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Un mondial au Bélarus et la LNH aux Jeux : René Fasel fait le point

Deux hommes en complet en conférence de presse

René Fasel, président de la Fédération internationale de hockey sur glace, et Gary Bettman

Photo : La Presse canadienne

Le président de la Fédération internationale de hockey (IIHF), René Fasel, ne manque pas de travail ces temps-ci. Après l’annulation du Championnat du monde masculin en 2020, celui de 2021 se complique. Le Bélarus, qui doit l’organiser conjointement avec la Lettonie, est en crise après ses élections présidentielles contestées. Rien n’est réglé non plus dans le dossier des joueurs de la Ligue nationale (LNH) aux Jeux olympiques de 2022 et 2026. Le dirigeant a bien voulu répondre aux questions de Radio-Canada Sports.


Q. Comment la Fédération internationale a-t-elle été touchée par la pandémie?

R. Nous avons dû annuler 19 tournois, 19 championnats dans les différentes catégories d’âge. Heureusement que nous avions une assurance pour le Championnat du monde senior, qui aurait dû avoir lieu en Suisse.

Je reconnais qu’actuellement, on a beaucoup de soucis pour la suite des choses, car les chiffres de la pandémie augmentent en Europe. On a un tournoi qui commence avec les moins de 20 ans le 13 décembre. Et dans la situation actuelle, on a beaucoup de défis.


Q. - En plus de tous vos soucis, vient s'ajouter celui du prochain mondial en 2021, qui doit se tenir conjointement à Riga et à Minsk. Mais compte tenu de la situation au Bélarus, la Lettonie veut maintenant se dissocier de l’événement. Qu’en pensez-vous?

R. Elle ne nous a pas écrit directement en nous disant qu’elle ne voulait pas collaborer avec nous et qu’elle remettait en question le tournoi. On attend toujours une lettre officielle. Il est vrai que le premier ministre de la Lettonie a fait des remarques et des commentaires qui allaient dans ce sens-là. Mais, entre-temps, les gens de hockey ont travaillé avec les ministres du gouvernement letton et on attend maintenant cette lettre pour voir ce qu’ils vont nous demander.

On va les écouter, on va regarder, on va essayer de trouver des solutions, mais on ne va pas se mettre sous pression par rapport à des décisions politiques.


Q. Ça vous touche ce qui se passe au Bélarus?

R. Oui, effectivement. Comme tout le monde le sait, on a eu un tournoi extraordinaire en 2014 avec plus de 600 000 spectateurs, avec des partisans assez extraordinaires, une ambiance fantastique. C’était la fête du hockey!

Ne pas aller au Bélarus, c’est aussi priver ces gens d’une fête du hockey. Donc, on va chercher des solutions. On va attendre, car on a encore un petit peu de temps. D’ici la mi-septembre, on aura reçu la lettre du gouvernement letton, on va également suivre la situation au Bélarus. D’ailleurs, ça commence à se calmer. Ensuite, il faudra prendre une décision d’ici la fin novembre, donc pas de stress pour le moment.


Q. Est-ce que vous travaillez sur un plan B? Est-ce qu’on pourrait s’associer avec un autre pays?

R. Gouverner, c’est prévoir. Il faut écouter les gens qui nous entourent avec l’éventuelle possibilité d’un plan B. Mais notre but reste toujours le même. On a reçu de notre congrès la mission d’organiser le Championnat du monde à Minsk et à Riga et on va tout faire pour réussir cette mission.

Mais bon, comme je vous le disais, les choses ont l’air de se calmer. Il y a un processus politique qui est en train de se mettre en place. Il y a aussi l’Europe qui prend position, les Russes ne vont pas abandonner le Bélarus comme ça. Donc il y a vraiment de gros défis politiques et je pense que ce n’est en aucun cas à une fédération internationale de s’en mêler ou prendre des décisions.

C’est aux politiciens de prendre des décisions, de donner une direction. Et je refuse qu’on nous demande à nous, fédérations de sport, de prendre des décisions qui prennent une direction politique. Je ne le ferais jamais!

