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Analyse

Que doit-on surveiller au Tour de France de 2020?

Deux cyclistes portant un masque s'avancent au podium.

Primoz Roglic (à gauche) et Thibaut Pinot se feront la lutte pour une place sur le podium final du Tour de France.

Photo : AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Michael Roy

Après une menace d’annulation, ce qui aurait été une première en dehors des périodes de guerres mondiales, le Tour de France a bel et bien pris son envol samedi à Nice avec deux mois de retard.

Malgré cette épée de Damoclès au-dessus de la tête des équipes (rappelons que deux cas positifs en sept jours entraîneront l'exclusion d’une équipe de la course), le plus grand événement sportif mondial annuel devrait donner droit à tout un spectacle encore une fois cette année.

Jetons un œil sur ce qu’il sera intéressant de suivre au cours des trois prochaines semaines.

1- LES FAVORIS

Egan Bernal (Ineos)

Champion en titre, il est maintenant le leader incontesté de la formation Ineos-Grenadiers puisque Chris Froome et Geraint Thomas, qui ont gagné ensemble cinq fois le Tour de France, ont été laissés de côté.

L’arrivée de Richard Carapaz, un équipier de luxe en montagne sera salutaire pour le champion en titre, mais il ne pourra profiter d’une garde rapprochée aussi dominante et complète que ses prédécesseurs dans Ineos, ce qui pourrait jouer contre lui au fil des étapes.

Autre ombre au tableau, Bernal ne semblait pas dans sa meilleure forme au cours des dernières semaines et a même abandonné au Critérium du Dauphiné il y a deux semaines en raison de maux de dos. Dans ce contexte, il est prenable et c’est excellent pour le spectacle.

Egan Bernal se fait féliciter par son coéquipier Geraint Thomas.

Egan Bernal, en jaune, et Geraint Thomas (droite)

Photo : Reuters / Christian Hartmann

Primoz Roglic (Lotto-Jumbo)

Il y a deux semaines, le Slovène était considéré comme la véritable menace au trône d’Egan Bernal. Il est encore considéré comme grand favori selon plusieurs preneurs aux livres. Toutefois, il a chuté dans la quatrième étape du Critérium du Dauphiné et a dû abandonner, alors qu’il se dirigeait allègrement vers la victoire finale.

Heureusement pour lui et pour le spectacle, il n’y aura pas d’explications entre les prétendants au classement général lors de la première semaine. Il pourra donc se refaire une santé en vue des luttes à venir.

Tom Dumoulin (Lotto-Jumbo)

Un ancien champion du monde au contre-la-montre qui grimpe comme les meilleurs sur la planète : c’est la recette parfaite pour être un sérieux prétendant au classement général.

Le Néerlandais a terminé 2e du Tour en 2018, tout juste derrière Geraint Thomas. Il a une équipe formidable avec lui qui envoie toutefois deux hommes pour le classement général en Dumoulin et Roglic.

Une stratégie qui a montré son efficacité, mais aussi ses lacunes par le passé. La cohésion doit être parfaite et les coéquipiers devront être fidèles aux consignes de leur directeur sportif.

À considérer aussi pour le podium final : Thibaut Pinot, Tadej Pogacar, Nairo Quintana, Mikel Landa, Emmanuel Buchmann.

2- LES ÉTAPES CLÉS

Si la première semaine risque, comme c’est souvent le cas, de favoriser les arrivées au sprint ou les échappées qui tiennent jusqu’au bout, les explications entre les prétendants au classement général ont été placées à partir de la fin de la deuxième semaine.

C’est à compter de ces étapes que la victoire échappera à certains cyclistes. Ceux qui survivront pourront continuer à se battre. Trois étapes feront assurément une énorme différence et auront une incidence directe sur le classement général.

15e étape - 13 septembre

Avant la dernière journée de repos, les cyclistes devront négocier avec une arrivée en altitude avec une interminable montée, celle du col du Grand Colombier. Une ascension de plus de 17 kilomètres où les favoris passeront inévitablement à l’attaque.

