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« C’est la première fois que j’ai quelque chose à perdre » - Aurélie Rivard

Elle salue la foule de la main à sa sortie de piscine.

Aurélie Rivard après avoir remporté le 400 m libre (S10) aux Jeux paralympiques de Rio.

Photo : AFP/Getty Images / YASUYOSHI CHIBA

Aurélie Rivard devrait être à Tokyo présentement, comme tête d'affiche de l'équipe paralympique canadienne. Elle est plutôt à Québec, où elle tente de reprendre la forme après la plus longue pause de sa carrière.

À 24 ans, l’athlète de Saint-Jean-sur-Richelieu est maintenant l'une des leaders de l’équipe de paranatation. Elle a un peu succédé à son mentor, Benoît Huot.

Médaillée d’argent à Londres, elle a été l’étoile individuelle du Canada aux Jeux paralympiques de Rio avec une récolte de quatre médailles, dont trois en or.

Elle était déjà prête pour Tokyo quand tout a été mis en pause en mars dernier.

Au cours des dernières semaines, comme plusieurs, elle n’a pu s’empêcher de penser à ce qui aurait pu se passer.

Je connaissais mon horaire par cœur. Aujourd’hui, ce serait telle épreuve, demain, ce serait telle épreuve, dit-elle. L’autre jour, je parlais à Ben (Benoît Huot). Il m’a dit qu’aujourd’hui, ce serait le 50 mètres. Je lui ai répondu : "je le sais!". C’est un mix de sentiments. C’est certain que j’aurais préféré être là, plutôt qu’attendre une autre année.

Après être arrivée à Londres pour découvrir les Jeux et s’être présentée à Rio dans l’objectif de réaliser les meilleurs temps de sa vie, elle partait pour Tokyo dans un état d'esprit différent.

Pour la première fois, j’avais un énorme focus sur les médailles, lance-t-elle. Habituellement, c’est plus secondaire. Je me concentre sur la performance et la médaille viendra. Mais là, j’ai des titres à défendre. C’est la première fois que j’ai quelque chose à perdre.

Je voulais battre mes records du monde et, pourquoi pas, ajouter une ou deux médailles dans des épreuves où je suis moins naturellement forte.

La pause a fait mal

Quatre mois loin des piscines, Aurélie Rivard n’avait jamais vécu ça en 12 ans de compétition.

La plus longue pause qu’elle s’était accordée, c’était deux beaux mois après son triomphe à Rio. Et même là, elle avait nagé un peu pour le plaisir.

C’était vraiment dur de recommencer après quatre mois, physiquement et mentalement, explique-t-elle. Je l’appréhendais et j’ai impression que ç'a été encore plus difficile que ce à quoi je m’attendais.

J’ai fait l’erreur de comparer avec ce que je faisais avant la pandémie. Je n’en revenais pas d’être tombée si bas, même si tout le monde était dans le même bateau. Ç'a pris une couple de semaines pour m’en remettre.

Tu perds le sentiment d'être dans l'eau très rapidement. C’est une adaptation. Tu ne te sens pas bien dans l’eau. Quand tu fais des virages, tu es étourdie. C’est comme si ton corps n’était plus habitué. L’an dernier, à cette période-ci, on était à deux semaines des mondiaux et j’étais à mon sommet.

Aurélie Rivard

Cette forme optimale lui a permis de décrocher cinq médailles, dont deux d’or, dans ses spécialités du 50 m libre et du 100 m libre, dans lesquelles elle détient toujours les records mondiaux.

Le 400 m, où elle est aussi détentrice du record du monde, lui a cependant échappé, un impair qu’elle entend bien réparer à la prochaine occasion.

Elle grimace dans la piscine après sa course.

Aurélie Rivard

Photo : Facebook/Comité paralympique canadien

Nouveau et faux départ en 2020

Aurélie Rivard a pris une nouvelle direction en 2020. Elle a quitté Montréal et le centre national d’entraînement du Parc olympique pour aller s’entraîner au PEPS de l’Université Laval.

Naturellement, ce nouvel élan a été brisé par la pause obligée du confinement. La championne paralympique est retournée à Québec en juin.

Au centre national, je m’entraînais pratiquement seule, parce qu’il n’y avait personne de ma catégorie et personne qui faisait les mêmes épreuves que moi, dit-elle. Ici, c’est l’inverse, il y a une douzaine de jeunes qui ont le même entraînement que moi et qui, en majorité, nagent plus vite que moi. Ça me motive énormément.

Et des sources de motivation, elle doit s’en trouver, car les compétitions se font rares.

Peut-être y aura-t-il une compétition cet automne, mais rien n’est certain. Ça pourrait aller au printemps prochain.

Je n’en ai pas nécessairement besoin. Une fois de temps en temps, j’ai besoin de vérifier où j’en suis pour aller chercher ce qui me manque, mais c’est tout.

Cette année, les qualifications vont être très importantes. Pas pour les résultats, puisque je suis déjà qualifiée, mais parce que ça va être la première compétition qui va compter depuis un an et demi, presque deux ans.

Et si les Jeux tombaient à l’eau?

Récemment, tant le président du comité organisateur que le président du Comité international paralympique ont évoqué la possibilité que les Jeux soient carrément annulés. Aurélie Rivard ne veut pas trop y penser.

Je dirais que je me suis adaptée ou plutôt habituée, explique-t-elle. On fait vraiment semblant que tout est correct, que les Jeux vont se tenir comme prévu l’été prochain, que c’est une nouvelle année et que tout va marcher.

J’essaie de ne pas mettre trop d’énergie sur ce qu’on ne sait pas, ou sur les possibilités que ça pète et que les Jeux n’aient pas lieu. Ce serait trop difficile mentalement de s’entraîner pour on ne sait pas quoi.

On est au courant de toutes les possibilités, mais je ne veux pas m’attarder là-dessus.

Aurélie Rivard

En attendant, l’entraînement continue, car il y a des titres à défendre.

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