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Eleider Alvarez en mission, Yvon Michel en appel

Un boxeur avec des gants bleus à l'entraînement

Eleider Alvarez

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Chabot

Jean-François Chabot

Pendant qu’Eleider Alvarez se dit prêt pour son duel éliminatoire pour le titre des mi-lourds de la WBO contre Joe Smith, le promoteur Yvon Michel prépare un combat revanche contre la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ).

À 10 jours de son rendez-vous dans la bulle de Top Rank, à Las Vegas, Alvarez s’est dit en grande forme et prêt à en découdre malgré les embûches auxquelles il a été soumis au cours des derniers mois.

En attente de son certificat de citoyenneté canadienne, le boxeur d’origine colombienne a su naviguer dans les eaux troubles et incertaines de la pandémie pour non seulement maintenir une bonne forme, mais atteindre la meilleure condition physique de sa carrière.

Comme chaque fois que je commence un camp d’entraînement, je ne pense pas trop à la récupération, au contrôle du poids, et je n’ai pas mal partout. Donc, je ne peux pas dire que j’ai trouvé ça plus difficile à 36 ans, a indiqué Alvarez, visiblement confiant.

Il s’est aussi montré rassurant au sujet de sa blessure à une épaule qui a forcé le report de cet affrontement qui devait initialement avoir lieu le 16 juillet. Il s’est dit remis à 100 % et qu’il ne s’agissait pas d’une blessure majeure.

Son entraîneur Marc Ramsay a affirmé que tous les objectifs du camp avaient été atteints et que la motivation pour s’entraîner durant une si longue période venait de la possibilité pour Alvarez (25-1, 13 K.-O.) de redevenir champion du monde.

Au sujet de Joe Smith (25-3, 20 K.-O.), Ramsay l’a qualifié de boxeur unidimensionnel. Il a cependant ajouté que celui qui a mis un terme à la carrière de Bernard Hopkins n’abandonnait jamais.

Ce n’est peut-être pas le gars le plus habile au monde, mais c’est un gars qui n’a jamais de demi-mesures. Il s’entraîne toujours très fort. Il a une bonne force de frappe. Il est très fort physiquement. Il est acharné. Il revient à la charge continuellement. On est persuadé qu’Eleider est un gars beaucoup plus complet. Il a beaucoup plus d’outils dans son coffre pour contrôler cette agressivité de la part de Joe Smith.

Marc Ramsay, entraîneur d'Eleider Alvarez

Rien de nouveau dans la bulle

Alvarez ne ressent pas de stress ni d'inquiétudes particulières à l'idée de se retrouver dans une bulle sanitaire stricte du côté de Las Vegas, pas plus qu'à la perspective de se battre à huis clos.

Je me suis battu souvent devant des foules. Mais quand je suis sur le ring, j’oublie que les gens sont là. J’entends juste mon entraîneur. Des fois, je ne l’entends pas (rires). C’est comme quand on fait du sparring (boxe simulée). On entend juste l’entraîneur, l’adversaire et son entraîneur. Je pense que ce sera la même chose là-bas.

Eleider Alvarez, boxeur
Un homme en entrevue dans un gymnase

Marc Ramsay

Photo : Radio-Canada

Marc Ramsay abonde dans le même sens en précisant qu’Alvarez avait connu des situations similaires, où il se battait devant des gradins vides.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en Colombie, où Eleider a appris sa boxe, souvent les grands combats pour se qualifier pour l’équipe nationale, pour avoir accès aux Jeux olympiques ou aux Jeux panaméricains, ça se fait dans un petit gymnase. Ce n’est pas comme au Canada où il y a un tournoi. Donc, il a l’habitude de ce genre de défi où il n’y a pas de foule.

Alvarez, Ramsay et l’homme de coin spécialiste des coupures (cutman) Russ Anber s’envoleront vers la capitale américaine du jeu le 19 août.

Le combat entre Eleider et Smith constituera l’attraction principale de la soirée baptisée Rumble in the Bubble qui se tiendra le 22 août, au 12e étage de l’hôtel MGM Grand.

Et la suite?

Comme cela s’est souvent produit depuis le début de sa carrière, la suite des choses prend des allures pas nettes du tout.

Cette fois, le problème est qu’il n’y a pas encore de date prévue pour l’autre demi-finale éliminatoire qui doit opposer les Russes Maksim Vlasov et Umar Salamov.

La pandémie et certains ennuis reliés à la délivrance de visas d’entrée aux États-Unis en retardent l’organisation.

Le promoteur Yvon Michel ne perd pas espoir. Il dit être en communication avec les dirigeants de Top Rank dans le but d’éviter des délais indus qui priveraient Alvarez d’une chance de remettre la main sur la ceinture mondiale des mi-lourds (175 lb). Pas question non plus d'organiser un combat tampon dans l'unique but de garder Alavarez actif.

Le promoteur estime que plus les délais s’étireront, meilleures seront les chances de présenter le combat pour le championnat au Québec. Yvon Michel a rappelé qu’avant l’éclosion de la COVID-19, les deux demi-finales devaient avoir lieu à Québec le 28 juin.

Un homme en conférence de presse

Yvon Michel

Photo : Radio-Canada / André Perron

Une suspension qui passe mal

Parce qu’il se retrouvait face aux représentants des médias pour la première fois depuis que le tribunal administratif du Québec lui a imposé une suspension de 15 jours pour son rôle dans l’organisation d’un combat concerté, Yvon Michel a fait savoir qu’il interjetterait appel de cette décision.

Je peux juste dire encore que je ne le prends pas. Je n’accepte pas que l’on m’ait obligé de subir ce processus… Il reste la partie du combat concerté. On n’a pas beaucoup discuté de cette partie parce qu’on ne croyait pas que la Régie (RACJ) allait légiférer dans un dossier où elle n’a pas d’autorité.

Yvon Michel, promoteur de boxe

Il a précisé qu’il reviendrait parler aux journalistes de cette affaire dès la semaine prochaine.

Rappelons que la suspension qui lui a été imposée ne doit entrer en vigueur qu’au moment d’une éventuelle relance des activités de la boxe professionnelle au Québec.

Puisqu’il est question de relance, Michel s’est dit encouragé à la lumière des rencontres tenues plus tôt cette semaine entre les divers représentants des sports de combat et les dirigeants de la santé publique.

Marie-Pier Houle était sur place. J’ai eu l’occasion de lui parler immédiatement après sa rencontre. Elle m’a raconté comment ça s’était passé. Tout porte à croire qu’on peut être optimistes qu’il va y avoir une ouverture de ce côté-là très bientôt, a-t-il conclu.

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