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Chronique

Canadien-Flyers : une belle et magistrale raclée

Des joueurs de hockey se colletaillent.

Auteur d'un blanchissage vendredi, Carey Price passe son bloqueur au visage d'un des joueurs des Flyers au cours d'une échauffourée devant son filet.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

TORONTO - Au début de cette série, le Canadien piquait simplement la curiosité des Flyers de Philadelphie. Mais la situation a changé du tout au tout vendredi après-midi. En piétinant ses adversaires dans une victoire sans équivoque de 5-0, le CH est clairement parvenu à capter toute leur attention.

Après une défaite serrée de 2-1 aux mains des Flyers mercredi soir, les joueurs montréalais se disaient simplement heureux d’avoir démontré qu’ils pouvaient patiner sur la même glace que les hommes d’Alain Vigneault. Moins de 48 heures plus tard, à leur grand dam, les Philadelphiens ont entrepris le deuxième match comme s’ils les avaient crus.

Dès que la rondelle a touché la glace, le Tricolore est tombé sur les Flyers comme la misère sur le pauvre monde. Après seulement 62 secondes, Brendan Gallagher esquivait le défenseur Philippe Myers comme un cône (orange, comme il se doit), sortait d’un coin de patinoire et remettait le disque à Tomas Tatar pour lui permettre d’enfiler son premier but des séries.

Tout était en place.

Allez vers le tableau des séries

Le reste s’est avéré à la fois beau et surréaliste. Les plus enthousiastes s’attendaient à voir le Tricolore se camper en défense en espérant avoir une chance de disputer des matchs serrés contre l’équipe qui domine la LNH depuis le 1er février dernier et depuis son arrivée à Toronto.

Inconstants, peu engagés et considérablement dérangés par l’échec avant sans relâche du Canadien, les Flyers n’ont cadré leur premier tir que dans la 17e minute de jeu, déjà en retard de deux buts.

C’était presque poétique de voir David, qui a subi plus que son lot de défaites cette saison, infliger une si décisive correction à Goliath. Et pas à l’aide d’un lance-pierre! Pour le premier match de Kirk Muller à titre d’entraîneur en chef, ses joueurs y sont allés mano a mano.

Nous nous sommes fait botter le derrière. Le Canadien nous a dominés dans tous les aspects du jeu. Ils ont travaillé plus fort que nous, ils ont joué mieux que nous et ils ont mieux exécuté que nous. Et surtout, leur désir de vaincre était plus fort que le nôtre, a analysé Alain Vigneault après ce revers, qu’il a qualifié d’embarrassant.

Alain Vigneault

L'entraîneur des Flyers de Philadelphie Alain Vigneault baisse la tête au banc de son équipe lors du deuxième match de la série contre le Canadien de Montréal.

Photo : Getty Images / Elsa

***

De son côté, Kirk Muller a semblé recevoir une triple dose de chance du débutant. En l’espace de deux heures et demie, le remplaçant de Claude Julien a vu à peu près tous les problèmes de son équipe s’estomper.

Guidé par son instinct, a-t-il expliqué après le match, le capitaine Kirk a mis fin à la punition que purgeait Max Domi à titre de centre du quatrième trio. Patrouillant le flanc gauche aux côtés de Jesperi Kotkaniemi et de Jonathan Drouin, Domi n’a pas boudé cette fois. Et il a connu un fort match. Tout comme le reste du trio d’ailleurs.

Muller a aussi relégué le vétéran Dale Weise aux gradins pour concocter une quatrième unité intéressante. On y retrouvait deux autres porte-couleurs du Rocket de Laval, Alex Belzile et Jake Evans, flanqués du grand Finlandais Joel Armia. Ils ont offert la meilleure prestation d’un quatrième trio du CH depuis le début des séries.

Avant ce deuxième duel Canadien-Flyers, on s’inquiétait de la contribution anémique des attaquants montréalais, qui avaient été limités à seulement six buts en cinq matchs. Or, vendredi, les pendules ont été remises à l’heure : les cinq filets ont été inscrits par des attaquants.

Blanchis depuis leur arrivée dans la bulle torontoise, Tatar (deux buts) et Armia (un but) ont chassé le chat noir qui s’était confortablement installé sur leurs épaules. Et Jesperi Kotkaniemi, qui a célébré ses 20 ans il y a à peine un mois, a inscrit les deux autres.

Au moment d’écrire ces lignes, avec un total de quatre buts à sa fiche, Kotkaniemi était le meilleur buteur des séries parmi les 16 équipes toujours en lice. Vous ai-je dit que ce match était à la fois beau et surréaliste?

***

Par ailleurs, si Claude Julien a regardé le match (il est de retour à Montréal pour se remettre d’une intervention chirurgicale subie jeudi), il a dû se retenir pour ne pas bondir devant son téléviseur en voyant son humble unité d’avantage numérique secouer les cordages à deux reprises.

Depuis le début de l’année, c’était seulement la deuxième fois que l’équipe profitait d’une telle contribution de son avantage numérique. Il y a encore une semaine, on se demandait d’ailleurs s’il ne valait pas mieux pour Julien de décliner les pénalités décernées aux équipes adverses...

On aurait dit la tempête parfaite pour le Tricolore, et la pire tornade qui soit pour les Flyers. En plus de tout ce qui précède, en fin de deuxième, après le quatrième but du Canadien, Alain Vigneault a dû se résoudre à retirer du match son jeune gardien Carter Hart. Sage décision de sa part, même si Hart n’avait pas mal joué. Il ne servait à rien de laisser son portier numéro un en pâture aux lions et il valait mieux préserver sa confiance.

Et comme le malheur n’arrive jamais seul, le meilleur buteur des Flyers, Travis Konecny, a été blessé en fin de rencontre.

Vigneault n’exagérait donc pas quand il a dit que son équipe s’était fait botter le derrière. Il soupesait peut-être même un peu ses mots. Mais Vigneault avait aussi raison quand il a rappelé qu’il faut remporter quatre matchs pour sortir gagnant d’une série, et qu’aussi gênante ait été la défaite des siens, les deux équipes se retrouvent à égalité, à une victoire de chaque côté.

Le CH et les Flyers entrent donc dans la plus passionnante phase des séries : celle où l’on ne sait plus. Qu’elles soient décisives ou qu’elles surviennent en cinquième période de prolongation, les victoires n’ont pas plus de valeur les unes par rapport aux autres. Pour espérer survivre en séries, il faut savoir reléguer au passé les victoires sans appel au même titre que les plus cruelles déceptions.

Pour les deux clubs, ce fabuleux deuxième match sera toutefois difficile à oublier.

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