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Chronique

L’arrivée de Kirk Muller derrière le banc du CH présente certains défis

Ils sont derrière le banc du Canadien durant un match.

Kirk Muller et Claude Julien

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

TORONTO - Quels effets l’absence de Claude Julien et la nomination de Kirk Muller à titre d’entraîneur-chef substitut auront-elles sur le Canadien? C’est une sacrée bonne question.

À première vue, il semble évident que la gestion de l’équipe devrait se poursuivre sous le signe de la continuité. Toutefois, être plongé aux commandes d’une équipe de cette façon, en pleines séries éliminatoires, comporte aussi certains défis.

À titre d’exemple, en décembre dernier, les Stars de Dallas ont subitement congédié leur entraîneur Jim Montgomery parce qu’il était aux prises avec un problème de dépendance à l’alcool. Pour le remplacer dans un si court délai, la direction des Stars a fait appel à Rick Bowness, l’un des adjoints de Montgomery.

Pour ceux qui l’ignorent, Bowness est l’homme qui a passé le plus de matchs derrière le banc d’une équipe dans toute l’histoire de la LNH. Il a décroché son premier poste d’entraîneur dans la LNH avec les Jets de Winnipeg en 1984 et il n’a à peu près pas quitté la ligue depuis! Pour cette raison, l’une de ses déclarations faites lors de sa nomination à la tête des Stars m’avait particulièrement frappé.

Il va falloir que je me réhabitue à gérer un banc, mais j’imagine que les vieux réflexes devraient revenir assez rapidement , avait-il lancé.

Cette remarque d’un entraîneur qui a pourtant tout vu illustrait, en partie, à quel point les tâches des adjoints, qui font de la microgestion, sont différentes de celles qui est le chef d’orchestre des matchs.


Diriger une équipe de hockey, c’est conduire une machine complexe qui nécessite constamment de petits ajustements pour fonctionner au maximum de ses capacités durant un match et pour rester compétitive au cours d’une série. À force de diriger une équipe, on finit par la ressentir, par remarquer des centaines de détails et par développer des automatismes tactiques qui ressortent tout naturellement durant les matchs.

Même s’il connaît parfaitement le personnel du Canadien, et même s’il compte sur une expérience de 15 ans à titre d’entraîneur dans la LNH, dont trois à titre d’entraîneur-chef des Hurricanes de la Caroline, Muller aura probablement besoin de quelques périodes avant de se sentir davantage maître de la situation.

Face à un vieux renard comme Alain Vigneault, dont il était l’adjoint au Championnat mondial en mai 2019, Muller ne l’aura pas facile. L’entraîneur associé de Claude Julien sera toutefois fort bien entouré par Dominique Ducharme et Luke Richardson. Sans compter le fait que dans des circonstances comme celles-ci, Muller jouira de la collaboration totale des joueurs de l’équipe.


L’autre aspect intéressant de ce changement d’entraîneur inopiné, c’est que Kirk Muller n’est pas un robot. Il a beau connaître la philosophie de Claude Julien et avoir étroitement participé à l’élaboration du plan tactique de l’équipe, il percevra quand même les matchs à sa manière, en fonction des expériences qui ont été les siennes.

Dans le vif de l’action, ses décisions ne seront donc pas nécessairement toujours celles que Julien aurait prises.

L’entraîneur en chef du Tricolore est en congé de maladie. Mais, à la lumière des informations obtenues jeudi, il serait étonnant qu’il ne reste pas en contact avec son équipe. Tout de même, si jamais la série contre les Flyers se prolonge ou si la panne sèche des attaquants perdure, il sera intéressant de voir si Muller finira par jouer ses cartes différemment de ce que Julien a fait depuis l’arrivée de l’équipe dans la bulle torontoise.

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