé dans l’échappée devant, qui a fait la différence et qui a pu l’aider […] Cette victoire de Miguel vient récompenser un peu le travail qu’on a fait depuis le début du Tour. On a investi beaucoup d’efforts là-dedans et il a conclu de magnifique façon aujourd’hui.

Personnellement, (le col de la Loze) était certainement l’une des montées les plus difficiles que j’ai faites depuis le début du Tour. Elle était très, très raide. Les derniers kilomètres, c’était des rampes très difficiles, a ajouté Houle. Peu importe la vitesse, on souffrait énormément.

Une finale costaude

Tout s'est joué comme attendu dans l'interminable et inédite ascension finale, longue de 21,5 km et extrêmement pentue dans sa dernière partie au-dessus de la station de Méribel, près de 20 % par endroits.

Le Français Julian Alaphilippe, l'Équatorien Richard Carapaz et l'Espagnol Gorka Izagirre, les trois rescapés de l'échappée lancée dès la première demi-heure, ont successivement été rejoints dans cette montée. Ils étaient passés au sommet de la Madeleine (kilomètre 107,5), la première ascension classée hors catégorie du jour, avec une avance limitée à une minute et demie sur le premier peloton mené par les équipiers de l'Espagnol Mikel Landa et fort d'une trentaine d'unités.

La Bahrain de Landa a poursuivi l'effort en tête de ce groupe jusqu'à Méribel, ce qui a eu pour effet de permettre aux Jumbo de Roglic de s'économiser et de rester dans les roues. Carapaz, le dernier à résister, a tenu bon longtemps.

Le vainqueur du dernier Giro a même accru son avantage qu'il a porté de 20 à 45 s à moins de 5 km de l'arrivée. Il ne s'est incliné qu'à 3 km du col, après une accélération de Lopez.

Très à l'aise, Kuss s'est dégagé avec Lopez quelques instants plus tard avant que le Colombien prenne l'avance.

Roglic a distancé Pogacar à 1700 mètres de la ligne et les deux Slovènes se sont livré à distance un match très serré jusqu'au bout.

Lopez, surnommé Superman dans son pays, a enlevé son premier succès d'étape dans le Tour. Le Colombien de 26 ans a déjà fini sur le podium du Giro et de la Vuelta.

J'étais content que l'étape arrive à plus de 2000 mètres, a dit Lopez. C'est une altitude qui nous convient, à nous les Colombiens. Le Grand Colombier, qui était la première grande ascension (dimanche), m'a donné confiance. L'équipe Astana a été formidable, avec mention spéciale aujourd'hui à Omar Fraile qui est resté longtemps avec moi.

Au départ de ce Tour, mon grand objectif était de terminer à Paris, a-t-il ajouté. Même si j'ai déjà couru d'autres grands tours, je découvre le Tour de France. Je suis venu avec l'ambition prioritaire de me faire plaisir. J'ai senti que la course changeait en arrivant dans les Alpes. Je savais que j'avais la possibilité de viser le podium. On mérite cette victoire. Je la dédie à mon épouse et à mon fils, parce que c'est difficile de me trouver loin d'eux. C'est la partie la plus difficile de mon métier.

Miguel solidifie sa position avec quand même un gros écart sur Richie Porte (Trek-Segafredo, +1:39), ce qui risque de l’avantager puisqu’au contre-la-montre (samedi), les écarts peuvent changer. C’est bon pour lui d’avoir un peu d’avance. Ça lui permet d’avoir un peu plus de marge de manœuvre, explique Houle.

Jeudi, la dernière journée dans les Alpes comporte trois classiques (Cormet de Roselend, Saisies, Aravis) et une montée rare et très raide, pour accéder au plateau des Glières, dans la 18e étape longue de 175 km entre Méribel et La Roche-sur-Foron.

Ce sera peut-être encore plus dur demain. Ce sera la dernière grosse étape de montagne, mais non la moindre. Départ très musclé à prévoir. Il va falloir être prêt dès le départ à faire la différence, a conclu Hugo Houle.

Bernal abandonne

Le Tour est par ailleurs privé de son dernier vainqueur. Le Colombien Egan Bernal, distancé au classement, a jeté l'éponge à la demande de son équipe Ineos au matin de l'étape reine.

Nous pensons qu'il est plus sage pour lui d'arrêter, a estimé le patron de l'équipe britannique Dave Brailsford.

Bernal, 16e du classement à près de 20 minutes de Roglic, était très éloigné du podium. Défaillant dimanche dans l'ascension du Grand Colombier, il n'avait pu reprendre le dessus, mardi, au lendemain de la journée de repos.

Il est sur son vélo, à l'effort, en franchissant la ligne d'arrivée.

Egan Bernal

Photo : Reuters / Christian Hartmann

Le Colombien, qui avait rivalisé avec Roglic au début de l'épreuve du Dauphiné, avait ensuite abandonné la course en se plaignant de maux de dos. Pendant la Grande Boucle, il a de nouveau souffert du dos, sans toutefois s'abriter dimanche derrière cette raison pour expliquer sa défaillance.

Ce n'est évidemment pas ainsi que je voulais que mon Tour de France se termine, a dit le premier coureur colombien à gagner le Tour, cité par son équipe dans le communiqué. Mais je reconnais que c'est la bonne décision pour moi dans ces circonstances.

J'ai le plus grand respect pour cette course, et j'ai déjà hâte de revenir dans les années à venir, a assuré Bernal, qui en était à sa troisième participation.

Le jeune Colombien a abordé le Tour avec le statut de meneur unique dans son équipe, privée de ses deux autres grands noms, les Britanniques Chris Froome et Geraint Thomas, deux anciens vainqueurs dont les performances au Dauphiné, à la mi-août, n'ont pas été jugées convaincantes.

En 2018, pour ses débuts, le Colombien s'était dévoué pour la cause de ses meneurs et avait pris la 15e place. Avant de s'imposer l'année suivante, en prenant le pouvoir au sommet de l'Iseran, dans l'étape tronquée de Tignes (Savoie), à deux jours de la conclusion à Paris.

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