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Des hockeyeurs québécois face à l’inconnu aux quatre coins de l’Europe

Éric Gélinas

Éric Gélinas

Photo : Petter Arvidson

Alexandre Couture
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Six mois après un arrêt tout aussi précipité que chaotique du hockey en Europe, les diverses ligues professionnelles s’apprêtent à se lancer dans une nouvelle saison marquée par l’incertitude et la crainte d’une deuxième vague de contamination et d'un autre confinement.

Du Bélarus à la France, en passant par la Suisse et la Suède, le hockey professionnel fera son retour dans les prochaines semaines au grand plaisir des amateurs, mais également des hockeyeurs forcés à l’arrêt depuis mars.

Radio-Canada Sports s’est entretenu avec cinq hockeyeurs qui se jettent dans l’inconnu avec un mélange de scepticisme et de fébrilité.


Francis Paré, Dinamo de Minsk (KHL)

Un joueur à l'entraînement

Francis Paré dans l'uniforme du Dinamo de Minsk

Photo : Yury Kuzmin

Francis Paré est de retour au Bélarus depuis presque deux mois. Le Québécois de 33 ans disputera une 10e saison en Europe et une 2e avec le Dinamo de Minsk.

On a eu un camp d’entraînement, on était dans une bulle à l’extérieur de la ville, où on était protégés de la COVID et tout ce qui se passe en dehors du hockey. On déjeunait, dînait et soupait dans un hôtel. On s’entraînait trois fois par jour et quand on avait besoin de la glace, on faisait environ une trentaine de minutes d’autobus tous ensemble, raconte-t-il.

La Ligue continentale (KHL) a repris ses activités normalement dans la dernière semaine et a mis en place différentes mesures liées à la COVID-19.

Il y a des tests chaque cinq jours, c’est déjà là quelque chose d’énorme, explique Paré. Côté voyage, c’est fait par chaque équipe. Le port du masque devrait aussi être obligatoire dans nos déplacements. Chaque personne dans l’équipe a sa propre bouteille. Mais en même temps, il y a des limites. J’espère ne pas l’attraper, mais on ne peut pas faire des miracles non plus.

Sa famille, qui s’agrandira en décembre, est venue le rejoindre au mois d’août. L’ancien joueur vedette de la LHJMQ avoue qu’il a eu de longues conversations avec sa femme avant qu’elle revienne dans la capitale bélarusse, théâtre de protestations politiques historiques.

« Avant même que ma femme fasse le voyage ici, je suis venu au centre-ville, j’ai marché, j’ai soupé dans un restaurant, je me suis senti en sécurité. Ma fille va à la garderie ici. Présentement, on se sent en sécurité, on prend nos précautions par rapport à la COVID. On y va au jour le jour, on se sent bien. Demain, ça peut changer. Mais pour l’instant, on se sent bien. »

— Une citation de  Francis Paré

Maxim Noreau - Lions de Zurich (Ligue nationale suisse)

Un joueur fonce vers la rondelle.

Maxim Noreau

Photo : Lions de Zurich/Berend Stettler

Maxim Noreau se souviendra longtemps de sa fin de campagne 2019-2020. Le défenseur des Lions de Zurich a vu sa saison de rêve s’envoler en moins de 48 heures.

Quelques mois plus tard, la ligue de hockey suisse se dit prête à reprendre ses activités, même si les modalités de retour et les restrictions liées à la COVID-19 sont encore floues, notamment pour les joueurs.

Les enfants commencent l’école et on ne sait même pas encore quand la saison va commencer, on est déjà trois semaines en retard, explique Noreau, membre de l’équipe canadienne aux Jeux de Pyeongchang en 2018. Ils ont annoncé que les arénas auront droit d’avoir le deux tiers des gradins remplis, mais seulement dans les parties avec des sièges.

Cette incertitude qui persiste à la veille d’une nouvelle saison a pesé lourd sur la motivation de certains joueurs, explique le vétéran de 33 ans.

On est revenus le 1er août, pendant tout le mois, on savait pas trop à quoi s’attendre côté début de la saison. Il y a eu des moments assez compliqués à l’aréna avec les gars, côté motivation.

Noreau et ses coéquipiers des Lions, qui peuvent compter sur l’arrivée de l’ancien du Canadien Sven Andrighetto, ont toutefois la chance de jouer pour une équipe avec beaucoup de moyens financiers.

On est vraiment choyés ici, ils nous l’ont dit depuis le début, on a seulement besoin d’être prêts à jouer, dit Noreau. Est-ce qu’il aura des coupures de salaires? Peut-être. On serait un peu naïfs de penser que tout va être normal. La ligue va se pencher là-dessus, elle doit s’assurer de protéger les petites équipes avant tout.


Éric Gélinas - Rogle Bk Angelholm (Suède)

Éric Gélinas

Éric Gélinas

Photo : Getty Images / Doug Pensinger

À l’image de sa gestion de la pandémie, la Suède ne fait rien comme les autres en hockey professionnel. Les dirigeants de la ligue suédoise visent un retour à la date prévue, le 18 septembre, après près de deux mois de camp d’entraînement.

