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Chronique

Qu’a-t-on appris durant le match le plus long « jamais vu »?

Un gardien au sol avec la rondelle dans son but, derrière lui

Joonas Korpisalo a l'air dépité après le but vainqueur.

Photo : Getty Images / Elsa

TORONTO - Dans une bulle, sous les applaudissements incessants de partisans irréels issus d’une bande sonore d’un fabricant de jeux vidéo, et sous les regards d’une quinzaine de journalistes, les Blue Jackets de Columbus et le Lightning de Tampa Bay se sont livré mardi soir l’un des plus hallucinants duels de l’histoire des séries éliminatoires. De ce match épique, il y a quelques intéressantes observations à tirer.

Le Lightning l’a emporté grâce à un but marqué par Brayden Point au milieu de la huitième période de jeu, au 88e tir et à la 188e tentative de tir de son équipe. Quatre-vingt-huit tirs, c’est du caoutchouc en ta... , comme l’a déjà dit Moose Dupont dans les années de gloire des Broad Street Bullies.

Ces 150 minutes 27 secondes de haute voltige ont constitué la quatrième rencontre de l'histoire des séries pour la durée. On pourrait aussi dire qu’il s’agissait du plus long match jamais vu, ne serait-ce que pour souligner qu’il a été, tristement, disputé devant des sièges vides. Dans des circonstances normales, durant un affrontement d’un tel niveau, le plafond de l’amphithéâtre aurait sans doute été soulevé à plusieurs reprises par les rugissements de la foule.

Ils l'enlacent.

Les joueurs du Lighting félicitent Brayden Point.

Photo : Getty Images / Elsa


Cela dit, le marathon ayant donné le coup d’envoi à cette série revanche entre Columbus et Tampa Bay passera peut-être aussi à l’histoire comme étant celui ayant le mieux incarné la fameuse expression le pointage ne reflétait pas l’allure du match.

La domination du Lightning a été totale.

Dans ces retrouvailles complètement folles, Tampa Bay a obtenu 35 chances de marquer de qualité contre seulement 15 pour les Blue Jackets. Hésitants et brouillons dans leur zone en début de match, les hommes de Jon Cooper se sont toutefois ressaisis et restructurés à compter du deuxième engagement, au point de limiter les Blue Jackets à seulement sept chances de marquer lors des six dernières périodes.

Pour ce match, les Blue Jackets auraient très bien pu s’appeler les Straitjackets (camisoles de force) de Columbus. Sept chances de marquer en plus de 110 minutes de jeu, ça ne fait pas des enfants forts. Je compile ce genre de données depuis des décennies et je n’avais jamais vu une chose pareille.

Bref, les Blue Jackets n’ont à peu près pas touché à la rondelle. Les statistiques révèlent d’ailleurs que les joueurs du Lightning ont été en possession du disque durant 62,9 % de la rencontre.

La première leçon à retenir du premier match de cette série est donc que les années se suivent, mais ne se ressemblent pas.

Les Blue Jackets de Columbus sont jeunes, disciplinés et extrêmement bien dirigés par John Tortorella. Ils ont difficilement réussi à évincer les Maple Leafs la semaine dernière. Mais contre une équipe comme le Lightning, leur formation n’a pas le même poids que la saison dernière. Les départs de joueurs offensifs comme Artemi Panarin, Matt Duchene et Ryan Dzingel, ainsi que l’absence de Josh Anderson, l’un des meilleurs attaquants de puissance de la ligue, se font sentir.

C’est la même chose dans le monde de la boxe. Les excellents encaisseurs ont aussi leurs limites.

Le meilleur trio des Blue Jackets mardi soir, celui de Pierre-Luc Dubois, a obtenu cinq chances de marquer en huit périodes. Du côté du Lightning, les trios de Point, d’Anthony Cirelli et de Yanni Gourde ont tous surpassé ou atteint la dizaine de chances de marquer.

Cette série s’annonce donc très inégale. Surtout qu’on peut difficilement compter sur la journée de repos de mercredi pour permettre aux Blue Jackets de revenir en force jeudi soir pour le deuxième affrontement.

Columbus sort d’une difficile série de cinq rencontres contre les Leafs, ce qui les a d’ailleurs forcés à jouer dimanche dernier. Entre dimanche et mardi, les hommes de John Tortorella ont presque disputé l’équivalent de quatre rencontres en moins de 48 heures.

En plus, mardi soir, l’entraîneur des Blue Jackets a rétréci son banc et littéralement trait la vache jusqu’au sang pour tenter de répondre à la cadence imposée par le Lightning. Son défenseur numéro un, Seth Jones, a disputé plus de 65 minutes de jeu, ce qui constitue un record.

Des joueurs en blanc quittent la surface de jeu.

Les joueurs des Blue Jackets, la mine basse

Photo : Getty Images / Elsa

Il n’y a qu’un match de joué. Mais avouons que, pour l’instant, le Lightning semble être dans le trèfle jusqu’aux genoux. L’équipe floridienne ne pataugeait certainement pas dans la même matière au début des séries l’an dernier.


Penchons-nous maintenant sur les prouesses de l’homme qui a permis à ce premier match de s’éterniser et d’entrer dans l’histoire.

Mardi soir, Joonas Korpisalo a stoppé 85 des 88 rondelles dirigées vers lui par l’une des plus efficaces attaques de la LNH, ce qui constitue un autre des nombreux records enregistrés durant ce match.

Depuis que les Blue Jackets se sont enfermés dans la bulle torontoise, le Finlandais de 26 ans a maintenu un divin taux d’efficacité de ,960. Il marche littéralement sur les eaux. Si Korpisalo jouait à Montréal, des centaines de panneaux d’arrêt de la ville seraient probablement déjà décorés d’auto-collants portant son nom.

C’est ce qu’on avait fait lors du printemps Halak en 2010. Et après quatre matchs de séries, Halak n’était qu’un pauvre mortel en comparaison avec Korpisalo. Il ne présentait alors qu’un taux de ,911.

Le gardien des Blue Jackets pourrait-il déjouer tous les calculs et nous faire vivre, au cours des prochaines semaines, un été Korpisalo?

Un gardien sur ses genoux effectue un arrêt.

Joonas Korpisalo se dresse devant le Lightning.

Photo : Getty Images / Elsa

Rarement a-t-on vu un gardien aussi dominant. Jusqu'à maintenant, toutefois, sa statistique la plus étonnante est sa fiche de 2-2. Vous en connaissez beaucoup des gardiens qui stoppent 96 % des rondelles dirigées vers eux et qui présentent une fiche de seulement ,500?

Quand on y pense bien, la fiche et le taux d’efficacité de Korpisalo en disent au moins aussi long sur les lacunes des Blue Jackets que les 35 chances de marquer et les 88 tirs obtenus par le Lightning de Tampa Bay.

Grâce à lui, ce sera tout de même une très bonne série.

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