•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Possiblement la meilleure course de ma carrière » - Hugo Houle

Il pédale à plein effort à l'avant d'un peloton.

Hugo Houle en action au Tour de France

Photo : Compte Twitter d'Astana

Michel Chabot

Hugo Houle est satisfait de ses deux premières semaines au Tour de France, mais il sait que d’importants défis demeurent d’ici à l’arrivée sur les Champs-Élysées, dimanche prochain.

Le cycliste québécois affichait un grand sourire en ce lundi de repos à Grenoble.

C’est bon pour le corps et le moral, a-t-il confié à Radio-Canada Sports avant même le début de l’entrevue.

N’allez pas penser que Houle est fatigué. Après 2649 km, il se sent encore en bonne forme et affirme ne pas avoir de séquelles de sa chute de samedi, bien qu’il ait un peu de peau en moins.

Ça va très bien, je n’ai pas de douleurs ou quoi que ce soit, répond-il depuis sa chambre d’hôtel. J’ai un bon niveau d’énergie. C’est évident que quand je grimpe sur le vélo, je sens que les jambes sont un peu plus lourdes lors de certaines journées, mais mon niveau d’énergie est bien. Je récupère encore très bien et mes valeurs sont bonnes. Donc, c’est de bon augure pour la troisième semaine qui se veut extrêmement difficile. Souvent, c’est là qu’on voit la différence entre les coureurs qui finissent bien et ceux qui finissent un peu moins bien.

Lieutenant de Miguel Angel Lopez, leader de la formation Astana, Hugo Houle apprécie la tenue collective de son équipe. Lopez est 4e du classement général à 1 min 45 s du meneur Primoz Roglic et à seulement 11 s de la 3e position occupée par son compatriote colombien Rigoberto Uran.

On peut quasiment dire qu’on a fait une course parfaite jusqu’à présent avec Miguel Angel Lopez. On a su éviter tous les pièges, soit les chutes et les coups de bordures qu’on a vus dans certaines étapes dans lesquelles nous étions aux avant-postes, ce qui nous a permis de grappiller quelques secondes pour Miguel, ce qui fait qu’il est toujours dans le coup pour le maillot jaune.

Hugo Houle
Il lève le bras en triomphe.

Miguel Angel Lopez est 4e au classement général.

Photo : Getty Images / JOSE JORDAN/AF

Les plus grosses étapes restent à venir pour le classement général, ajoute-t-il. Mardi, mercredi et jeudi seront des étapes-clés avec beaucoup de dénivelés. Il y a encore beaucoup d’action, on l’a vu avec Egan Bernal hier, qui a connu une grosse défaillance. Personne n’est à l’abri d’un tel genre de journée. Donc, il faut rester concentrés.

Heureux du travail accompli

Son niveau de satisfaction quant à ses performances personnelles est également élevé. Classé 50e sur 156, il s’est même offert des 7e et 14e places lors de deux étapes de la semaine dernière.

Je connais un excellent tour, probablement la meilleure course de ma carrière. J’ai l’impression que j’ai augmenté mon niveau d’un cran, je suis capable d’être actif dans les fins d’étapes, je suis pratiquement toujours dans le groupe de tête dans la majorité des arrivées.

Hugo Houle

Il y a même une étape où j’ai réussi à jouer pour la victoire ou pas loin, poursuit-il. Septième, ce n’est quand même pas simple au Tour de sortir et d’aller chercher des résultats comme ça. Donc, je suis très fier de ce que j’ai pu accomplir depuis le départ à Nice.

Plus fort et plus aguerri, l’athlète qui soufflera 30 bougies dans moins de deux semaines ne se fait quand même pas d’illusion quant à ses chances d’un jour lutter pour un titre à la Grande Boucle. Son rôle risque de rester celui d’un bon équipier sur qui un meneur d’équipe pourra compter.

Il faut être honnête, ce n’est pas moi qui vais jouer pour la victoire du Tour de France, à court ou à long terme, dit-il. Par contre, c’est certain que mon rôle va être amené à changer, je vais être un acteur encore plus important pour l’équipe, ce qui est déjà le cas.

Il tente de se détacher du peloton.

Hugo Houle en est à son deuxième Tour de France.

Photo : Facebook / Hugo Houle

Je suis une valeur sûre que ce soit sur le plat, comme on l’a vu avec les coups de bordure. Dans les étapes de transition aussi, dans les montées, j’étais vraiment toujours utile pour mon leader. Et hier, dans une étape de montagne, il restait une cinquantaine de coureurs et j’étais toujours là. Je suis encore plus polyvalent et plus important pour l’équipe, mais je ne pense pas que le fait que je sois plus fort va changer mon rôle. C’est juste que je vais pouvoir faire du meilleur travail.

Pour bien se faire comprendre, Hugo Houle explique que les meilleurs coureurs génèrent beaucoup de puissance, à un niveau que peu peuvent soutenir.

C’est des watts par kilo, la puissance que tu peux produire par rapport à ton poids, mentionne-t-il. Les valeurs maintenues dans les cols, c’est pratiquement 6,2 watts/kg pendant 45 minutes, donc c’est mathématique aussi. Je ne pense pas qu’avec les valeurs que j’aie, je sois capable d’arriver à être un Primoz Roglic ou un Miguel Angel Lopez. Je peux optimiser mon moteur au maximum, mais je ne crois pas avoir les capacités pour remporter un Tour de France.

Je suis capable de tenir du 5,8 ou 5,9. Je ne suis pas très loin, mais il reste que c’est l’enchaînement tous les jours. Ils ont quand même une coche de plus et c’est la crème de la crème. Hier, ils étaient six ou sept coureurs à tenir. C’est très exigeant de faire les trois semaines comme ça.

Hugo Houle

Cela dit, l’expérience acquise à son premier Tour de France l’an passé l’aide à offrir une meilleure performance cette année.

C’est certain, j’ai plus d’expérience sur la façon dont la course se court, estime-t-il. Le Tour de France, c’est quand même assez spécial, tout le monde est vraiment motivé et ce sont les meilleurs qui sont là, donc ça joue encore plus du coude. La course est très nerveuse. J’ai bien manoeuvré à travers ça.

Si je compare mon niveau de forme aujourd’hui avec celui de l’an passé, je suis beaucoup mieux physiquement. L’année dernière, je commençais une bronchite et je toussais beaucoup. J’allais bien sur le vélo, mais je sentais que mon corps était beaucoup plus à la limite. Là, je me sens 100 % normal. C’est bon pour la suite.

Les six dernières étapes pourraient permettre à Astana d’aller chercher un podium sur les Champs-Élysées dimanche. Les coureurs au maillot turquoise déploieront donc tous les efforts pour que leur meneur parvienne au moins à arracher la troisième place.

C’était le plan de match en arrivant ici de placer Miguel Angel Lopez sur le podium et on est toujours dans le coup, indique le vétéran de 10 saisons professionnelles. L’équipe marche bien, nous sommes assez forts collectivement, donc nous allons essayer de rivaliser avec des adversaires comme Rigoberto Uran ou Richie Porte, qui était très fort dimanche. Ce sont les rivaux que nous avons pour la troisième place.

Les deux Slovènes sont incroyables devant, Primoz Roglic et Tadej Pogacar. Il y a encore du boulot, mais nous allons voir comment la course se développera. On voit la puissance de Jumbo-Visma, ce sont eux qui gèrent la course. Et nous, il faut faire notre tactique derrière en étant très intelligents. On n’a pas les chevaux pour rivaliser avec eux. Il faut calculer chacune de nos attaques pour économiser un maximum d’énergie, conclut Houle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !