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Relance des sports de combat : le Dr Arruda tend l'oreille

Gros plan d'Horanio Arruda portant la barbe et des lunettes.

Horacio Arruda, directeur national de santé publique du Québec

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Jean-François Chabot

La présidente de Boxe Québec, Ariane Fortin-Brochu, s’est dite très encouragée à la lumière de la rencontre virtuelle, mardi matin, avec les autorités de la santé publique sur la relance des sports de combat au Québec.

La plus belle surprise pour elle et son acolyte Patrick Kearney, président de Judo Québec, est venue du fait que le directeur national, le Dr Horacio Arruda, a lui-même pris part à la visioconférence.

C’était un gros plus. Ça nous montre qu’ils ont vraiment pris notre demande au sérieux. Il y avait toutes les personnes qu’on voulait avoir là, a tout de suite reconnu Fortin-Brochu.

La réunion tant espérée réunissait aussi Dominique Breton, sous-ministre aux Sports et Loisirs, Évelyne Déry, conseillère politique de la ministre Isabelle Charest, Martine Pageau, directrice de la promotion des saines habitudes de vie (ministère de la Santé et des Services sociaux), Sara-Maude Boyer-Gendron, conseillère au MSSS, et Étienne Vézina, conseiller politique auprès du ministre de la Santé Christian Dubé.

Honnêtement, ça s’est super bien passé. Il y a eu une bonne réception et une bonne écoute de leur part. Ils ont compris l’urgence d’agir, parce que ça nous prend du mouvement d’ici septembre parce que 80 % de nos inscriptions dans nos fédérations et dans nos clubs, ça se passe en septembre. Ça représente entre 25 % et 50 % des revenus des fédérations, a-t-elle rappelé.

Ariane Fortin-Brochu

Ariane Fortin-Brochu

Photo : Radio-Canada / Alain Décarie

Ariane Fortin-Brochu et Patrick Kearney avaient été désignés afin de représenter les six fédérations québécoises de sports de combat, soit la boxe, le judo, le karaté, la lutte, le taekwondo et le kick-boxing.

Au dernier moment, les 46 clubs indépendants de jiu-jitsu se sont également joints au mouvement en se disant prêts à observer le protocole commun de reprise déposé devant la santé publique.

Ils nous ont dit qu’ils nous donneraient une réponse dans les prochains jours et qu’ils ne nous feraient pas attendre. On leur a présenté notre concept de bulle à quatre (participants). On est convaincus que ça va bouger d’ici septembre.

Ariane Fortin-Brochu, présente de Boxe Québec

La nouvelle présidente de Boxe Québec a souligné que l’accent avait surtout été mis sur la cohérence avec ce qui se fait déjà dans les autres sports.

On se fait poser des questions par nos membres et on doit défendre ça, dit-elle. Comment expliquer à un parent qui voit un de ses fils jouer avec une gang qui se bat pour un ballon au soccer, des caucus au football? On a fait des parallèles avec les autres sports pour illustrer ce qui se faisait ailleurs.

Même son de cloche du côté de Judo Québec et de son président Patrick Kearney.

Autant la semaine passée et dans les dernières semaines j’étais plutôt pessimiste, je sors de là avec beaucoup d’espoir. On a eu une écoute. Ils nous ont signifié qu’on avait eu un très grand sérieux dans notre démarche, notre proposition et nos recherches.

Durant la rencontre, Kearney a même pris soin de signifier au Dr Arruda qu’ils habitent tous deux à Sainte-Thérèse, ce qui a fait sourire le directeur national de santé publique. Ils se sont apparemment promis d’aller prendre un café ensemble.

Je l’ai senti empathique à notre situation. Je pense qu’ils comprennent pourquoi on fait autant de démarches. On le fait pour nos jeunes, pour les maniaques de sports de combat.

Patrick Kearney, président de Judo Québec

Par contre, Patrick Kearney n’a pas manqué de souligner à quel point les sports de combat étaient laissés à eux-mêmes.

J’ai quand même souligné à la fin de la rencontre qu’on s’était sentis pas mal oubliés. J’ai aussi dit qu’on souhaitait garder le canal de communication ouvert. Parce que ce qui a été hyper difficile (depuis la mi-mars), c’est qu’on n’avait aucun retour, a-t-il insisté.

En entrevue à Radio-Canada Sports, il y est allé d'une mise en garde sur un éventuel statu quo.

Il y a plusieurs disciplines qui sont non fédérées, comme le jiu-jitsu, le kung-fu et même plein de clubs de karaté qui ne relèvent pas d’une fédération. Eux, ils vont être durs à gérer parce que ce sont tous des électrons libres. Ils sont mieux d’avoir une petite ouverture, d’ouvrir le robinet, comme disait M. Arruda, et que l’on puisse (les fédérations) avoir une influence positive sur l’ensemble des sports de combat, a-t-il conclu.

La boxe professionnelle encouragée

En après-midi, les représentants de la boxe professionnelle ont à leur tour été entendus. Cette rencontre a rassemblé le promoteur Camille Estephan d’Eye of the Tiger Management, le boxeur David Lemieux, et la boxeuse Marie-Pier Houle, à la tête d’un groupe représentant les pugilistes professionnels.

Le 17 juillet, ces derniers avaient signé et adressé une lettre aux autorités de la santé publique pour la relance des sports de combat.

Sur ses gardes à l'approche de la rencontre, Camille Estephan s'est dit encouragé par l'ouverture démontrée par le directeur de santé publique au cours de leur discussion. Plus tôt cette semaine, il avait déploré que le Québec soit un rare endroit dans le monde à ne pas avoir déconfiné la boxe, une injustice, selon lui.

J’avais peur, personnellement, qu’on vienne ici pour la forme, parce qu’ils avaient déjà dit non. On a rapporté des éléments nouveaux qui, je l’espère, ont plu au Dr Arruda, qui lui ont donné une paix d’esprit par rapport à la gestion de ce risque-là, a dit le promoteur.

Je pense que la seule et unique décision qu’il peut prendre, et qui est juste et cohérente, c’est de déconfiner la boxe.

Camille Estephan, promoteur d'Eye of de Tiger Management

La proposition présentée aux autorités prend en considération la principale préoccupation de la santé publique, à savoir la possibilité qu'un boxeur asymptomatique ait testé négatif dans les jours précédant un combat.

Notre réponse à ça, c’est qu’il va être testé à 14 jours de l’événement, à 10 jours de l’événement, à la pesée, et avant le combat, alors il ne pourra pas être asymptomatique à travers tout ce laps de temps. Je pense que ç’a plu beaucoup au Dr Arruda, a expliqué Camille Estephan.

Le monde de la boxe devrait être fixé quant à son avenir d'ici cinq à six jours, soit la période qu'il faudra au directeur de santé publique pour rendre sa décision.

En raison de l'attitude et des réponses du Dr Arruda, le promoteur d'Eye of the Tiger Management dit avoir retrouvé l'espoir de pouvoir tenir un gala de boxe au Québec avant les fêtes.

Si on a la réponse d’ici cinq ou six jours, le premier gala pourrait avoir lieu d’ici la mi-septembre, a-t-il affirmé.

Avec les informations de Guillaume Piedboeuf

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