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Chronique

La combativité de Marc Bergevin annonce un automne intéressant

Le directeur général du CH fait son bilan de la période des échanges au podium du Centre Bell.

Marc Bergevin

Photo : The Canadian Press / Ryan Remiorz

Marc Bergevin est extrêmement combatif depuis l’élimination du Canadien. Ça laisse présager de gros changements au sein de la formation au cours des prochaines semaines.

Après avoir mis la main sur le gardien Jake Allen pour seconder Carey Price, le DG du Tricolore a acquis samedi le défenseur gaucher Joel Edmundson, des Hurricanes de la Caroline.

Edmundson deviendra joueur autonome à la fin des séries éliminatoires, ce qui signifie que Bergevin devra le convaincre de jouer à Montréal pour qu’on puisse le voir porter un chandail bleu, blanc et rouge la saison prochaine.

En juillet dernier, lors des négociations visant à renouveler la convention collective, la LNH et l’Association des joueurs ont convenu d’abolir la période d’entrevue dont bénéficiaient les équipes avant l’ouverture du marché de l’autonomie. Durant l’été 2019, le CH avait utilisé cette période de grande séduction pour courtiser Ben Chiarot, et l’opération s’était avérée fructueuse.

En cédant un choix de cinquième tour aux Hurricanes, Bergevin s’est donné le temps et les moyens de bien faire connaître son organisation à Edmundson. C’est très judicieux compte tenu du fait que cet imposant arrière de 1,93 m (6 pi 4 po) et de 97,5 kg (215 lb) se retrouvait certainement sur la liste de magasinage de plusieurs autres directeurs généraux.

Fait à souligner : Edmundson est représenté par l’agent Craig Oster de l’agence torontoise Newport Sport Management. Or, Oster connaît bien le Canadien puisqu’il qu’il représente aussi Ben Chiarot, Josh Brooks, Cale Fleury et Noah Juulsen, entre autres.

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Depuis cet échange, il est étonnant de lire et d’entendre qu’Edmundson sera, au mieux, un cinquième défenseur dans l'équipe.

Quand les Blues de Saint Louis ont remporté la Coupe l’an passé, cet imposant garçon était le quatrième défenseur pour le temps d'utilisation. Et cette saison en Caroline, Edmundson était le quatrième défenseur des Hurricanes jusqu’à ce que cette organisation fasse l’acquisition de Brady Skjei, des Rangers de New York, à la date limite des échanges.

Après l’élimination du Tricolore, Claude Julien avait confié que la direction souhaitait se donner plus de profondeur à la ligne bleue. Visiblement, Bergevin n’y va pas avec le dos de la main morte (c’est un perronisme) pour atteindre cet objectif.

Un joueur est écrasé contre la baie vitrée.

Joel Edmundson, alors avec les Hurricanes de la Caroline, met en échec Evan Rodrigues des Penguins de Pittsburgh.

Photo : La Presse canadienne / Keith Srakocic

Parmi les 45 défenseurs de la LNH qui ont passé une moyenne de 2 min 20 s (ou plus) par match en désavantage numérique au cours des trois dernières saisons, Edmundson vient au 6e rang pour le plus faible total de buts accordés (55). Ce n’est pas mal du tout! Des arrières de renom comme Mark Giordano (74), Ivan Provorov (88) et Roman Josi (66) présentent des totaux beaucoup plus élevés.

Par ailleurs, parmi les 121 arrières qui ont disputé au moins 180 matchs au cours des trois dernières saisons, Edmundson vient au 33e rang en ce qui a trait au nombre de revirements par tranche de 60 minutes (1,74), au 24e rang au chapitre des tirs bloqués (5,30/60 min) et au 20e pour le nombre de mises en échec distribuées (5,53/60 min).

Si le CH parvient à convaincre Edmundson de s’installer à Montréal, le flanc gauche, qui était un gros point faible depuis les départs simultanés d’Andrei Markov et d'Alexei Emelin, deviendra l’un des plus intéressants de la ligue compte tenu de la présence de Ben Chiarot et de l’arrivée du jeune Russe Alexander Romanov.

Voilà trois arrières parmi lesquels on pourrait répartir le temps d’utilisation de façon presque égale soir après soir. C’est un luxe dont bénéficient bien peu d’équipes.

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L’envers de cette médaille, c’est qu’il faudra offrir à Edmundson un salaire extrêmement compétitif pour le convaincre de ne pas tester le marché de l’autonomie au début du mois d’octobre.

Comme il touchait 3,1 millions de dollars cette saison, il n’est pas déraisonnable de croire qu’il soit à la recherche d’un salaire d’au moins 4 millions. Or, une telle dépense aurait pour effet de gruger à peu près tout ce qui reste de la marge de manœuvre financière de Marc Bergevin.

Il y a à peine deux semaines, le DG montréalais semblait avoir énormément d’espace sous le plafond salarial. Mais l’arrivée de Jake Allen (4,35 millions) et l’éventuelle embauche d’Edmundson feraient passer le CH dans le camp des équipes qui frôlent presque le plafond salarial de 81,5 millions.

Selon le site CapFriendly, il a jusqu’à présent 28,721 millions de commis envers 10 attaquants. Or, il en faut 13 pour commencer la saison, et parmi ces 3 attaquants se trouve Max Domi, qui commandera vraisemblablement un salaire autour de 5 millions. Il faut donc prévoir une dépense se situant autour de 36 millions pour les attaquants.

Avec l’arrivée d’Edmundson, la masse salariale des arrières se situerait autour de 29 millions. Et depuis l’arrivée de Jake Allen, le Tricolore a des engagements financiers de 14,85 millions envers ses gardiens. Dans la LNH, c’est le plus gros montant consacré à l’embauche de deux portiers.

Au total, on aboutirait donc avec une masse salariale de près de 80 millions qui laisserait bien peu de place à l'équipe pour réagir en cas de blessures ou d’imprévus.

Sans compter le fait que Tomas Tatar, Brendan Gallagher, Phillip Danault, Joel Armia et Jeff Petry deviendront tous autonomes à la fin de la saison 2020-2021. Si le CH devait garder tout ce beau monde (ce qui apparaît peu probable), il lui faudrait dégager entre 7 et 9 millions sur sa masse salariale.

C’est pour cela que les prochaines semaines seront fort intéressantes dans l’entourage du Canadien. Des choix difficiles devront être faits, et au moins un salaire important (peut-être deux) devra être refilé ailleurs pour éviter que le directeur général se retrouve menotté.

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