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Jean Pascal invite le Québec inc. à soutenir les athlètes issus des minorités

Gros plan de Jean Pascal portant des lunettes fumées rondes.

« Le geste que les athlètes de la NBA ont posé est vraiment très concret pour montrer qu’ils sont solidaires face aux événements qui se passent aux États-Unis. »

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Jean-François Chabot

Après être monté au front pour le mouvement Black Lives Matter, le boxeur Jean Pascal lance un appel au soutien corporatif des athlètes issus des minorités culturelles.

Ces athlètes n’ont pas toujours la cote auprès des entreprises québécoises en quête d’un porte-parole ou d’un visage pour leurs produits ou leurs services.

Pour un P.K. Subban ou un Bruny Surin, que l'on peut voir sur nos écrans ou dans les pages de nos magazines, il y a des dizaines de Tammara Thibeault et de Kristel Ngarlem qui n'ont pas voix au chapitre.

Ancien athlète olympique et double champion mondial des mi-lourds dans les rangs professionnels, Jean Pascal est le premier à reconnaître qu’il n’est pas à plaindre. Mais il veut utiliser sa notoriété pour sensibiliser les dirigeants d'entreprises et les gens d’affaires.

De mon côté, j’ai été un peu chanceux. J’ai quand fait de bonnes bourses. Des entrepreneurs d’ici m’ont appuyé dès le début de ma carrière [un concessionnaire d’autos usagées et une imprimerie, NDLR], a dit l’actuel champion des mi-lourds de la WBA. Par contre, il reste à des années-lumière de ce qu'un combattant comme Georges St-Pierre a pu toucher en revenus de commandites.

Je crois que nos fleurons québécois (les entreprises d’ici) devraient appuyer un peu plus les athlètes des communautés culturelles parce que ces gens-là sont notre futur. Ils font partie intégrale du Québec.

Une citation de :Jean Pascal, boxeur professionnel

Pascal estime que plusieurs de meilleurs athlètes d’ici sont autant de belles occasions pour les entreprises de s’afficher partout dans le monde.

Les plus grosses compagnies, les plus gros fleurons qui ont beaucoup plus d’impact pourraient justement appuyer les jeunes en quête de leur rêve sportif. Quand on fait des compétitions, on met le Québec sur la map. On met le Canada sur la map aussi. Alors c’est important pour ces athlètes d’avoir des appuis financiers, a-t-il ajouté.

Des occasions d’affaires

Si Jean Pascal prêche quand même un peu pour sa paroisse, il souligne que beaucoup d’autres athlètes talentueux d’ici sont en mal de soutien.

C’est d’ailleurs là qu’il puise sa motivation pour sensibiliser les chefs d’entreprises à leur cause. C’est le temps d’aider nos jeunes. C’est le temps d’aider nos athlètes aussi, a répété le boxeur.

Vous me connaissez, je suis un guerrier. Je suis un battant. Ça ne me dérange pas de me mettre en première ligne. Je me sens privilégié de pouvoir mener cette bataille avec les plus jeunes. C’est important pour moi. Je suis Noir. Je veux faire une différence. Je veux être un modèle dans toutes les sphères de ma vie, que ce soit dans la boxe, à l’intérieur ou à l’extérieur du ring, je veux être un modèle source de motivation pour les gens.

Une citation de :Jean Pascal

Aussitôt la caméra éteinte, il discutait avec son associé d’affaires, Jethro Supré (*). Tous deux citaient les joueurs de basketball Chris Boucher (champion de la NBA avec le Raptors de Toronto) et Luguentz Dort, du Thunder d’Oklahoma City.

Ils pratiquent un sport extrêmement populaire au sein des communautés auxquelles ils appartiennent, mais leurs noms ne trouvent pas écho dans les agences de publicité ou dans les bureaux de marketing des entreprises d’ici.

Quand on demande à Jean Pascal si son attitude face aux caméras dans le cadre des conférences de presse qui précèdent ses combats peut avoir entaché son image auprès des annonceurs, l’homme de 37 ans estime que le public saisit à présent mieux son personnage.

Les gens ont appris à me connaître, ont appris à m’apprivoiser, parce qu’au Québec, des fois, on était peut-être un peu frileux. On ne connaissait pas l’aspect de l'entertaining. Mais regardez-moi. Je n’ai pas une mauvaise image. J’ai une bonne carte de visite. Partout où je suis passé, j’ai toujours été bien accueilli. Je n’ai pas de scandale qui colle à mon nom. Je crois sincèrement que je pourrais être un fier porte-étendard d’une compagnie pour bien les représenter à travers le monde.

Un boxeur à l'entraînement

Jean Pascal

Photo : The Canadian Press / Ryan Remiorz

Jean Pascal croit-il que les entreprises d’ici sont frileuses de s’associer à un athlète issu des communautés culturelles?

Je n’ai pas toutes les données devant moi, alors ce serait juste de la spéculation que je pourrais faire. Mais je me prends comme exemple, j’ai fait une technique policière, je suis allé au collège. J’ai eu de bons résultats. Je n’ai jamais de grands scandales qui ont collé à mon nom, explique-t-il.

Quand une compagnie veut s’associer à quelqu’un, ce n'est pas pour le sport, c’est pour la personne, pour l’athlète qu’il est. Peut-être que oui, elles sont un peu frileuses. Mais dans la vie, il faut monter dans le train, a déclaré Pascal en guise de conclusion.

(*) Jethro Supré fait partie de la garde rapprochée de Jean Pascal depuis plusieurs années. Il est aussi agent de joueurs certifié auprès du baseball majeur. Jesen Therrien (joueur autonome, Dodgers de Los Angeles), Charles Leblanc (espoir des Rangers du Texas), Otto Lopez (espoir des Blue Jays de Toronto), le receveur Chadwick Tromp (Giants de San Franciso) et le nouveau retraité Philippe Aumont figurent parmi sa liste de clients.

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