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Un livre-plaidoyer pour des équipes nationales du Québec

Le drapeau du Québec, au vent, sur un mât

Le drapeau du Québec

Photo : Radio-Canada / Danny Gosselin

Équipe nationale du Québec, un projet rassembleur et identitaire, c’est le titre du livre de l’ancien hockeyeur professionnel Robert Sirois qui paraît samedi. Durant plus de 170 pages, l’auteur veut prouver que le Québec pourrait avoir ses propres équipes nationales dans tous les sports.

L’objectif premier de ce livre est de conscientiser la population québécoise sur le fait qu’on a le droit d’avoir des équipes nationales et comment cela fonctionne, explique Robert Sirois. Nous sommes reconnus par l’UNESCO comme un peuple ayant une langue et un gouvernement et à ce titre, nous avons un siège. On est donc reconnus comme une nation, non souveraine, mais on est une nation.

Celui qui a joué pour les Capitals de Washington et les Flyers de Philadelphie donne l’exemple de nations non souveraines qui, comme le Québec, ont été reconnues par de grandes instances sportives internationales, du Comité international olympique (CIO) à la FIFA.

Il y en a 35, s’exclame-t-il. II n’y en a pas juste trois ou quatre. Les gens font toujours référence aux nations qui composent le Royaume-Uni, c’est-à-dire l’Écosse, l’Irlande du Nord, le pays de Galles et l’Angleterre. Mais il y en a 31 autres. Que ce soit le territoire de Gibraltar, les îles Vierges ou le Groenland qui sont membres de la FIFA. Il y en a même 12 qui sont reconnues par le Comité international olympique.

Un projet de longue date

C’est l’avocat Guy Bertrand qui a commencé une bataille juridique en 1976 pour que des équipes de hockey nationales du Québec soient reconnues. Même si le projet s’est rendu jusqu’au Sénat canadien, il n'a jamais vu le jour.

En 2009, Robert Sirois a écrit un livre sur la discrimination que subissent les joueurs québécois dans la LNH. Il revendiquait alors que les hockeyeurs juniors du Québec devraient avoir plus de visibilité et reprochait aux dépisteurs de la LNH de les ignorer. Il reprenait donc le flambeau de Guy Bertrand et attirait l’attention de Pauline Marois, alors dans l’opposition à la tête du Parti québécois.

Suite à la lecture du livre, Mme Marois m’a contacté et m’a invité au parlement, explique Robert Sirois. Elle n’était pas encore première ministre à ce moment-là. Elle m’a dit : "Monsieur Sirois, est-ce que c’est possible d’avoir des équipes?" Je lui ai expliqué mon projet et elle m’a répondu : "Si je suis élue, je vous engage pour faire une étude de faisabilité pour la mise sur pied d’une équipe nationale du Québec." Ce qui fut fait. Elle a tenu parole. J’ai rencontré à l’époque Mme Malavoy, qui était ministre des Sports et de l’Éducation, et nous avons signé l’entente du projet de faisabilité.

J’ai mis neuf mois à rédiger le projet et quand je l’ai déposé à Mme Marois, on était à la fin décembre et elle me dit dans le plus grand secret qu’elle s’en allait en élections au printemps. Et qu’après les élections, on allait mettre le projet sur pied. Elle a perdu les élections et mon dossier s’est retrouvé à la poubelle.

Robert Sirois

L'appui de François Legault

Robert Sirois se défend : son projet n’est pas indépendantiste, insiste-t-il. Pour lui, le sport est avant tout un ciment social. Même un fédéraliste comme Serge Savard a toujours défendu la présence de joueurs québécois avec le Canadien de Montréal, affirme-t-il. Avant que François Legault devienne premier ministre, il a financé le projet de Robert Sirois, rappelle l'auteur.

Moi, j’ai mis sur pied la Fondation Équipe-Québec, dont la mission est de promouvoir nos athlètes, mais aussi d’amener le Québec à avoir des équipes nationales. Beaucoup de nos donateurs sont des députés de l’Assemblée nationale qui utilisent leur budget discrétionnaire.

M. Legault, quand il était dans l’opposition, a rencontré notre président à trois reprises et chaque fois, il lui a dit que s’il devenait premier ministre, il mettrait sur pied des équipes nationales du Québec. Non seulement il l’a dit, mais il a aidé au financement à trois reprises. Les copies de ses lettres sont dans l’annexe du livre.

En juin 2019, le Parti québécois a déposé une motion pour discuter du projet, convaincu que M. Legault dirait oui. Il n’a jamais répondu à la demande et Mme Charest (ministre déléguée à l’Éducation) a dit que l’on voulait faire de la politique sur le dos des athlètes. La même Mme Charest qui représentait le Canada, qui lui, faisait de la politique en mettant sur les athlètes une feuille d’érable en plein visage. Il n’est pas question ici de faire de la politique avec les jeunes. C’est une question de prendre notre place sur la scène mondiale sportive.

Robert Sirois

Le droit d'aînesse

Même si les règlements des principales fédérations internationales sont clairs, avec l’idée d’un pays, une équipe, certaines dérogations sont possibles grâce à ce que l’on appelle le droit d’aînesse, dit Robert Sirois.

Un pays, une équipe, c’est comme ça que fonctionnent la plupart des fédérations internationales. Mais dans certains cas, sous certaines conditions exceptionnelles, les membres de la fédération pourraient accepter un autre membre, sans préciser s’il s’agit d’une nation.

L’Écosse fait partie de la FIFA, car c’est là que le soccer et ses règlements ont été créés. Le pays de Galles est membre de la Fédération internationale de rugby, car c’est là que les règles ont été inventées. On appelle cela le droit d’aînesse. Toutes les fédérations sportives au monde reconnaissent le droit d’aînesse, c’est-à-dire la naissance du sport.

La Fédération internationale de hockey sur glace reconnaît que la naissance du hockey se trouve à l’Université McGill en 1875. C’est à cette époque que les premiers règlements furent écrits. Le Québec pourrait donc facilement, et je dis facilement, faire une demande à l’IIHF en revendiquant être la nation qui a créé ce sport. D’ailleurs, le président René Fasel s’est déjà déclaré favorable à une telle demande dans une entrevue.

Dans son livre, Robert Sirois va jusqu’à détailler toutes les étapes de son projet d’équipes nationales en créant dans un premier temps le CENQ, le Comité équipe nationale du Québec qui irait négocier avec Sport Canada.

Il ajoute que si le Groenland a pu envoyer une équipe aux Championnats du monde de handball, il ne voit pas pourquoi le Québec se priverait de rayonner sur l’échiquier sportif mondial.

Robert Sirois compte aussi dans les prochains mois réunir autour de lui un groupe de pression pour convaincre le gouvernement Legault de la justesse de son projet. Il aurait déjà l’appui d’athlètes de renom comme Jean Pascal et José Théodore et des hommes d’affaires comme Jacques Tanguay.

Une histoire à suivre.

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