Éric Gélinas, ancien des Devils du New Jersey et de l’Avalanche du Colorado, portera les couleurs du Rogle Bk Angelholm pour une troisième saison.

« De ce que j’entends des ouï-dire ailleurs dans les autres ligues, s’il y a une place à être, c’est la ligue de la Suède. Pourquoi? Parce qu’ils ont pris une approche différente à la base avec la COVID, je pense que les choses sont pas mal plus libres et normales, comparativement à d’autres pays en Europe. Il y a des restrictions de bon sens, la distanciation sociale, mais les centres d’achats sont ouverts. Il n'y a pas de file d’attente, pas de masque, pas quoi que ce soit comme on a à Montréal. »

— Une citation de  Éric Gélinas

Nous, de ce qu’on s'est faire dire, la saison va commencer à la date prévue. Ils sont encore incertains par rapport aux partisans. Ils sont en conversation avec le gouvernement, ils vont accepter un certain pourcentage de partisans dans l’aréna, ça reste à confirmer encore.

Le défenseur de 29 ans, né à Vanier en Ontario, s’est assuré une sécurité contractuelle et financière en prolongeant son contrat l’an dernier. Après son départ de l’Amérique du Nord et de l’organisation du Rocket de Laval, Gélinas s’est dirigé vers la KHL, où il a joué avec le HC Slovan de Bratislava.

Après une demi-saison très frustrante, il a mis le cap vers la ligue suédoise, où il file maintenant le parfait bonheur.

C’est pas mal la ligue la plus stable et qui demeure dans le top 3 des ligues en Europe. La KHL qui est à part, on dirait, oui, il y a du potentiel à faire plus d’argent, mais aussi aucune assurance. Tu ne sais pas à quoi t’attendre, c’est vraiment un autre monde. La Suède, c’est ce qui ressemble le plus aux ligues en Amérique du Nord, côté salaire, c’est quelque chose de très bien.


Philippe Halley - Ducs d’Angers (Ligue Magnus en France)

Des joueurs à l'échauffement avant leur match

Philippe Halley avec les Gothiques d'Amiens

Photo : Gazettte Sports

Séries éliminatoires annulées puis reprises quelques jours plus tard, arbitre atteint de la COVID-19 : la fin de saison de Philippe Halley est riche en anecdotes.

L’attaquant québécois de 28 ans est de retour en France depuis la fin août. Les camps d’entraînement se sont amorcés avec comme objectif de recommencer la saison le 25 septembre.

Si les mesures sanitaires sont bien instaurées, plusieurs points d’interrogation persistent, notamment sur la présence ou non de spectateurs pour les matchs.

À l’aréna, on doit porter le masque jusqu’à tant qu’on soit assis à notre place dans le vestiaire, on doit porter le masque jusqu’à la glace, explique Halley. Les autres mesures dépendent des régions en France. On est chanceux ici à Angers, on n’est pas dans un secteur chaud.

Pour le moment, il y aura des spectateurs selon les régions où les équipes évoluent. Les régions plus chaudes auront droit à un nombre limité de spectateurs, voire aucun spectateur.

Halley portera l’uniforme des Ducs d’Angers cette saison, après trois années couronnées de succès avec les Gothiques d’Amiens. L’ancien des Tigres de Victoriaville a obtenu un nouveau contrat avec les Ducs pendant l'intersaison, une véritable bénédiction dans le contexte pandémique.


Philippe Cornet - Sans contrat (anciennement en Finlande)

Philippe Cornet

Philippe Cornet

Photo : HPK / Tomi Natri

Philippe Cornet ne se rappelle pas la dernière fois qu’il a été chez lui en Abitibi en septembre. Choix de cinquième tour des Oilers d’Edmonton en 2008, l’attaquant roule sa bosse en Europe depuis plusieurs années.

L’ancien de l’Océanic de Rimouski et des Huskies de Rouyn-Noranda a disputé les deux dernières campagnes avec l'équipe de HPK Hameenlinna dans la ligue finlandaise. Mais le joueur de 30 ans, comme plusieurs de ses collègues, n’a pas de contrat en vue de la prochaine saison, un dommage collatéral de la pandémie.

Ça se portait bien avant la COVID, j’avais reçu deux offres juste avant, explique-t-il. Ça s’est estompé drette-là. J’attends de voir. Les équipes qui s’intéressent à moi ne savent pas combien ils vont m’offrir, c’est quoi leur budget, ils ne savent pas quand ça va commencer.

Mon club n’avait pas signé de joueurs étrangers avant le COVID, et là, ils font le camp d’entraînement et les matchs hors-concours avec seulement des joueurs finlandais. Je pense que c’est la réalité pour bien des ligues en ce moment.

La situation de Cornet est partagée par bon nombre de joueurs québécois. À l’instar de certains de ses collègues, il devra regarder pour un plan B en Amérique du Nord si rien ne débloque de l’autre côté de l’Atlantique.

L’Europe est mon plan A, insiste-t-il. Rendu fin octobre, si ça ne bouge toujours pas, je regarderai peut-être du côté de la East Coast. Financièrement, c’est une option vraiment moins intéressante. Mais au moins, ça me permettrait de jouer au hockey et de ne pas manquer une saison de hockey complète.

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