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Méditer sur l’eau en temps de pandémie

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Deux femmes tiennent la pose sur des planches à rame.

Des pratiquantes du yoga sur l'eau, sur la rivière des Milles-Îles.

Photo : Radio-Canada

Le yoga est devenu très populaire depuis les dernières années. Il existe plus d’une dizaine de yogas différents. Il y a le yoga sur tapis, le yoga dansant, le yoga chaud, mais connaissez-vous le yoga sur l’eau? Méditer en plein air, se connecter avec la nature, c’est l’enseignement du club de Yoga Buddha Sup.

Depuis le début du printemps, sept jours sur sept, les adeptes viennent seuls ou en famille. À Terrebonne sur la rivière des Mille-Îles, les participantes suivent les cours de Laurence Bourgault-Martin.

Une fois la planche mise à l’eau, elles se mettent debout et commencent à pagayer sur la rivière sous le regard bienveillant des hérons et de quelques tortues qui profitent du généreux soleil. Arrivés dans une baie où le courant est plus tranquille, le cours peut commencer. À la recherche de l’équilibre sur leur planche, les participantes enchaînent toutes sortes de mouvements qui vont stimuler leurs muscles.

De sa voix calme, Laurence transmet ses messages de sérénité, car pour elle, le yoga sur l’eau, c’est toute une philosophie.

On essaye de travailler sur l’alignement de l’âme, de l’esprit et du corps. Mais là on a une tangente de plus, on a la nature, dit-elle. Finalement, on est comme un tout, on le dit souvent, mais on ne le pratique pas assez. Mais dans le yoga sur l’eau, on le pratique parce qu’on devient un tout, on se fond dans la nature. Donc, la nature devient nous et nous, on devient la nature.

Pendant que les mouvements s’enchaînent, quelques bernaches ont décidé d’aller voir de plus près cet étrange ballet. Tous les exercices se font en toute sérénité et plus le cours avance, plus les visages et les corps se détendent. C’est cette quiétude que les participantes viennent chercher, car le yoga sur l’eau a pris cette année toute une autre dimension avec la pandémie.

Pour Laurence Bourgault-Martin, c’est une véritable bouée de sauvetage qui a été lancée aux participants.

Vous me parlez de la pandémie et j’en ai encore des frissons, poursuit-elle. On a tout de suite senti que les gens en avaient besoin. Ils avaient besoin de se connecter avec les autres, malgré la distanciation, se connecter à la nature, pour finalement ramener la paix en soi.

Un peu d’histoire

Le yoga sur l’eau, ou yoga SUP (pour Stand Up Paddleboard en anglais), ne date pas d’hier. C’est au fin fond de la Polynésie que l’on retrouverait ses origines, explique Nathalie St-Laurent, fondatrice de Buddha Sup.

Le SUP, en fait, ça vient de la Polynésie. C’est la royauté qui se promenait d’île en île pour se déplacer sur des grandes planches de bois, raconte-t-elle. Puis, ç’a été repris par un surfeur émérite hawaïen Duke Kahanamoku dans les années 1940. Ensuite, ce sont des surfeurs, qui, en attendant leur vague, pratiquaient le yoga sur leur planche. Puis quand les planches à rame sont arrivées, comme c’est beaucoup plus stable que les surfs, on a pu développer des exercices pour travailler tous les muscles nécessaires à l’équilibre. C’est l’essence même du yoga sur l’eau. Garder l’équilibre tout en restant concentré comme si vous étiez dans une bulle. Là, on ne pense plus à ce qui est ou reste à faire, on vit le moment présent.

Après plus d’une heure sur l’eau, les participantes traversent la rivière des Mille-Îles laissant les bernaches derrière elles. Arrivée au quai, Sylvie Lafleur nous explique ce qu’elle est venue chercher dans le yoga sur l’eau.

Moi, ce que j’aime dans ce type de yoga, c’est comme un interrupteur que tu fermes. Je décroche. En plus, cette année avec la pandémie, on vivait avec les enfants à la maison, le télétravail, les incertitudes… Alors, de venir ici, ça met un baume sur tous ces moments d’incertitudes, sur tous les stress que l’on vit. Avant et après mon cours, je ne suis plus la même personne. Au début, on arrive avec notre bagage de tout ce qui s’est passé dans notre journée, la matinée, la routine avec les enfants. Tout ça. Puis, quand je repars d’ici, je repars avec les idées plus ancrées dans le moment présent. Je suis bien plus calme et prête pour affronter le reste de mes journées.

En ces temps de pandémie, être en symbiose avec la nature et reposer son corps et son esprit, prend ici tout son sens. Dans les témoignages des adeptes du yoga, le sentiment de flottement est souvent rapporté. Cela n’aura jamais été aussi vrai avec le SUP Yoga.

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