Les mondiaux de juniors 2021, s’ils sont maintenus au programme à Edmonton et à Red Deer, en Alberta, se tiendront à huis clos, a fait savoir René Fasel, lundi.


Q. Dans deux ans, ce sont les Jeux de Pékin. Où en êtes-vous dans vos négociations avec Gary Bettman et la Ligue nationale?

R. Tout d’abord, je dois féliciter Gary avec la bubble, cette bulle qu’ils ont réussi à mettre en place. Je téléphone régulièrement à Gary. D’ailleurs, je l’ai félicité il y a quelques jours. Il est dans sa petite cuisine à New York et il dirige tout cela de là et cela ne doit pas être facile.

Assez souvent, je regarde les matchs et ça se passe bien, je dirais même très bien. On a vu que le baseball avait plus de difficultés, mais la NBA marche très bien et j’espère qu’on aura une belle finale de la Coupe Stanley, et, pourquoi pas, avec une équipe canadienne!

Quant aux négociations, tout d’abord félicitations à Gary et à l’Association des joueurs pour avoir signé leur contrat de six ans, jusqu’en 2026. C’est une belle occasion pour Gary Bettman et Donald Fehr de trouver une solution pour les Jeux de Pékin et ceux de Milan. Il y a quand même beaucoup de détails à régler, il faudra voir aussi avec le CIO s’il est prêt à couvrir les frais techniques, c’est-à-dire le voyage et les frais d’assurance. Mais il y a beaucoup, beaucoup de pain sur la planche.


Q. Alors, c’est quoi le principal problème que vous avez avec Gary Bettman?

R. Mais il n’y a pas de problème. Mon Dieu que non! Je pense que Gary l’a toujours dit : interrompre la saison pour aller à Pyeongchang, en Corée du Sud, il n’était pas prêt à le faire parce que cela ne lui rapportait rien. On a eu d’ailleurs une réunion très importante avec des représentants du CIO cette année, début février, qui a très, très bien marché pour trouver des solutions avec la ligue.

Je crois qu’on va trouver une solution! Pour nous, il est vital que le CIO prenne en charge les frais de voyage et d’assurance. Il est vrai qu’on reçoit une somme du CIO, mais si on déduit tous les frais, on va se retrouver avec moins d’argent que la fédération de luge. Je n’ai rien contre la fédération de luge, mais on a tous les jours des matchs lors des Jeux, le tournoi féminin également. Alors tout simplement, je ne suis pas d’accord. Je n’ai rien contre les petites fédérations, mais le hockey, c’est quand même l’événement principal des Jeux d’hiver.

Le hockey à Pékin avec la Ligue nationale, c’est quand même ce qui va attirer les téléspectateurs et les amateurs des sports d’hiver.


Q. Le fait que les Jeux d’hiver soient en Chine devrait intéresser Gary Bettman, toujours à la recherche de nouveaux marchés pour la Ligue nationale…

R. Certainement, et je pense que le basketball est là pour le prouver. La NBA a investi énormément d’argent en Chine pour être présente. David Stern (ancien président de la NBA) avait commencé il y a beaucoup d’années et cela a très bien marché, avec ce marché chinois qui est énorme. D’ailleurs, le sport collectif le plus important en Chine, c’est maintenant le basketball, même avant le soccer.

Je pense qu’il y a une place pour notre sport, le hockey, en Chine, et il est tout à fait normal que le symbole de la LNH va intéresser beaucoup plus les Chinois qu’une ligue européenne.


Q. Vous suivez les matchs de la Coupe Stanley, quelles sont vos impressions jusqu’ici?

Ici, en Europe, on est content, car on peut regarder les matchs à 21 h ou 23 h. Avant, il fallait se lever vers 2 h ou 3 h le matin. Je pense qu’ils ont pris une décision assez judicieuse pour qu’on puisse regarder les matchs en prime time pour attirer les gens ici en Europe à des heures qui sont tout à fait normales.

On suit cela d’un œil, je ne suis pas un partisan comme chez vous au Canada. C’est sûr qu’on n’a pas l’habitude de voir des matchs de hockey au mois d’août. Mais au moins, on voit du sport de très bonne qualité, alors n’oubliez pas de suivre tous ces matchs.

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