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La victoire, tout ce qui compte pour Brendan Gallagher

L'attaquant veut s'assurer d'avoir une chance de gagner la Coupe Stanley avant de signer son prochain contrat.

Il célèbre un but.

Brendan Gallagher

Photo : Getty Images / Elsa

Alexandre Gascon

De tous les joueurs du Canadien dont le contrat arrive à échéance dans un an, Brendan Gallagher est peut-être le plus important d’entre eux. Le cœur et l’âme de l’équipe, entend-on souvent. Et comme le confirmerait n’importe quel chirurgien, difficile de survivre sans son cœur.

Il est aussi un marqueur de 30 buts depuis trois ans. Denrée rare dans la LNH, davantage encore à Montréal. Il est également le 10e buteur à cinq contre cinq pendant cette période dans tout le circuit Bettman, juste devant David Pastrnak, Brad Marchand, Sebastian Aho et Artemi Panarin.

Pour toutes ces raisons, sans parler de son ascendant certain dans le vestiaire, il demeure l’une des pierres d’assise de la fondation qu’érige Marc Bergevin. Pour ces mêmes raisons, il sera grassement payé.

L’heure des choix approche rapidement pour le directeur général du Tricolore, mais il semble avoir déjà fait son lit dans le camp de Gallagher, comme il l’avait révélé lors du bilan de l’équipe après sa défaite contre les Flyers de Philadelphie. Il fera tout en son pouvoir pour le garder.

Les deux camps ont d’ailleurs entamé quelques discussions préliminaires, pas dans le détail, a expliqué Gallagher lundi, et sont très ouverts de part et d’autre. Comprendre par là qu’on cherchera activement un terrain d’entente sans créer d'animosité dans un monde idéal.

Au-delà du chiffre que lui présentera Bergevin, c’est davantage par ses actions et ses décisions qu’il peut convaincre son ailier droit de 28 ans de rester dans la métropole québécoise.

L’argent est important, évidemment. Mais il y en aura assez, peu importe ce qui se passe. Je vais pouvoir vivre une belle vie après le hockey, ce n’est pas un souci. Je veux apprécier mon temps dans la LNH et je veux avoir l’occasion d’être un gagnant et d’être reconnu pour ça. Tu veux juste être certain que tu vas avoir cette occasion. C’est pas mal tout ce qui compte, a laissé tomber l’attaquant lors d’une conférence téléphonique.

C'est limpide. Gallagher tourne moins autour du pot que du filet.

À plusieurs reprises, le numéro 11 a insisté sur l’importance d’avoir une chance de gagner le grand trophée, de se retrouver dans un environnement victorieux. Difficile de dire avec quel goût en bouche il aurait retraité pour sa Colombie-Britannique adoptive si la saison s’était conclue dans des circonstances normales, soit avec l’exclusion du CH des séries éliminatoires, mais cette occasion inespérée vécue dans la bulle à Toronto a semblé le ragaillardir.

Les deux séries contre les Penguins et les Flyers ont fourni une tonne d’informations à l’organisation maintenant mieux outillée pour prendre ses décisions puisqu’elle sait ce qu’elle a entre les mains. Le constat est aussi vrai pour les vétérans qui ont pu déceler ceux qui avaient l’étoffe des guerriers et le talent pour faire passer l’équipe à l’étape supérieure.

Gallagher a été encouragé.

Il y a beaucoup de signes positifs. Il y a le gardien, l’importance de Weber. Quand tu penses aux jeunes, surtout Suzuki et Kotkaniemi, Suzuki a pris les choses en main. Même dans le junior, on voyait que c’était un gars qui performe quand ça compte. C’est une qualité que tu ne peux pas enseigner. Tu l’as ou tu ne l’as pas.

Brendan Gallagher

Et Kotkaniemi, il est encore tellement jeune. Il a joué à 18 ans dans la LNH. Il amorcera sa troisième saison, mais il n’a que 20 ans. On a vu sa progression. À son âge, je commençais tout juste ma carrière et il a déjà deux ans d’expérience, a ajouté Gallagher. Il l’a eu difficile cette année, mais il a compris qu’il devait prendre de la maturité dans certaines facettes de son jeu. Il a tiré des leçons de ça dans la Ligue américaine et a été très important pour nous en séries. Quand tu vois ce genre de progression, ça a un impact sur ta décision.

Voilà qui est doux aux oreilles de Bergevin qui avait sûrement moins apprécié le numéro de Phillip Danault il y a deux semaines.

En somme, le Canadien va dans la bonne direction, selon Gallagher, mais est-il assez avancé pour le convaincre qu’il peut gagner à Montréal dans les prochaines années? On croit comprendre que oui en déchiffrant un peu ses propos. Cela dit, il a beau affirmer qu’il a toujours cru que cette équipe pouvait gagner, rien ne sera aussi éloquent que sa signature au bas d’un contrat.

En rafale

L’attaquant s’attend d’ailleurs à d’autres changements pendant l’intersaison. La tenue du Tricolore dans les séries éliminatoires a rassuré bon nombre d’observateurs, mais elle ne doit pas occulter la saison misérable qui a précédé, a-t-il rappelé.

On vous dit toujours à quel point on aime jouer ensemble. Si on veut que ça reste comme ça, il faut commencer à exiger des résultats. On peut être content de notre performance en séries, mais en saison, ce n’était pas assez bon. Il faut exiger de meilleurs résultats. L’an prochain, les attentes doivent être plus élevées que ce qu’on a fait dans le passé. On a une occasion de prouver qu’on peut faire le travail, a-t-il estimé.

Par ailleurs, Gallagher est toujours en rééducation de sa fracture à la mâchoire pour laquelle il a été opéré. Il a mis deux semaines avant d’avaler des aliments solides et doit encore les déchiqueter en petits morceaux pour y parvenir. Ses douleurs à la hanche sont aussi en train de s’estomper et il n’entrevoit pas de conséquences à long terme par rapport à cette mystérieuse blessure. Il croit être en mesure de reprendre l’entraînement dans une ou deux semaines.

Il est également revenu sur le dossier Phillip Danault qui a enflammé bien des tribunes dans les derniers jours. Rompu à l’instabilité de la fournaise montréalaise, il a cherché à calmer les ardeurs.

Peu importe mon rôle, et je suis sûr que Danault et Tatar pensent la même chose, je veux juste être dans un environnement gagnant. Si on fait bien notre travail, c’est quelque chose que l’on contrôle. Si quelqu’un fait un meilleur travail que toi, la job va lui revenir. La compétition interne n’est jamais mauvaise. Et le fait qu’on ait des jeunes qui poussent pour des postes va simplement nous permettre de nous améliorer. Tant qu’on te donne l’occasion de te battre pour ton poste, tu l’acceptes. Si quelqu’un mérite davantage que toi cette occasion, tu vis avec. C’est probablement ce que Phil voulait dire. Il a gagné le droit de se battre pour ce rôle [celui de premier centre, NDLR]. Il est évidemment très bon en défense, mais je pense qu’il peut encore plus contribuer à l’attaque. Il est vraiment intelligent, compétitif et il n’abandonnera pas.

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