17e étape - 16 septembre

La journée la plus redoutée de tout le peloton. Deux ascensions monstres sont au menu : le col de la Madeleine et l’arrivée finale située à 2300 mètres d’altitude au-dessus de la station de ski de Méribel. L’éventuel gagnant pourrait assommer le peloton sur cette étape.

20e étape - 19 septembre

Les organisateurs du Tour rêvent chaque année de couronner le vainqueur à la 20e étape, la veille de l’arrivée finale à Paris. En ce sens, ils ont mis le paquet cette année en plaçant ce jour-là le seul contre-la-montre de la Grande Boucle.

Il s’agira d’une étape individuelle de 36 kilomètres avec une arrivée à la Planche des Belles filles, une montée brutale de 6 kilomètres avec un final à 20 % de dénivelé. Si les écarts entre les meneurs ne sont pas trop grands à ce moment-là, il pourrait y avoir des feux d’artifice.

3- UN SEUL CANADIEN SUR LA ROUTE

Il n’y aura malheureusement qu’un seul Canadien en lice cette année. Antoine Duchesne a dû renoncer au Tour quelques jours avant le grand départ en raison d’une mononucléose.

De son côté, celui qui aurait eu les plus grandes chances de remporter une étape, Michael Woods, a été laissé de côté par son équipe Education First Pro Cycling. L’annonce de son départ vers Israel Start-up Nation n’est certainement pas étrangère à cette décision. Il est plutôt rare qu’une équipe investisse temps et argent dans un leader alors qu’il quittera le bateau quelques semaines plus tard.

Parlant d’Israel Start-up Nation, la formation n’a pas sélectionné les Canadiens James Piccoli et Alex Cataford, qui en sont à leurs premiers moments sur le WorldTour. Quant à Guillaume Boivin, à sa grande déception, il se devra se contenter d’un rôle de réserviste.

Vêtu en cycliste, il regarde au loin, sourire en coin.

Hugo Houle entame sa huitième saison sur le WorldTour.

Photo : Getty Images / YORICK JANSENS

Hugo Houle (Astana) sera donc le seul représentant canadien sur le Tour, le deuxième dans sa carrière. Il a appris à la dernière minute qu’il allait prendre part à la grande messe cette année. Maintenant que l’émerveillement du premier Tour est derrière lui, Hugo sera dans des dispositions parfaites pour épauler et guider le leader de son équipe qui sera cette année le jeune Colombien Miguel Angel Lopez.

À 26 ans, Lopez en sera à un premier Tour de France. Il est l’un des meilleurs jeunes cyclistes dans les courses par étapes comme en font foi ses trois titres de meilleur jeune coureur à la Vuelta (2017) et au Giro (2018-2019), ainsi qu’un top 10 à tous les grands tours qu’il a terminés.

4- PLACE À LA RELÈVE

La preuve évidente que la hiérarchie mondiale est en pleine transformation, c’est qu’il y aura sur les routes qu’un seul cycliste qui a déjà gagné le Tour au sein du peloton, soit Egan Bernal.

Exit les Chris Froome, Geraint Thomas, Vincenzo Nibali et compagnie.

Ce sera l’occasion pour ceux qui s'intéressent au cyclisme seulement lors du Tour de France de découvrir ou d’apprécier d’autres vedettes montantes du sport : le triple champion du monde de cyclocross Wout Van Aert, la vedette de Movistar Enric Mas ainsi que Tadej Pogacar qui, à seulement 21 ans, chauffe déjà les meilleurs du monde sur tous les terrains.

Malheureusement, victime d’une horrible chute au Tour de Lombardi, la jeune sensation belge Remco Evenepoel n’y sera pas.

Mathieu Van der Poel, lui aussi triple champion du monde de cyclocross, n'y sera pas non plus puisque son équipe, qui n’est pas à temps plein sur le WorldTour, n’a pas été invitée.

Qu’à cela ne tienne, tous ces jeunes assureront le spectacle du Tour pour plusieurs années à venir.

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