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Percé-Montréal à la course : Joan Roch arrive à bon port en 14 jours

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un coureur prend un egoportrait

Joan Roch dans le Bas-Saint-Laurent

Photo : Facebook/Joan Roch

Radio-Canada

L’ultramarathonien Joan Roch a conclu mercredi matin, au sommet du mont Royal, une impressionnante épopée de 14 jours et 1130 km à la course entre Percé et Montréal.

Pour ajouter à l'exploit de cet homme de 46 ans, c’est sandales aux pieds qu’il a parcouru la distance.

Je n’avais jamais pleuré après une course. Mais là, j’ai senti que ça s’en venait... Et comme de fait, ça n’a pas manqué. J’ai failli avoir les larmes aux yeux hier à Varennes en voyant Montréal en enfilade, je l’attendais cette image-là. Et en arrivant ce matin, ça m’a fait un petit choc, a-t-il déclaré quelques instants après avoir enlacé ses trois enfants qui l’attendaient sur le belvédère qui surplombe le centre-ville.

En parcourant en moyenne de 80 km par jour, Joan Roch a vite réalisé la mesure du défi qu’il s’était donné et pour lequel il n’était pas vraiment préparé. Au départ, il pensait en finir en neuf jours.

Le haut relief gaspésien et la chaleur ont bien failli avoir raison de lui et de son projet au bout de seulement trois jours. Contraint de s'arrêter à l’Hôpital de Rimouski pour une douleur qui lui rongeait la jambe droite, Roch était à un cheveu de tout abandonner quand l’urgentologue l’a rassuré.

Je commençais déjà à faire des plans pour prendre le bus et rentrer à la maison. Mais l’urgentologue me dit que c’est juste une infection bactérienne, une cellulite et qu’avec des antibiotiques, je pouvais recommencer à courir. Fallait courir encore huit à neuf jours. J’étais résigné à ce que ça s’arrête, ça faisait partie des possibilités. Je suis reparti le lendemain même si la jambe faisait encore mal. C’était pas évident.

Joan Roch, ultramarathonien
Gros plan des pieds couverts de bandages d'un homme en sandales

Les pieds meurtris de Joan Roch

Photo : Facebook/Joan Roch

De l'aide inespérée

Joan Roch est extrêmement reconnaissant envers la population de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, qui l’a appuyé sans retenue. Cela constitue sa plus belle surprise au travers toute l’aventure.

Je n’avais rien demandé. J’ai accepté l’aide nécessaire. C’est ça qui m’a permis de continuer chaque matin. Tous les gens que j’ai rencontrés... J’ai dormi dans une ferme laitière, dans un chalet sur le bord du fleuve sans électricité. J’ai été accueilli chez des gens qui me nourrissaient comme un roi. Je mettais les pieds sous la table et on s’occupait de moi. C'est complètement fou. Ils m’ont tous offert ça de bon cœur et c’était magique.

Joan Roch

Ça fait que je me couchais trop tard le soir, mais c’était des rencontres incroyables. Des gens que je ne connaissais pas, mais que j’avais l’impression de connaître depuis des années. Là, je vais retourner les voir pour les remercier comme il faut, a dit Roch encore ému.

C’est en se fixant de modestes objectifs de 5 km à la fois qu’il est parvenu à traverser les moments les plus difficiles où son corps et sa détermination semblaient vouloir le lâcher. Il reconnaît avoir voulu tout arrêter à cinq ou six occasions.

Sa conjointe Anne Genest, qui l’a suivi à bord de la voiture de ravitaillement qui l’accompagnait tout au long du périple, n’a pas caché son admiration.

Je suis extrêmement fière. Ça me semblait impossible à faire. Mais j’aime le fait que Joan, quand ça semble impossible, il rend ça possible. Je l’encourage à continuer. Le corps est capable de choses incroyables. Je veux que Joan continue à franchir les frontières et à essayer des choses. Je le trouve tellement inspirant.

Anne Genest, conjointe de Joan Roch
Un coureur sur une plage en sandales

Joan Roch à Percé

Photo : Radio-Canada / Courtoisie: Joan Roch

Joan Roch parle déjà du prochain défi qu’il aimerait relever.

On peut toujours courir plus loin, plus longtemps. Là, j’ai fait 1130 km. Le continent, c’est plus grand que ça. On peut traverser un continent, ça se fait. Je voulais tester ça, Percé-mont Royal. Je sais qu’on peut faire mieux et faire plus vite. Qu’est-ce que je peux faire d’autre? Pour l’instant, je n’ai pas la réponse et je préfère ne pas la connaître. Faire plus que 1100 km, ça va prendre un mois, deux mois, trois mois. Pour l’instant, je ne suis pas prêt à ça.

En attendant, il va réviser ses notes en préparation d’un livre à paraître sur son aventure.

C’est en voiture qu’il est finalement rentré à la maison en compagnie de sa conjointe et des enfants.

(Avec les informations d'Antoine Deshaies)

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